Cette séance plénière à la Chambre des représentants était réservée aux explications du chef du gouvernement concernant le secteur du tourisme.
Rim Chabat, élue du Front des forces démocratiques (FFD), a profité de cette occasion pour parler de la situation du transport urbain par bus à Fès. Sur un ton acerbe, s’adressant à Aziz Akhannouch, elle s’est demandée si «avec ces restes et cette ferraille de bus qu’on nous a envoyés à Fès, on va recevoir les touristes ? Est-ce que les bus marchent au charbon et n’ont pas de freins ? ». Elle a proféré ces propos en brandissant une pancarte sur laquelle figurent des bus de la capitale spirituelle en bien mauvais état.
La réponse à sa question a été fournie par Rachid Talbi Alami sous forme d’un rappel à l’ordre et de la décision de la déférer devant la commission d’éthique.
Pour le président de la Chambre des représentants, Rim Chabat a violé les dispositions de la Constitution en interpellant le chef du gouvernement sur un sujet qui ne relève pas de ses prérogatives, mais plutôt de celles des collectivités territoriales, comme le stipulent les articles 135 et 141.
L’article 135 de la Loi suprême stipule que « Les collectivités territoriales du Royaume sont les régions, les préfectures, les provinces et les communes. Elles constituent des personnes morales de droit public et gèrent démocratiquement leurs affaires ».
Quant à l’article 141, il affirme que « Les régions et les autres collectivités territoriales disposent de ressources financières propres et de ressources financières affectées par l’État. Tout transfert de compétences de l’État vers les collectivités territoriales doit s’accompagner d’un transfert des ressources correspondantes.
Ce que risque Rim Chabat
Que risque alors la députée FFD de Fès une fois qu’elle aura comparu devant la commission d’éthique ? « Pas grand-chose, mais il faut donner l’exemple », répond une source parlementaire.
Cette commission, instaurée après l’amendement du règlement intérieur (version d’août 2024, article 86), suggère à la présidence de la chambre les mesures à prendre contre les députés indélicats.
« À la rigueur, elle va s’en tirer avec un rappel à l’ordre », précise notre source au Parlement.
« Récidiviste », l’élue FFD a défrayé la chronique, la semaine dernière, lors d’un échange avec le ministre de l’Agriculture, également en pleine séance des questions orales. Elle a accusé Ahmed El Bouari de « se moquer de l’intelligence des Marocains » en faisant le lien entre la hausse des prix du poisson et la sécheresse.
Le responsable gouvernemental a répété qu’il y avait bien un lien sans trop s’étendre sur le sujet pour passer à d’autres questions. Et finalement, comme nous l’expliquions dans un précédent article, il avait raison.
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