Depuis la fin de la crise sanitaire, plusieurs aéroports sont ponctuellement confrontés, en période de haute saison, à des problèmes de saturation notamment à Marrakech et à Casablanca. C’est pourquoi une stratégie de renforcement de leur capacité d’accueil a été lancée, dont le chantier le plus important concernera l’aéroport Mohammed V qui pourra traiter 34 millions de passagers contre 14 actuellement.
Pas de deuxième aéroport à Casablanca, mais une transformation de l’existant
« Contrairement à certaines interprétations véhiculées dans la presse, le ministre du Transport n’a pas annoncé la construction d’un deuxième aéroport à Casablanca, mais plutôt l’extension de celui qui existe déjà en le dotant d’un troisième terminal et d’une nouvelle piste qui permettront d’accueillir 20 millions de passagers supplémentaires par an, soit bien plus que les 14 millions qu’il permet de traiter actuellement », nous confirme une source autorisée, étroitement concernée par l’extension du parc aéroportuaire du Maroc, constitué de 21 aérogares dont 18 desservant des vols internationaux.
Et d’expliquer que la confusion vient de la nature des nombreux chantiers programmés qui transformeront l’aéroport Mohammed V en un méga-hub international, lui donnant un nouveau souffle aussi bien en termes de capacité d’accueil que de qualité des services offerts, « comme s’il venait juste de sortir de terre ».
À la question de savoir si la réserve disponible de foncier était suffisante pour transformer l’infrastructure existante, notre source se veut plus que rassurante en précisant que le futur aéroport Mohammed V sera l’un des plus importants du continent africain en termes de superficie couverte et de qualité de services.
« Les travaux d’extension devraient durer 4 ans »
Porté par l’ONDA, ce projet, dont les études de faisabilité sont désormais achevées, devrait bientôt passer à la phase de lancement de plusieurs appels d’offres pour entamer les travaux de construction du futur navire amiral du parc aéroportuaire de l’ONDA.
S’il faudra attendre les résultats de l’adjudication des appels d’offres pour connaître la date du début des travaux de transformation, notre interlocuteur révèle que la deadline de livraison du nouvel ensemble, qui sera doté de trois terminaux aux normes et standards plus avancés, a d’ores et déjà été fixée à 2029, soit une année avant le début du Mondial 2030.
« Chacun des trois terminaux sera réservé à une clientèle distincte »
« Entre la construction du troisième terminal et de la nouvelle piste, l’amélioration du circuit des deux terminaux existants et de la qualité de leurs prestations, les compagnies étrangères régulières et low cost disposeront d’un espace réservé pour optimiser le traitement de leur clientèle », résume un autre professionnel de l’ONDA, en ajoutant que les passagers de Royal Air Maroc seront traités à l’avenir dans un terminal dédié.
Avec l’objectif de quadrupler sa flotte d’ici 2037 et de multiplier le nombre de ses lignes internationales, la compagnie nationale pourra en effet utiliser un des terminaux de l’aéroport de Casablanca comme hub stratégique qui permettra de relier le Maroc à tous les continents desservis par la RAM.
« Le nouveau terminal sera réservé aux compagnies étrangères »
Sachant que les compagnies internationales qui desservent plus de 50 destinations charrient des touristes issus de marchés traditionnels ou émergents, dont le nombre ne cesse de croître chaque année, notre interlocuteur estime que le troisième terminal, capable de traiter 20 millions de passagers par an, sera réservé « en toute logique » aux transporteurs étrangers.
Ainsi, le traitement séparé des passagers des transporteurs étrangers, de RAM et des vols vers La Mecque permettra, selon lui, de mieux gérer le flux toujours croissant des visiteurs, notamment ceux issus des vols long-courriers comme Pékin, Toronto, São Paulo, Miami…
Pour conclure, un directeur d’aéroport nous confie que la priorité actuelle de l’ONDA n’est pas de construire de nouveaux aéroports internationaux, mais d’être prêts à affronter l’échéance de 2030, avec une offre adaptée à la demande croissante.