Le ministre égyptien du Travail, Mohamed Gibran, a annoncé que 800 postes d’infirmiers et d’infirmières égyptiens étaient ouverts au Maroc, offrant un salaire de 1.000 dollars par mois ainsi qu’une indemnisation pour le logement de 200 dollars. Selon cette annonce, ces opportunités émanaient du groupe Akdital et concernaient des profils ayant une expérience de 4 à 6 ans dans des spécialités telles que l’anesthésie, les soins intensifs, la maternité ou encore la cathétérisation.
L’annonce a suscité de nombreuses interrogations au Maroc, notamment parmi les professionnels de la santé et les observateurs du secteur. Le groupe Akdital, acteur majeur de la santé privée au Maroc, a réagi par un communiqué démentant toute implication dans ce prétendu recrutement massif. « Nous n’avons conclu aucun accord avec une entité étrangère pour le recrutement d’infirmiers étrangers pour le moment », a précisé la direction du groupe dans son communiqué.
Akdital, qui s’est imposé ces dernières années comme un acteur clé de la santé au Maroc, a mis en avant ses efforts de recrutement local. Dans le cadre de son programme d’expansion 2023-2024, le groupe a ouvert plusieurs nouvelles cliniques à travers le pays et recruté plus de 4.000 professionnels marocains, notamment grâce à un partenariat avec l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) et le programme « Awrach« . L’objectif étant d’améliorer l’offre de soins et de répondre aux besoins croissants en personnel de santé.
Toutefois, en coulisses, la question du manque de ressources humaines dans le secteur de la santé reste préoccupante. Un porte-parole du groupe Akdital, contacté par Médias24, reconnaît l’existence d’un déficit important dans certains métiers paramédicaux. « La priorité est de recruter des talents marocains, mais dans certaines surspécialités, comme les hygiénistes ou les instrumentistes de bloc opératoire, les formations locales sont rares. Dans ces cas-là, nous devons envisager un recrutement international pour combler ces besoins. »
Concernant les infirmiers égyptiens, le porte-parole d’Akdital insiste : « Il n’y a aucun accord en place. Nous collaborons avec des agences de recrutement, notamment dans la région du Maghreb, mais l’annonce de 800 infirmiers recrutés à 1.000 dollars par mois ne correspond à aucune réalité. »
Cette affaire met en lumière les difficultés structurelles du secteur de la santé au Maroc, confronté à un double défi : la rétention des talents et la pénurie de certains profils. La formation locale peine à combler tous les besoins, notamment dans des spécialités pointues. Si Akdital réaffirme sa volonté de favoriser l’emploi local, la nécessité d’attirer des compétences étrangères pour combler les lacunes reste une réalité.
Akdital, à travers ses journées portes ouvertes et ses recrutements réguliers, tente de pallier ce manque en multipliant les embauches locales. « De manière régulière, on fait des annonces de recrutement qui sont organisées un peu partout au Maroc pour renforcer le personnel de nos structures existantes, mais également pour recruter pour nos structures à venir », explique le groupe.
Ainsi, bien que le groupe privilégie les recrutements nationaux, il n’exclut pas d’avoir recours à des talents étrangers si nécessaire, afin d’assurer une qualité de soins optimale. « Notre priorité est et restera de former et d’embaucher localement, mais nous devons aussi nous adapter aux réalités du terrain », conclut-il.