À l’approche de Aïd al-Adha, une rumeur sur une éventuelle annulation du rituel du sacrifice, en raison de la flambée des prix liée aux années consécutives de sécheresse, s’amplifie. En l’absence d’information officielle sur le sujet, cette rumeur impacte déjà les prix du cheptel.

La question a même été soulevée au Parlement par un député, sans toutefois recevoir de réponse de la part d’Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture.

La détente des prix nous a été confirmée par l’Association nationale des ovins et des caprins (ANOC).

Une baisse de 800 à 1.000 DH/tête

« Une détente des prix des têtes de cheptel est effectivement constatée depuis quinze jours dans les marchés de bétail, selon la remontée d’informations par les éleveurs adhérant à l’ANOC du Moyen Atlas, de l’Oriental et des grands bassins de production des cheptels ovin et caprin. La baisse est de l’ordre de 800 à 1.000 DH/tête« , explique à Médias24 Saïd Chatibi, directeur général de l’ANOC.

Les rumeurs d’une éventuelle annulation du rituel du sacrifice inquiètent en effet les éleveurs, précise-t-il. « Pour éviter et minimiser les pertes potentielles, ils se sont donc résolus à la vente à des prix bas. Mais la détente des prix peut être également expliquée par la faible demande de viande ovine, généralement en hiver. Les Marocains préfèrent en effet la viande bovine pendant la saison hivernale. La viande ovine, elle, étant plutôt consommée à partir du mois de mai, période idoine pour les cérémonies et les festins ».

Répercussion sur les prix de la viande dans les prochains jours

La baisse observée va-t-elle durer ? « C’est difficile à prédire, car le marché est très fluctuant. Mais nous estimons que les prix actuels se stabiliseront peut-être jusqu’à l’approche de Aïd al-Adha« , nous répond Saïd Chatibi.

Les récentes pluies et chutes de neige, synonymes de disponibilité des pâturages, pourraient même accentuer davantage la baisse des prix constatée, selon notre interlocuteur. « La baisse des prix de l’alimentation du bétail induit automatiquement la détente des prix, laquelle détente tirera à la baisse les prix de vente de la viande au détail« , précise ce dernier.

« Certes, cette baisse n’a toujours pas été ressentie dans les boucheries. Mais il faut se rappeler qu’il existe systématiquement un décalage entre les prix dans les marchés de bétail et les prix de vente au détail. En principe, la détente des prix des têtes de cheptel devrait se répercuter dans les jours à venir sur le marché de la viande », conclut-il.