Happy-end pour quatre ressortissants français, membres de la DGSE, retenus au Burkina Faso depuis une année. Une intervention du Roi Mohammed VI auprès du président Ibrahim Traoré a mis fin à leur captivité et ils pourront bientôt retrouver les leurs. Dans un entretien avec le Souverain, le président Emmanuel Macron lui a exprimé sa gratitude.

Ce geste humanitaire illustre le leadership du Roi Mohammed VI  et le respect dont il jouit sur les scènes régionale, continentale et internationale.

Cependant, si cette opération a été menée au plus haut niveau de l’Etat marocain, d’autres interventions similaires ont eu lieu ces dernières années au profit d’otages occidentaux et qui ont été menées par les services marocains dans plusieurs pays du Sahel. En voici quelques exemples des plus parlants.

Iulian Ghergut, le « vétéran »

Iulian Ghergut, de nationalité roumaine, était officier de sécurité travaillant dans une mine de manganèse dans le nord du Burkina Faso et jouxtant la frontière entre le Mali et le Niger. Le 4 avril 2015, il a été assailli par cinq individus armés qui l’ont kidnappé.

Iulian Ghergut, otage roumain libéré par les services marocains.

Al-Mourabitoune, un groupe jihadiste qui écume la région et qui a fini par rallier Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), a revendiqué son enlèvement. Toutes les tentatives pour le libérer ont échoué car, entre autres, ses ravisseurs changeaient fréquemment de cachette. Il a ainsi passé huit ans en captivité avant une intervention concluante des services marocains.

 

Le 8 août 2023, il a été libéré grâce à la médiation des Marocains. Ce qui valut au Royaume des messages de gratitude des autorités de Bucarest et dont le président Klaus Iohannis.

 

Jörg Lange, l’humanitaire

Jörg Lange, ressortissant allemand, dirigeait l’ONG Help au Niger. Le 11 avril 2018, il a été abordé par des individus circulant à bord de motos alors qu’il se trouvait avec son chauffeur à la frontière du Mali.

Son chauffeur est relâché. Lui restera entre les mains de groupes jihadistes jusqu’au 8 décembre 2022, soit quatre ans et demi. Au terme de rudes tractations, les kidnappeurs multipliant les demandes de rançon, entre autres, les services marocains l’ont libéré et convoyé à l’ambassade allemande à Bamako.

Jörg Lange, humanitaire allemand enlevé au Mali.

Rien ne filtrera sur les dessous de cette opération qui a été précédée par plusieurs tentatives allemandes, dont de vaines opérations commando.

Serhani et Fatihi

Le Maroc intervient pour libérer des otages étrangers, mais il n’oublie jamais et surtout ses ressortissants qui commettent l’erreur de se hasarder dans des zones dangereuses.

C’est le cas de Abderrahmane Serhani et Driss Fatihi, deux cyclistes marocains qui s’étaient aventurés dans la région du Sahel. Le 1er avril 2024, ils avaient été enlevés du côté bukinabè de la frontière avec le Niger par des éléments armés dont l’allégeance n’a pas été établie.

Le 14 mai 2024, l’ambassade du Royaume à Niamey indiquait que les deux cyclistes étaient sains et saufs et qu’ils se trouvaient en lieu sûr. Ce résultat a encore été le fruit de plusieurs semaines d’un travail de coopération entre les services de sécurité marocains et leurs homologues nigériens.

Ni hégémonisme, ni ingérence

Mais comment les services marocains arrivent-ils à dénouer de telles inextricables situations sur lesquelles se cassent les dents plusieurs services assez chevronnés comme les occidentaux? La réponse est à trouver dans cette sage doctrine de la diplomatie du Royaume en général: offrir ses bons offices sans hégémonisme et sans ingérence. Dans plusieurs conflits internes, le Maroc a toujours appelé à faire prévaloir la voix de la raison et du dialogue pour asseoir paix et stabilité. L’un des exemples les plus parlants nous vient de la crise libyenne.

Depuis que le Maroc participe à trouver une solution à la crise libyenne, il s’est interdit de s’ériger en donneur de leçons ou de directives. Au nom du Royaume, Nasser Bourita ne cesse de répéter que la solution à la crise libyenne se trouve entre les mains des Libyens et nulle part ailleurs.

Les protagonistes au conflit ont commencé leurs tractations à Skhirat en 2015 où ils ont débouché sur un accord historique. Pas plus tard que ce mercredi 18 décembre 2024, ce processus a connu un début de solution à Bouznika où se réunissent les protagonistes de la crise, une réunion qui se poursuit ce jeudi 19 décembre.