« La campagne agricole actuelle a connu de très faibles précipitations par rapport à la moyenne des trente années passées. Nous avons enregistré un déficit de 53% », a déclaré ce jeudi le ministre de l’Agriculture.

« Le début de campagne a été encourageant, notamment durant les mois de septembre et d’octobre. Cependant, durant les deux mois qui ont suivi, nous avons enregistré moins de 20 millimètres, ce qui a impacté le couvert végétal dans plusieurs régions, et la campagne de manière générale, notamment les cultures d’automne« , a ajouté Ahmed El Bouari, soulignant, en ce qui concerne le couvert végétal, que seule la région du Loukkos tire son épingle du jeu.

À Doukkala, six ans sans eaux de barrage pour l’irrigation

En ce qui concerne les ressources hydriques, le ministre a fait savoir qu’elles « ne dépassent pas 1,2 milliard de m3 depuis le mois de septembre 2024, ce qui reste très faible par rapport à la même période d’une année normale ».

« Il s’agit de la troisième campagne consécutive marquée par une baisse des réserves des barrages. Dans la région de Doukkala par exemple, le taux de remplissage atteint seulement 2%. Pour la sixième année consécutive, les agriculteurs de cette zone n’ont pas accès aux eaux de barrage pour l’irrigation, mais continuent malgré tout à exercer leur activité ».

« Ce taux avoisine 5% à Tadla, 13% à El Haouz, 15% à Souss-Massa, et une moyenne de 26% dans toutes les zones restantes », poursuit le ministre, notant que la quasi-majorité de ces ressources en eau sont principalement dédiées à l’eau potable, pour couvrir le besoin notamment au niveau de Casablanca.

« Cette situation nous encourage à privilégier les projets de dessalement au niveau de toutes les zones côtières pour couvrir le besoin en eau potable, ce qui nous permettra de dédier les réserves des barrages à l’agriculture ».

Seuls 760 Mm3 des eaux de barrage sont destinés à l’irrigation

« Cette année, seuls 760 millions de m3 des eaux de barrage ont été dédiés à l’irrigation, soit moins de 14% des besoins du secteur de l’agriculture », a par ailleurs fait savoir Ahmed El Bouari, soulignant que « tout dépend de la situation des barrages. Cette quantité peut donc être revue à la baisse, si le taux de remplissage des barrages se détériore davantage ».

Pour conclure, le ministre a salué les agriculteurs qui poursuivent leur activité et qui continuent de fournir les marchés en produits alimentaires, malgré le manque de précipitations et la baisse des réserves des barrages.