Les négociations entre Israël et le Hamas semblent sur le point d’aboutir à un accord de cessez-le-feu, désormais « au stade final » selon le Qatar, après un conflit de 15 mois qui a causé des pertes humaines et des destructions considérables dans la bande de Gaza.
Les discussions indirectes se sont intensifiées à Doha en vue d’une trêve associée à une libération d’otages retenus à Gaza depuis le 7 octobre 2023.
Alors que les deux parties posent encore leurs exigences, les présidents américain Joe Biden et égyptien Abdel Fattah al-Sissi, lors d’un appel mardi, les ont exhortées « à faire preuve de la flexibilité nécessaire », selon la présidence égyptienne.
Le Qatar, principal pays médiateur avec les Etats-Unis et l’Egypte, a déclaré que les négociations étaient « au stade final », les « principaux problèmes » ayant été réglés, sans toutefois préciser lesquels.
سمو الأمير المفدى يستقبل وفد حركة المقاومة الإسلامية الفلسطينية « حماس » لمفاوضات وقف إطلاق النار بقطاع غزة برئاسة الدكتور خليل الحية، وذلك بمكتب سموه في قصر لوسيل. https://t.co/xFrHYeBHC3
— الديوان الأميري (@AmiriDiwan) January 13, 2025
« Nous espérons que cela mènera à un accord très bientôt », a dit un porte-parole de la diplomatie qatarie.
Selon l’agence Associated Press, l’accord proposé, qui pourrait être sujet à des modifications, se déploierait en trois phases distinctes, chacune d’une durée de 42 jours.
Phase 1 : Suspension des hostilités et échanges initiaux
- Cessation des opérations militaires : les deux parties s’engageraient à suspendre temporairement les actions militaires. Israël retirerait ses forces des zones peuplées de Gaza, se repositionnant le long de la frontière, notamment dans des secteurs tels que Wadi Gaza.
- Réduction des activités aériennes : les opérations aériennes israéliennes, à des fins militaires et de reconnaissance, seraient limitées à 14 heures par jour, avec une suspension totale pendant 10 heures quotidiennes et 12 heures lors des journées dédiées à la libération des otages et des prisonniers.
- Retour des déplacés : les personnes déplacées seraient autorisées à regagner leurs domiciles, avec une liberté de mouvement rétablie dans l’ensemble de la bande de Gaza. L’entrée de l’aide humanitaire, comprenant des denrées alimentaires, du carburant et des équipements médicaux, serait facilitée dès le premier jour de l’accord, avec un objectif de 600 camions quotidiens, dont 50 transportant du carburant.
- Échange de prisonniers : le Hamas libérerait 33 otages israéliens, incluant des femmes, des enfants de moins de 19 ans, des personnes âgées de plus de 50 ans, ainsi que des civils blessés ou malades. En contrepartie, Israël relâcherait un nombre proportionnel de prisonniers palestiniens, notamment des femmes et des mineurs, selon des listes fournies par le Hamas.
Phase 2 : Poursuite des retraits et libérations supplémentaires
- Retrait militaire israélien : Israël poursuivrait le retrait de ses forces, se repositionnant à proximité de la frontière, tout en démantelant les infrastructures militaires dans la région.
- Libération des otages restants : le Hamas s’engagerait à libérer tous les otages israéliens restants, y compris les militaires, en échange d’un nombre convenu de prisonniers palestiniens détenus par Israël.
- Négociations sur l’avenir de Gaza : des discussions indirectes seraient menées pour définir les modalités de la reconstruction de Gaza, les garanties de sécurité et les investissements nécessaires à la réhabilitation de l’enclave.
Phase 3 : Reconstruction et normalisation
- Échange des dépouilles : les corps des défunts seraient restitués entre les deux parties après identification.
- Reconstruction de Gaza : un plan de reconstruction sur 3 à 5 ans serait mis en œuvre, incluant la réhabilitation des infrastructures civiles et la compensation des personnes affectées, sous la supervision d’acteurs internationaux tels que l’Égypte, le Qatar et les Nations Unies.
- Ouverture des points de passage : les frontières seraient rouvertes, permettant la libre circulation des personnes et des marchandises, facilitant ainsi la reprise économique et sociale de la région.
Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a souligné l’importance de cet accord potentiel dans une déclaration faite à Washington. « Cet accord représente une opportunité de mettre fin aux souffrances, mais sa mise en œuvre nécessite des garanties solides et l’engagement de toutes les parties », a-t-il affirmé.
Blinken a également confirmé que les États-Unis attendaient la réponse finale du Hamas pour conclure cet accord, tout en réitérant leur soutien à une solution durable.
The post-conflict plan we’ve been working on with our partners would allow Israel to fully withdraw from Gaza, prevent Hamas from filling back in, and provide for Gaza’s governance, security, and reconstruction. I shared some of its core elements today at the @AtlanticCouncil. pic.twitter.com/FofDb9ADxD
— Secretary Antony Blinken (@SecBlinken) January 14, 2025