La récente augmentation des cas de rougeole au Maroc a mis en lumière une problématique bien plus large : la baisse généralisée de la couverture vaccinale dans le Royaume. Si la rougeole a été la première à alerter les autorités sanitaires, c’est en raison de sa forte contagiosité et de l’exigence d’une couverture vaccinale dépassant les 95% pour assurer une immunité collective efficace. Cependant, cette diminution concerne l’ensemble des maladies évitables par la vaccination, posant ainsi un risque sanitaire accru.

Une baisse généralisée de la vaccination

La diminution de la couverture vaccinale au Maroc n’a pas été sélective et n’a pas concerné uniquement la rougeole, apprend-on auprès du Dr Mohammed Benazzouz, responsable du programme national d’immunisation du ministère de la Santé.

« Elle touche de nombreuses maladies inscrites dans le calendrier vaccinal, notamment la coqueluche, la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite… », nous explique notre interlocuteur.

« Ces maladies, bien que maîtrisées grâce aux efforts de vaccination, pourraient réapparaître sous forme d’épidémies en cas de poursuite de cette tendance », alerte-t-il.

Parmi les principaux déterminants de cette baisse, « on observe un recul de la demande vaccinale au sein de la population ». Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs, notamment une hésitation vaccinale croissante ainsi qu’une baisse de la perception du risque associé aux maladies infectieuses.

La rougeole, un signal d’alerte

La rougeole a été la première à signaler les risques de cette baisse de la couverture vaccinale en raison de sa très forte transmissibilité. En effet, en une semaine, du 10 au 16 février dernier, le nombre de cas de rougeole enregistrés s’élève à 3.365, avec six décès liés aux complications. Depuis début février, 6.300 cas ont été confirmés et 12 décès ont été enregistrés.

Pour prévenir toute recrudescence épidémique, « une couverture homogène et continue est essentielle », souligne le Dr Benazzouz. « Cela signifie que la vaccination doit être assurée non seulement à l’échelle nationale, mais aussi de manière uniforme aux niveaux régional, provincial et local ».

L’apparition de nouveaux cas de rougeole a ainsi agi comme un signal d’alerte, poussant les autorités sanitaires à redoubler d’efforts pour sensibiliser la population et intensifier les campagnes de vaccination. Toutefois, les actions mises en place ne se limitent pas à la rougeole et concernent, selon notre interlocuteur, l’ensemble du calendrier vaccinal.

Ci-dessous un rappel du calendrier national d’immunisation, établi par le ministère de la Santé :

Des efforts renforcés pour inverser la tendance

Face à ce constat, les autorités sanitaires marocaines ont mis en place plusieurs initiatives pour renforcer la couverture vaccinale. Parmi elles, la campagne de vérification et de rattrapage vaccinal qui vise principalement les élèves et les jeunes enfants. Cette opération permet non seulement d’identifier les lacunes dans la vaccination contre la rougeole, mais aussi de rectifier les omissions pour les autres vaccins essentiels.

Outre ces mesures, des campagnes de sensibilisation sont menées pour encourager la vaccination et lutter contre l’hésitation vaccinale. L’objectif est de rappeler que la vaccination reste l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir des maladies potentiellement graves et éviter des flambées épidémiques.

L’expérience de la rougeole rappelle ainsi que la vigilance doit rester de mise. L’enjeu est d’assurer une couverture vaccinale suffisante pour éviter le retour d’épidémies que l’on pensait éradiquées et de protéger durablement la santé publique, notamment celle des enfants.