Lors du point de presse hebdomadaire qui a suivi le Conseil de gouvernement, ce jeudi 6 février, Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, s’est pour la première fois exprimé face aux médias de façon exhaustive et ouverte sur le processus d’adoption de la loi régissant le droit de grève, son contenu et tous les changements qui ont été apportés, et même sur les concessions du gouvernement pour faire aboutir ce texte (voir vidéo ci-dessous).

Une adoption rejetée par les syndicats qui ont appelé à une grève générale, dont les chiffres officiels attestent de son échec. Ces chiffres ont été révélés par le ministre de l’Emploi.

Sans trop s’attarder sur le mouvement de protestation ou son taux de participation, le ministre estime qu’il est temps de reprendre les négociations avec les centrales syndicales pour discuter des sujets d’avenir.

Médias24 : Après l’adoption définitive de la loi sur la grève, la prochaine étape consistera à faire examiner son contenu par la Cour constitutionnelle. Ne craignez-vous pas qu’elle soit recalée ?

Younes Sekkouri : Sachant que la Cour constitutionnelle est une institution indépendante, nous ne nous ingérons pas dans son travail, mais ce que je peux vous dire est que notre gouvernement a fait l’essentiel pour que le texte adopté s’inscrive dans la constitutionnalité des lois.

– Que vous inspire la sortie des syndicats qui avancent que le texte adopté est contraire à la Constitution ?

— Je préfère ne pas commenter, mais encore une fois, nous considérons qu’il est conforme à l’esprit de la Constitution.

— Dans le contexte actuel de tensions avec les syndicats, comment relancer le dialogue social ?

Nous sommes confiants quant à une reprise du dialogue, car la posture de notre gouvernement est claire sur le fait que tous les sujets à forte valeur sociale ne peuvent être traités que dans la sincérité, car ils vont au-delà des positionnements politiques et surtout de la conjoncture.

En fin de compte, ni les partis politiques ni les organisations syndicales ne peuvent se substituer à la population qui donne la légitimité aux partis à travers les urnes, ainsi qu’à leurs représentants syndicaux qui défendent des causes justes pour les plus défavorisés.

Si la sincérité exige d’avoir de la compassion pour se mettre à la place de l’autre sans être figé dans des positions dogmatiques, comme on essaye de le faire avec notre gouvernement, elle impose aussi un devoir de vérité qui consiste à expliquer la nature de nos désaccords pour objectiver la discussion.

Ce n’est pas toujours simple quand il y a des différends, mais c’est une culture que nous devons construire ensemble pour trouver des solutions à nos désaccords actuels.

Concernant nos relations avec les syndicats, elles vont au-delà des projets de loi, même s’ils sont importants, comme celui qui régit la grève, car non seulement notre pays a su traverser des crises à travers les siècles, mais aussi parce qu’aujourd’hui les relations des organisations sociales connaissent une phase de transformation dans le monde entier.

Notre rôle est donc d’être à l’écoute des nouvelles formes d’expression de notre population à travers les organisations syndicales, mais aussi de toutes les forces politiques de la société. Pour vous répondre directement, le dialogue social va reprendre en relançant l’écoute mutuelle.

– Quels sont les prochains points qui doivent être discutés dans ce cadre ?

— S’il est vrai que nous avons eu quelques désaccords sur certains points avec les organisations syndicales, nous allons cependant continuer à instaurer un climat d’écoute et faire tous les efforts nécessaires pour trouver des solutions qui mettront un terme au blocage actuel.