« La construction, c’est fait pour tenir, l’architecture, c’est fait pour émouvoir », disait l’architecte et urbaniste Le Corbusier. Cette citation résume la complexité du métier, car l’architecte est avant tout un artiste et un créatif qui dessine les lieux de vie.
Médias24, avec son partenaire Yakeey, spécialiste de l’immobilier, vous propose une sorte de guide autour du métier d’architecte pour comprendre son quotidien et le parcours à accomplir pour le devenir au Maroc.
Dans sa définition, le métier d’architecte consiste à concevoir les plans, à obtenir les autorisations et à réaliser le suivi de la réalisation des bâtiments en respectant les besoins de ses clients et la réglementation en vigueur. L’architecture, dans sa globalité, se distingue des autres formes d’expression artistique par sa capacité à s’imposer dans l’espace public tout en restant visible à travers les siècles, composant le patrimoine et l’héritage culturel d’une zone géographique.
Comment devient-on architecte au Maroc ?
Après le baccalauréat, il faut réussir le concours pour intégrer une école d’architecture. S’ensuivent 6 ans d’études et un stage professionnel obligatoire avec la soutenance d’un projet de fin d’études (PFE). Les diplômés sont architectes d’État et, pour exercer, ils doivent s’inscrire au Conseil national de l’ordre des architectes. Au Maroc, il y a environ 3.000 architectes qui y sont inscrits.
La célèbre architecte Zaha Hadid, qui est à l’origine du Grand Théâtre de Rabat – une de ses dernières œuvres avant de décéder en 2016 – confiait dans son livre 101 petits secrets d’architecture que « la plupart des architectes n’atteignent pas leur vitesse de croisière professionnelle avant l’âge de cinquante ans ! Un architecte doit être compétent en histoire, en art, en sociologie, en physique, en psychologie, en science des matériaux, en symbolisme, en processus politique et dans bien d’autres domaines. Il doit également réaliser des bâtiments qui respectent les réglementations, résistent aux intempéries et aux tremblements de terre, soient pourvus d’ascenseurs et de systèmes techniques en état de marche, et répondent aux besoins fonctionnels et affectifs complexes de leurs usagers ».
Et de souligner : « Il n’y a peut-être aucune autre profession qui exige d’intégrer un si vaste champ de connaissances. Apprendre à intégrer cette multiplicité d’aspects en un tout cohérent demande du temps, et suppose beaucoup d’essais et d’erreurs ».
Être architecte, en quoi cela consiste exactement ?
En plus du volet esthétique et artistique, l’architecte doit disposer de compétences techniques pour comprendre les enjeux du chantier, mais aussi de qualités relationnelles pour gérer le volet administratif des autorisations auprès des autorités. Ces missions sont diverses. Il doit concevoir des projets où il prend en compte les besoins de ses clients pour élaborer les plans, tout en intégrant l’esthétique, l’ergonomie et la meilleure fonctionnalité possible des espaces. Il doit aussi prendre en compte les besoins d’exploitation future et l’usage prévu des lieux.
L’architecte gère les études urbanistiques, techniques et réglementaires. Il part de la réglementation en vigueur et des caractéristiques du terrain pour intégrer toutes ces contraintes dans le projet et optimiser sa constructibilité. Il doit coordonner le projet avec des intervenants techniques (bureaux d’études, entrepreneurs, etc.) et gérer les autorisations (telles que le permis de construire, le permis d’habiter). C’est à l’architecte de préparer les plans à déposer pour obtenir les papiers nécessaires après consultation des administrations concernées.
Il se rend régulièrement sur le chantier pour vérifier que la construction est conforme aux autorisations délivrées et aux normes. Il est parfois possible de recourir à un décorateur d’intérieur en complément de l’architecte, qui va se concentrer sur les espaces intérieurs du bâtiment, travailler sur les lots architecturaux et proposer un design et un aménagement intérieur des espaces.