La semaine dernière, les Forces royales air (FAR) ont passé commande auprès des Etats-Unis pour l’acquisition de 500 bombes GBU-39B à petite dimension (SDB-I) et de deux bombes d’entraînement inertes GBU-39 (T-1)/B avec fusée. Cette commande comprend des munitions d’entraînement, des conteneurs, des équipements de soutien, des pièces de rechange, des consommables, ainsi que des services de formation, de maintenance et de support technique. Le coût total estimé de cette transaction est de 86 millions de dollars, indique l’Agence de coopération pour la sécurité de la défense (DSCA) dans un communiqué.
Le Maroc a également commandé 30 missiles air-air AIM-120C-8 AMRAAM et une section de guidage AIM-120C-8 AMRAAM. Cette commande inclut des kits de télémétrie AMRAAM, des pièces de rechange pour la section de contrôle, des équipements de test, ainsi que des services de soutien technique, logistique et d’ingénierie. Le coût total estimé de cette transaction est de 88,37 millions de dollars, ajoute le communiqué.
Les achats annoncés en fin de semaine dernière constituent « un vrai game changer au niveau régional pour différentes raisons », commente l’expert militaire Abdelhamid Harifi pour Médias24.
« Pour le AIM120C8, il s’agit de la version export réservée aux alliés très proche des USA. Le Maroc sera le seul pays africain à en avoir, pour donner à son aviation un moyen de renforcer sa dissuasion aérienne et donner un vrai multiplicateur de force pour les F16« , explique notre interlocuteur.
« En effet, depuis l’acquisition de ces derniers [les F16, ndlr], on a opté pour le AIM120C7 avec une portée optimale de 70 km et une portée maximale de 110 km ; le C8 va porter cette portée à plus de 160 km avec une technologie de guidage et anti-brouillage combat proven donnant la possibilité aux F16, avec leur radar AESA, d’abattre toute menace de la chasse ennemie avant même que cette dernière ne puisse détecter le F16″, détaille l’expert militaire.
Quant au SDB-I, « il faut dire que ce n’est pas un achat nouveau, mais la quantité annoncée est importante. Il s’agissait en 2019 de l’une des principales nouveautés de l’achat du new batch des F16 Blk72, avec le modeste nombre de 50… À présent, on annonce 500 bombes ! », souligne Abdelhamid Harifi.
L’expert affirme qu’il s’agit de bombes volantes à effet missile, dont la portée peut varier entre 80 et 110 km, de faible tonnage, mais avec des capacités destructrices importantes, capables de pénétrer des blocs en béton armé jusqu’à 2.4 m et d’exploser à l’intérieur.
« C’est une bombe qui a déjà montré des capacités énormes à mener des attaques chirurgicales très précises, comme les images des attaques sur des immeubles au Liban ou à Gaza, sans porter atteinte aux constructions avoisinantes. On a même vu une attaque sur un immeuble au 3e étage, sans que les 4e et 5e ne soient touchés », décrit notre interlocuteur.

Pour Abdelhamid Harifi, « le faible tonnage et la capacité destructrice énorme déjà testée en Irak, en Afghanistan, au Liban et à Gaza, couplés à l’impossibilité du brouillage, donnent a nos F16 et même à nos futurs drones, s’ils sont câblés pour l’emporter, des possibilités de mener des attaques contre les bases et les installations stratégiques ennemies en ciblant plus d’objectifs sensibles et à forte valeur, sans avoir à mobiliser un nombre important de la flotte, et donc à très moindre coût dans un contexte où l’économie de guerre devient de plus en plus coûteuse ».