L’Union marocaine du travail (UMT) inaugure, ce vendredi 21 février, son 13ᵉ congrès national qui va durer trois jours à son siège historique de l’avenue des FAR à Casablanca, selon un communiqué de la centrale syndicale de Miloudi Moukharik.
Organisé sur le thème « 70 ans de fidélité à l’identité et aux principes de l’Union marocaine du travail, la lutte continue pour les libertés syndicales, la dignité et la justice sociale », ce congrès est, pour l’UMT, l’occasion d’analyser la situation politique, économique et sociale actuelle et ses répercussions sur les masses laborieuses.
Au-delà de la symbolique de ce 13ᵉ congrès qui coïncide avec le 70ᵉ anniversaire de l’UMT (fondée le 20 mars 1955), la conjoncture dans laquelle il se tient est marquée par des tensions inédites entre la centrale syndicale et le gouvernement.
« La loi de la grève sera très présente lors de ce congrès, l’occasion pour nous de réaffirmer notre rejet de ce texte liberticide, mais aussi de soulever d’autres dossiers épineux », nous déclare un dirigeant de l’UMT.
Ministres et partis de la majorité persona non grata
Si l’UMT a convié à son congrès des acteurs politiques, économiques, la société civile ainsi que plusieurs invités de marque étrangers, elle a pris la décision de ne pas adresser d’invitation au gouvernement. Un fait inédit dans les annales syndicales marocaines.
« Aucun ministre n’a été invité, et la même chose est valable pour les chefs ou les représentants des partis de la majorité [RNI, PAM, PI, ndlr] », nous confirme un membre de la direction de l’UMT. « Il est illogique d’inviter à une grand-messe syndicale les pires ennemis des libertés syndicales », ajoute notre interlocuteur.
L’UMT, qui a lutté bec et ongles contre la loi sur la grève, avait défrayé la chronique quand son groupe parlementaire avait boycotté la séance plénière de vote de ladite loi à la Chambre des conseillers. Une démarche qui lui avait attiré les foudres des représentants de la majorité.
Du sang neuf et Moukharik reconduit au gouvernail
Lors de ce 13e congrès, les 1.700 congressistes de l’UMT issus de 58 unions régionales et locales, de 47 fédérations ou syndicats nationaux et de plusieurs organisations parallèles (jeunesse, femmes et retraités, entre autres) vont élire les instances dirigeantes de la centrale syndicale : la commission administrative, le bureau national et le secrétariat national.
Selon des sources à la direction de l’UMT, l’actuel secrétaire national réunit toutes les chances pour rempiler pour un quatrième mandat.
« Pour le moment, aucun candidat potentiel ne s’est annoncé, mais nous sommes sûrs que l’actuel secrétaire national sera reconduit, même s’il n’a pas encore annoncé sa candidature. Ce qu’il peut faire le jour même des élections pour ce poste », affirment nos sources.
« Il fait l’objet d’un large consensus et il entretient de très bonnes relations avec tous les secteurs et tous les militants du syndicat. C’est, en plus, l’homme de la situation », concluent nos interlocuteurs.
Miloudi Moukharik dirige l’UMT depuis 2010, à la suite du décès de son leader historique Mahjoub Benseddik.
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