Sonasid poursuit son plan stratégique « Act for Impact », lancé en 2022 avec des objectifs clairs. « Notre feuille de route progresse comme prévu, avec des améliorations significatives des performances opérationnelles« , souligne Ismail Akalay. Cette feuille de route repose sur le développement commercial, l’excellence industrielle et le lancement de nouveaux produits à forte valeur ajoutée.

Dans cette dynamique, des projets stratégiques ont été lancés : la fibre en acier introduite fin 2022, le fil automobile en 2023, et le fil précontraint, dont la production a démarré en décembre 2024.

« Nous avons pu produire et livrer les premières commandes de fil précontraint dès le mois de décembre, conformément à nos prévisions », nous confie-t-il.

Reste à mesurer les performances de ce nouveau produit. « Il est prématuré de dresser un bilan détaillé, mais dès les premières semaines de décembre, nous avons réussi à commercialiser une quantité substantielle de ce produit sur le marché », explique-t-il.

« Les premiers retours des clients sont déjà là, et ils sont positifs. Plusieurs commandes ont été confirmées, et tout indique que les choses évoluent dans la bonne direction ».

Avec cette montée en puissance attendue de la production, Sonasid pourra atteindre rapidement son rythme de croisière et répondre à la demande nationale. « Jusqu’ici, ce produit était totalement importé au Maroc. Désormais, nous sommes les seuls producteurs nationaux et avons les moyens de satisfaire localement les besoins du marché« .

Des nouveaux produits prévus

La diversification est au cœur de la stratégie de l’entreprise, avec pour objectif de réduire progressivement la part des commodités et élargir l’offre avec des solutions innovantes. « Notre objectif est d’implanter une nouvelle unité industrielle chaque année jusqu’en 2030« , indique Ismail Akalay. Un calendrier ambitieux.

Au-delà de l’acier, l’entreprise compte explorer de nouveaux segments. « Nous allons développer des produits à base de cuivre et d’aluminium », nous explique notre source.

Jusqu’à présent, ces métaux non ferreux étaient uniquement triés et revendus bruts. « Nous avons décidé d’aller plus loin en les raffinant et, dès fin 2025, nous produirons nos propres lingots de cuivre et d’aluminium« , annonce-t-il.

Ce choix stratégique répond à un double enjeu. D’une part, il permet de diversifier le portefeuille de produits et de ne plus être entièrement dépendant des fluctuations du prix de l’acier. « Cela nous prémunit contre la volatilité et nous offre une alternative solide ». D’autre part, ces nouveaux produits affichent des marges plus attractives.

« Nous ne cherchons pas seulement à nous protéger, mais aussi à améliorer la rentabilité de notre activité. Les prix de ces matériaux sont intéressants et offrent de bonnes perspectives de rentabilité », explique Ismail Akalay.

Stratégie de l’entreprise

« Nous avons aujourd’hui un plan stratégique novateur, construit pour s’adapter aux réalités du marché et saisir toutes les opportunités qui s’offrent à Sonasid », poursuit notre interlocuteur.

Les investisseurs semblent valider cette trajectoire. « En 2019, notre action était à 250 DH. Aujourd’hui, elle oscille entre 1.100 DH et 1.200 DH. Ce niveau témoigne de la confiance du marché, aussi bien au Maroc qu’à l’international ».

Mais au-delà des performances boursières, c’est l’efficacité opérationnelle qui reste la clé. « Sans une gestion industrielle efficace, il serait difficile de garantir une réalisation optimale de nos projets. Cela constitue le fondement de notre stratégie ».

L’entreprise reste également à l’affût d’opportunités. « Si de nouvelles opportunités intéressantes se présentent, nous les analyserons. Toutefois, nous progressons sereinement, sans pression financière, grâce à notre trésorerie et à l’absence d’endettement, ce qui nous permet de financer nos investissements en toute autonomie« .

Et les investissements ne manquent pas. « Depuis 2021, nous avons investi plus de 800 MDH dans nos projets industriels. Nous prévoyons de continuer à investir pour poursuivre notre expansion« , explique le directeur général.

Et d’ajouter, « sur le plan énergétique, les usines de Sonasid sont alimentées à 90% par des énergies vertes. Les produits à haute valeur ajoutée développés à Nador, tels que la fibre en acier ou le fil précontraint, bénéficient d’une énergie verte à 100% grâce au parc photovoltaïque de Nador de 4 MW, qui passera à 6 MW. Cette capacité énergétique nous permet de produire des aciers verts », se félicite Ismail Akalay.

Un autre projet stratégique prend forme : la production de rond à béton antisismique

Mais l’innovation ne s’arrête pas là. « Sonasid a développé le premier rond à béton antisismique hautement ductile et flexible, fabriqué selon les normes internationales les plus exigeantes. Dès publication de la norme marocaine de ce produit, nous serons en mesure de le commercialiser sur le marché marocain« , annonce Ismail Akalay. « À ce stade, nous serons probablement les seuls sur le marché national à proposer un tel produit« .

L’opérateur cherche également à verdir son énergie. « Nos parts d’énergies vertes ont largement progressé pour dépasser aujourd’hui le seuil des 90%« , déclare-t-il.

« Le gaz naturel représentera une opportunité stratégique pour nous, notamment pour notre site industriel de Nador, à proximité du gisement de Tendrara. Toutefois, cela nécessitera un investissement substantiel afin de mettre en place un laminoir hybride utilisant à la fois du fuel et du gaz. Par ailleurs, si une offre d’hydrogène venait à émerger à l’avenir, il serait possible de remplacer, partiellement ou totalement, le gaz par cet hydrogène« , annonce Ismail Akalay.

Autre axe de développement durable, l’engagement en matière de recyclage est déjà bien avancé. « Nous avons mis en place un programme ambitieux pour valoriser les coproduits issus de nos activités industrielles ». Parmi eux, la scorie, principal résidu de la production sidérurgique. « Elle peut être utilisée dans la construction des routes, et nous avons déjà signé plusieurs contrats pour éviter son stockage inutile et en faire un véritable atout », explique-t-il.

Cette logique d’optimisation s’étend également aux ressources naturelles. « Nous avons réduit notre consommation d’eau de 15% par rapport à 2023« . Même approche pour l’énergie : « Au-delà de notre engagement dans l’énergie verte, nos équipes travaillent activement à limiter la consommation globale ».

Les impératifs pour performer à l’export

Si l’exportation fait partie des ambitions du groupe, elle reste aujourd’hui conditionnée par plusieurs facteurs.  Les exportations restent encore limitées du fait de la réalité du marché international. Certains segments se démarquent néanmoins. « La fibre a trouvé un marché intéressant, avec des expéditions vers le Canada, l’Espagne, la France, le Moyen-Orient et l’Afrique du Sud ».

En Afrique, les exportations restent sporadiques. « Nous exportons régulièrement du rond à béton en Mauritanie, mais pour le moment, les volumes restent modestes ». L’un des principaux freins réside dans les droits de douane. « Le rond à béton marocain est taxé à hauteur de 22% à l’entrée des pays africains, ce qui nous rend moins compétitifs« , explique Ismail Akalay.

Mais la donne pourrait bientôt changer avec l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). « Ce marché englobe une consommation annuelle de 8 millions de tonnes de rond à béton. Dès lors que cette charge fiscale sera levée, nous pourrons considérablement renforcer notre compétitivité par rapport à nos concurrents internationaux. La mise en place de la ZLECAF représente, de ce fait, une réelle opportunité de croissance de notre secteur ».

Anticiper pour mieux s’adapter

L’entreprise surveille quotidiennement les tendances internationales, en particulier celles du minerai de fer, un indicateur clé pour l’acier.

L’anticipation des tendances du marché est une priorité dans un secteur aussi fluctuant que celui de l’acier. « Nous avons un suivi quotidien de l’évolution des prix des matières premières à l’échelle internationale », explique-t-il.

La Chine, premier producteur et consommateur mondial, joue un rôle déterminant. « Cela fait maintenant deux ans que le pays traverse une crise immobilière, ce qui a fortement impacté sa demande en acier ». Conséquence directe : la Chine, qui exportait peu auparavant, a inondé le marché mondial avec plus de 100 millions de tonnes d’acier entre 2023 et 2024. « Cette dynamique a bouleversé l’équilibre du marché, affectant en premier lieu l’Europe, aujourd’hui en situation délicate ».

« Au Maroc, on observe une forte reprise de la demande en acier soutenue par les grands projets d’infrastructure. Une relance progressive du secteur immobilier sous l’effet des mesures d’aides au logement devrait également se concrétiser à partir de cette année », estime-t-il.

Dans ce contexte de croissance, l’évolution du secteur de la construction va au-delà de la transformation des matériaux, englobant un changement profond des pratiques en faveur de solutions alliant performance, durabilité et respect de l’environnement.

Cela offre des opportunités de développement pour les entreprises innovantes, capables de proposer des produits adaptés à ces nouvelles exigences, ainsi qu’un service de qualité et des capacités de production élevées.

« Le groupe Sonasid, à travers sa filiale Longometal Armatures, leader des armatures industrielles, joue un rôle central dans la concrétisation des chantiers liés aux grands projets d’infrastructure, offrant ainsi des solutions sur mesure adaptées aux besoins de la construction moderne et durable », conclut Ismail Akalay.