Lors de son passage à la Fondation Lafqui Titouani, Leila Benali s’est livrée au double exercice de s’exprimer en tant que membre du gouvernement, mais aussi en tant que dirigeante d’un parti qui participe à la coalition gouvernementale.

Elle a été interpellée sur plusieurs sujets d’ordre politique, notamment les prémices visibles de la campagne électorale. Elle a été appelée à commenter ces sorties, particulièrement celles de Nizar Baraka.

« De quoi a parlé M. Baraka ? Il a évoqué la nécessaire restructuration des chaînes de valeur et de distribution. Un point sur lequel il y a consensus. Peu importe le secteur du commerce, que ce soit les viandes ou l’énergie, ou autres où il y a beaucoup d’intermédiaires, mérite d’être structuré. Il ne fait pas de l’opposition à la politique gouvernementale ; il énonce un fait sur lequel nous sommes tous d’accord dans le gouvernement et l’opposition », répond-elle. « Peut-être que je n’ai pas la même lecture politique que vous ou que les réseaux sociaux… mais j’ai déjà évoqué le discours orienté qui ne doit pas remplacer le discours politique. Il est temps d’avoir un discours politique vrai… », ajoute-t-elle.

« Nizar Baraka ou autre ministre, nous sommes tous des Marocains, et nous sommes dans ce gouvernement pour remettre le Maroc sur la voie du développement ». « J’ai une conviction », dit-elle, « le Nouveau Modèle de développement, c’est notre seule voie ».

Pour la ministre et dirigeante PAMiste, le Maroc n’a pas de temps à perdre au vu des grands défis qui l’attendent, évoquant dans ce sens l’urgence de restaurer la confiance des citoyens en l’action du gouvernement et des institutions étatiques pour mener à bien les grands chantiers de la réforme.

Leila Benali estime que cette restauration de la confiance en l’action politique passe par la nécessité de convaincre les citoyens de l’importance de prendre part aux prochaines échéances électorales. « Les prochaines élections seront une occasion de renforcer la démocratie et de réaffirmer que le citoyen est au centre de tout projet de développement », affirme la ministre qui dit ne pas avoir tranché quant à son éventuelle candidature lors des élections législatives de 2026. « Je m’exprimerai sur ma position en temps opportun », a-t-elle déclaré, sans omettre d’évoquer, à mots à peine voilés, les chances de son parti.

Au sujet du PAM, Leila Benali a affirmé que son parti « travaille de manière sérieuse au service des citoyens et pour répondre à leurs aspirations dans les divers domaines. En fin de compte, c’est le meilleur qui gagne ».

Elle a évoqué à nouveau la crise de confiance envers les acteurs politiques. Pour elle, la société marocaine connaît de profondes transformations avec l’évolution technologique et l’intelligence artificielle, et il est du devoir des acteurs politiques de s’adapter à cette nouvelle réalité.

« Il y a une idée reçue selon laquelle les politiques ne sont pas à l’écoute des préoccupations des citoyens. La vérité est que le discours politique est noyé parfois dans des flots de publicités numériques et de contenus orientés qui dénaturent les messages qu’on veut transmettre », analyse la ministre de la Transition énergétique. Pour elle, les médias et la presse assument une grande responsabilité dans les efforts de la réconciliation entre la société et les acteurs politiques.

« Les conflits d’intérêt et la corruption coûtent un lourd tribut au Maroc »

En réponse à une question quant à un éventuel conflit d’intérêt qui aurait impliqué le chef du gouvernement en relation avec le marché de la station de dessalement de Casablanca, Leila Benali a répondu qu’il y avait un « consensus autour du respect des institutions », mais qu’il ne saurait être question de laxisme en ce qui concerne la stricte application des lois.

« Il y a le bénéfice du doute, mais s’il y a un soupçon de conflit d’intérêt ou de corruption, il faut appliquer la loi. Si on continue à chaque fois à se poser des questions sur ces sujets, le Maroc paierait un onéreux prix politique et économique », a répondu Leila Benali.

La ministre a défendu Aziz Akhannouch au sujet du dossier de la Samir dont la fermeture lui aurait bénéficié, étant un important opérateur du secteur des carburants. Pour Leila Benali, « ce débat est dépassé » dès lors que le secteur des carburants est totalement digitalisé, ce qui empêche toute intervention humaine dans la définition des prix et des marges bénéficiaires.

Leila Benali a en outre précisé que le Conseil de la concurrence allait intervenir pour asseoir plus de transparence dans ce secteur.

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