Dans une analyse publiée par The Diplomat in Spain, l’expert militaire espagnol Óscar Ruiz souligne que ces drones Akinci de dernière génération représentent un saut technologique majeur pour la flotte marocaine, avec des capacités accrues en termes de portée, de précision et de puissance de frappe. Il s’interroge également sur leur « impact potentiel sur la sécurité régionale, notamment pour l’Espagne, qui pourrait voir ces équipements comme un outil renforçant la capacité de surveillance et d’intervention du Maroc dans des zones stratégiques ».
Cette inquiétude n’est pas nouvelle et semble s’inscrire dans une logique récurrente de lobbying médiatique en faveur de l’armée espagnole. Selon Abdelhamid Harifi, analyste en questions de défense, « la presse espagnole pratique souvent un lobbying en faveur de l’armée, en insistant sur la nécessité d’augmenter les budgets de défense. Cela passe systématiquement par la diabolisation de tout contrat militaire marocain, parfois même en relayant des informations sur des faux contrats ».
Dans ce contexte, l’acquisition des drones Akinci est perçue comme une nouvelle occasion de susciter l’inquiétude, bien que Harifi souligne que « le Maroc ne considère pas l’Espagne comme une menace et reste convaincu que tout différend avec ce pays membre de l’OTAN se règlera par des voies diplomatiques ». Il rappelle également que le Maroc ne dispose pas d’installations militaires significatives dans le nord du pays qui pourraient représenter une menace directe pour l’Espagne.
Un drone aux capacités impressionnantes
Le Bayraktar Akinci représente une avancée technologique majeure pour les Forces armées royales (FAR). Avec un rayon d’action de 6.000 km, une autonomie de 25 heures et une capacité d’emport équivalente à un chasseur de combat, ce drone est équipé de technologies avancées, notamment la communication par satellite et une faible signature radar.
Selon Harifi, ces caractéristiques font de l’Akinci « un vecteur important dans la stratégie militaire dissuasive du Maroc ». Il précise : « Ce drone envoie un message clair : le Maroc est désormais capable d’exploiter l’espace aérien ennemi pour attaquer ses défenses et ses cibles stratégiques avec précision, tout en minimisant les risques pour ses propres forces ».
Un outil de dissuasion, pas une course à l’armement
Contrairement à certaines analyses alarmistes, Harifi insiste sur le fait que le Maroc n’est pas engagé dans une course à l’armement. « Le Royaume a des priorités en matière de développement et des échéances importantes à honorer, comme l’organisation de la Coupe du Monde 2030 ».
Ainsi, l’acquisition des drones Akinci s’inscrit dans une logique de renforcement des capacités de défense, sans pour autant signifier une volonté de confrontation ou de domination régionale.