« Phénomène de mode, certainement pas ! Mais il est vrai que, depuis les cinq dernières années, on observe un engouement indéniable de la part des jeunes Marocains qui sont de plus en plus nombreux à s’initier au tourisme religieux », affirme le président de la FNAAVM, pour qui cette dynamique est naturelle dans un pays musulman comme le Maroc qui compte une majorité de pratiquants.
« La fin de la saisonnalité de la Omra a fait bondir la fréquentation des jeunes »
Et d’expliquer que l’arrêt récent de la saisonnalité obligatoire de la Omra, qui empêchait les candidats d’obtenir un visa, leur a désormais ouvert la possibilité de l’accomplir durant toute l’année, ce qui a eu pour effet automatique d’augmenter fortement la fréquentation des pèlerins marocains.
Sachant qu’en dehors de la période du Hajj, limitée à quinze jours, il est possible d’effectuer le petit pèlerinage tout le reste de l’année, ce changement a permis d’augmenter leur nombre, qui est estimé à environ 50.000 ou 60.000 personnes par an contre un quota de 34.000 pèlerins marocains du Hajj (grand pèlerinage).
Un nouveau visa pour joindre l’utile à l’agréable
En réalité, cette tendance est à mettre au crédit des autorités saoudiennes qui ont récemment mis en place des mesures d’ouverture pour encourager le développement de leur industrie du tourisme.
« Avant, il n’existait que deux types de visas pour faire le pèlerinage du Hajj ou de la Omra, mais la mise en place récente d’un visa touristique électronique d’une durée d’une année avec multiples entrées a facilité l’accès au pays et à d’autres villes comme Riyad, proche de la Mecque, où l’on peut faire un saut de quelques jours pour accomplir la Omra », explique Mohamed Semlali, pour qui il est désormais possible de joindre l’utile à l’agréable en combinant tourisme religieux et de loisirs.
Cette diversification des destinations et la promotion croissante du tourisme en Arabie saoudite, encouragée par le prince héritier, ont, selon notre interlocuteur, eu pour effet de booster le nombre de jeunes Marocains désireux d’effectuer le petit pèlerinage de la Omra.
La nouvelle ligne de Saudia Airlines a démocratisé le petit pèlerinage
De plus, l’ouverture par la compagnie Saudia Airlines d’une nouvelle ligne entre le Maroc et la Chine pour les hommes d’affaires a permis de multiplier le nombre de pèlerins, grâce à une escale sur place.
Proposant des prix compétitifs, ce vol indirect transitant par l’Arabie saoudite séduit de plus en plus de jeunes Marocains qui peuvent faire d’une pierre deux coups, avec une escale de 48 h ou de 96 h à la Mecque pour accomplir la Omra qui est beaucoup moins codifiée que le Hajj en termes de durée, avant de s’envoler vers la Chine pour leur business.
Mohamed Semlali indique que, paradoxalement, la hausse constante des prix des autres compagnies aériennes et des séjours en Arabie saoudite n’ont pas entravé le flux croissant de Marocains qui effectuent le pèlerinage de la Omra durant toute l’année.
Appartenance religieuse, réseaux sociaux et quête de spiritualité…
Selon d’autres prescripteurs de voyages, l’engouement croissant des jeunes pour le pèlerinage de la Omra s’explique aussi par un désir de connexion spirituelle et religieuse, une accessibilité accrue et un financement facilité par la multiplicité des offres des agences de voyages.
Par ailleurs, la pression sociale et l’influence des réseaux sociaux exposent de plus en plus de jeunes à des témoignages de leurs pairs partis effectuer la Omra, qui les incitent à suivre le même chemin.
Nombre d’entre eux l’accomplissent en accompagnant leur famille ou leurs amis pour transformer cette expérience en un moment convivial, notamment lors d’événements importants comme un mariage, une réussite académique ou dans le cadre d’une quête de réconciliation personnelle avec leur foi.