Ce mercato hivernal a été particulièrement agité au Maroc. Ls clubs libyens ont ciblé plusieurs éléments clés évoluant dans la Botola Pro en mettant sur la table des sommes que les joueurs, qui aspirent à de meilleurs revenus face à des clubs marocains au bord du gouffre financier, ont eu du mal à refuser.
Al-Ittihad de Tripoli, coaché par Juan Carlos Garrido, ancien entraîneur du Raja de Casablanca, a signé avec l’international mauritanien Sidi Bouna Ammar en provenance du Wydad de Casablanca, dans un transfert avoisinant les 5 millions de DH.
Le même club a également renforcé ses rangs avec l’attaquant botswanais Tomisong Orebony, en provenance des FAR à travers le paiement de sa clause libératoire, ainsi qu’avec Mohamed Zrida débauché du Raja.
Le club libyen voulait également s’offrir les services des rajaouis Nawfal Zerhouni et Abdellah Khafifi, mais les négociations n’ont pas abouti.
De son côté, Al-Nasr a réussi à attirer le meilleur buteur de la Botola Pro, le Malien Cheikhna Samaké, après avoir levé la clause libératoire de son contrat avec l’Olympique de Safi.
Le recrutement de joueurs étrangers, une solution de court terme
Tout pays ayant d’importantes ressources financières a tendance à s’offrir les services de joueurs étrangers pour dynamiser et développer son football local. La Libye n’échappe pas à la règle.
Alors que les clubs marocains peinent à offrir des salaires compétitifs aux joueurs de la Botola Pro, la Libye représente une destination financièrement attractive pour de nombreux footballeurs.
Contacté par Médias24, Moncef El Yazghi, chercheur en politique du sport, explique que « la faible densité de la population libyenne, et surtout la situation sécuritaire instable du pays, rendent la formation de jeunes joueurs moins prioritaire, ce qui pousse le pays à se tourner vers l’étranger pour renforcer ses équipes ».
En effet, alors que la formation de jeunes talents devrait être un objectif à long terme, la Libye se concentre davantage sur des solutions à court terme, comme l’acquisition de joueurs étrangers, notamment du Maroc.
Le football, un véritable outil politique
La passion pour le football en Libye est indéniable. « L’équipe nationale libyenne a longtemps fait partie des grandes équipes d’Afrique, notamment dans les années 1980, et était à deux doigts d’éliminer le Maroc lors des qualifications à la Coupe du monde 1986 au Mexique », rappelle Moncef El Yazghi.
Même avec des joueurs de qualité et des performances notables à l’échelle continentale, la progression de la sélection libyenne a été freinée par des facteurs politiques internes, notamment les orientations de l’ancien président Mouammar Kadhafi dont les choix ont eu des répercussions négatives sur le développement du sport dans le pays.
Aujourd’hui, la donne a changé. « Le football est devenu un véritable outil politique pour les autorités libyennes, un levier permettant de sortir du marasme économique et de la crise politique dans lesquels le pays est plongé », précise notre chercheur. Pour atteindre cet objectif, les autorités libyennes mettent à disposition des clubs nationaux des réserves importantes en devises, leur permettant d’attirer des talents étrangers.
La Fédération libyenne de football a également mis en place des règles facilitant l’intégration de joueurs en provenance d’Afrique du Nord, du Soudan ou de Palestine, en les considérant comme des joueurs locaux dans les listes de matchs. Cette politique a pour but de renforcer la compétitivité des équipes sans limiter les recrutements internationaux.
