« S’il convient de se féliciter du chiffre total des arrivées du mois de janvier qui a dépassé 1,2 million de visiteurs, on constate cependant que le premier marché émetteur du Maroc (50,6%) est constitué de Marocains résidant à l’étranger, alors que notre cible prioritaire reste les touristes étrangers de séjour (TES) », constate notre source en soulignant que le potentiel des MRE n’est pas infini, contrairement aux visiteurs d’autres nationalités.

Les six villes du Mondial accaparent 90% du volume des arrivées

Tout en rappelant qu’il est nécessaire d’améliorer la part des TES, l’analyste estime que les 900.000 entrées par les aéroports marocains, soit 71% des 1.265.000 arrivées de janvier, confortent la stratégie de renforcement du réseau aérien, avec une amélioration de 3 points par rapport aux 68% de décembre 2024.

L’activation de l’axe aérien a ainsi permis de produire des résultats probants en termes d’arrivées dans les six villes d’accueil du Mondial 2030, qui représentent 90% du total des visiteurs étrangers.

C’est le cas de l’aéroport de Marrakech qui a réalisé 37% des arrivées, de Casablanca (21,6%), d’Agadir (11%), de Tanger (7,6%), de Rabat (6%) et enfin de Fès (5,7%).

Seul bémol pour notre interlocuteur, ces résultats montrent que l’équité territoriale fait toujours défaut, avec une fréquentation en berne dans certaines régions touristiques comme Ouarzazate.

Cette expression « équité territoriale » fait toutefois bondir l’un de nos interlocuteurs, un opérateur hôtelier de premier plan. « Se plaindrait on qu’il n’y a pas de ports et d’aéroports « équitablement » répartis sur le territoire national !? Non. Et à juste titre. Imagine-t-on produire des olives, des céréales et des agrumes « équitablement » à travers le territoire national ? Non. A juste titre. Pourquoi alors en parler quand il s’agit d’arrivées ou de nuitées touristiques !? », s’exclame-t-il en nuançant:  » Cela ne contredit pas la nécessité d’études et, partant, de plans d’actions spécifiques à chaque territoire et destination ».

Le marché chinois va se renforcer davantage 

L’autre bonne nouvelle, selon notre interlocuteur, est l’évolution à la hausse du marché chinois, avec 11.865 arrivées recensées au seul mois de janvier 2025. Une dynamique d’autant plus prometteuse que l’ensemble de l’année 2024 a généré 106.000 visiteurs sans aucune ligne aérienne directe.

« Sachant que les deux nouvelles liaisons Casablanca-Pékin et Shanghai-Casablanca n’ont été ouvertes par RAM et China Eastern Airlines que le 20 janvier dernier, on peut raisonnablement espérer dépasser les 200.000 arrivées chinoises à la fin de l’année 2025″, prédit notre source, qui met également en avant la croissance constante des marchés européens. Ceux-ci ont réalisé 332.000 arrivées, dont 143.000 visiteurs français sur un total de 625.000 touristes étrangers de séjour.

Les résultats de janvier ont été boostés par les 40 nouvelles lignes internationales

L’occasion de rappeler que le volume global d’arrivées qui s’est établi à 1.265.000 visiteurs (MRE + TES) en janvier 2025 a progressé de 27% par rapport à la même période l’année dernière.

Des résultats qui s’expliqueraient par l’ouverture en 2024 de 40 nouvelles lignes aériennes internationales, à l’instar des vols des compagnies Air Transat (Marrakech-Montréal) ou United Airlines (New York-Marrakech) qui commencent à porter leurs fruits en termes d’arrivées.

20 millions d’arrivées à la fin de l’année

 « Entre les nombreuses ouvertures de palaces en 2025, la tenue de la convention annuelle du réseau Welcome Travel Group qui réunira en avril 1.500 voyagistes italiens à Casablanca, l’opération de promotion de l’ONMT en Chine qui commence aujourd’hui et, enfin, l’organisation de la CAN, le Maroc peut réaliser 15% à 20% d’arrivées supplémentaires à la fin de l’année, soit environ 20 millions de visiteurs », avance notre interlocuteur pour qui la dynamique haussière est en bonne voie.

Un objectif plausible qui nécessitera de faire des efforts pour renforcer les marchés émergents comme celui du Brésil qui n’a généré que 4.000 arrivées, ou de l’Inde qui a culminé à 3.500 visiteurs, sans compter le potentiel largement sous-exploité de l’Allemagne (24.000) et des États-Unis (23.000).