Avec l’arrivée de 2025, de nombreux particuliers s’interrogent : l’immobilier reste-t-il un investissement attractif ? « La pierre reste une valeur refuge. Les rendements fluctuent selon les années, mais l’immobilier demeure un placement sécurisé« , affirme Asaad Sadqi, président de l’Association régionale des agences immobilières (ARAI) Casablanca-Settat.
Si l’investissement immobilier reste attractif, quels sont donc les placements les plus rentables cette année ? Selon Asaad Sadqi, tout dépend du profil de l’investisseur.
Deux grandes catégories se distinguent : ceux qui préfèrent la sécurité et ceux qui recherchent une rentabilité plus élevée en acceptant un niveau de risque supérieur.
Le résidentiel, en particulier les studios, offre un bon rendement, avec un taux brut situé entre 6% et 9%«
« L’investissement immobilier fonctionne un peu comme la bourse« , explique M. Sadqi. « Vous avez l’investisseur prudent qui va opter pour un produit stable, comme un OPCVM en finance, et celui qui prend plus de risques en misant sur des valeurs volatiles. En immobilier, c’est la même chose : certains vont privilégier un local commercial, tandis que d’autres choisiront du résidentiel ou du locatif à court terme ».
Les investisseurs prudents privilégient le résidentiel, en particulier les studios. « C’est le bien qui offre le meilleur rendement, avec un taux brut situé entre 6% et 9% selon les villes, les régions et les quartiers », explique Asaad Sadqi.
La forte demande, notamment de la part des jeunes actifs et des étudiants, assure un taux d’occupation stable. Toutefois, ce type d’investissement implique des frais réguliers : remise en état entre deux locations, honoraires d’agence et petits travaux d’entretien.
Le local commercial reste l’investissement le plus rentable. Selon l’emplacement, la rentabilité peut atteindre 10%
Pour les investisseurs aguerris, l’immobilier professionnel constitue une option plus intéressante. « Un bureau peut offrir jusqu’à 8% de rentabilité, avec des locataires qui restent en général plus longtemps que dans le résidentiel », précise-t-il. La stabilité des baux commerciaux réduit le risque de vacance locative et les frais de remise en état.
Le local commercial reste l’investissement le plus rentable. « Selon l’emplacement, la rentabilité peut atteindre 10%, notamment dans des quartiers prisés comme Racine, Triangle d’Or, Anfa ou Ain Diab ».
La demande y est forte et la valeur des biens suit une dynamique de croissance continue.
Les locaux commerciaux offrent une rentabilité intéressante, mais avec des contraintes. « Une fois un fonds de commerce installé, le propriétaire ne récupère pas son bien facilement. Cependant, si le locataire paie son loyer, l’investissement devient très attractif », souligne-t-il.
À l’inverse, un bien résidentiel reste plus flexible : « Le propriétaire peut récupérer son bien sous certaines conditions, notamment en cas de besoin personnel ».
La location saisonnière en plein essor
Depuis 2024, l’intérêt pour la location saisonnière s’est fortement accéléré, porté par des événements comme la Coupe du monde et la Coupe d’Afrique. « De plus en plus d’investisseurs se tournent vers le modèle Airbnb« , explique M. Sadqi.
Un studio acheté entre 1,2 et 1,4 MDH, loué en longue durée à 8.000 DH ou 9.000 DH par mois, peut générer le double en location courte durée.
Parmi les villes les plus prisées pour ce type d’investissement restent Casablanca et Marrakech. « À Marrakech, la location de villas et d’appartements à courte durée attire beaucoup d’investisseurs ».
Le déficit de chambres hôtelières crée une opportunité pour ceux qui misent sur ce marché.
Conseils pour les nouveaux investisseurs
Les débutants doivent opter pour un placement sécurisé. « Le meilleur choix reste un studio de 35 à 45 m² dans un quartier à forte demande, comme Casablanca Finance City, Anfa, Bourgogne ou Bouskoura », conseille-t-il.
L’objectif est de trouver un bien facile à louer, sans risque excessif. « Mieux vaut éviter la location courte durée au départ, car elle demande une gestion plus lourde ».
Un investissement en longue durée offre déjà un rendement de 7% à 8%.
Les taux d’intérêt amorcent une stabilisation après plusieurs années de fluctuations dues à la crise du Covid-19 et à la guerre en Ukraine. « La baisse des taux pousse certains investisseurs à passer à l’action, mais sans provoquer un engouement massif ». Les crédits à long terme sont passés d’environ 5% à 4,5 %.
Généralement, il n’existe pas de montant minimal pour investir dans l’immobilier. Un appartement social à 300.000 DH peut offrir un rendement de 7%, tout comme un studio à 1 MDH ou 1,5 MDH.
« Tout dépend de la capacité d’endettement et de l’épargne de l’investisseur », souligne M. Sadqi.
L’idée d’acheter un bien immobilier et de couvrir les mensualités du crédit grâce aux revenus locatifs est un modèle répandu depuis une ou deux décennies. Cependant, il nécessite un apport initial d’au moins 10%, auquel s’ajoutent les frais annexes (notaire, enregistrement, hypothèque).
« Sur un bien d’un million de dirhams, il faut au moins 200.000 DH d’apport. Ensuite, sur les 800.000 DH restants, entre 80% et 90% de la traite peuvent être couverts par le loyer perçu », conclut-il.