Le secteur minier s’impose comme l’un des grands gagnants de ce début d’année à la Bourse de Casablanca. L’indice des mines a augmenté de 32,8%, passant de 38.225 points en janvier à 50.765 points au 21 février.

Cette dynamique repose sur une combinaison de facteurs favorables : envolée des métaux précieux et hausse du dollar.

Managem mène la tendance avec une hausse de 36,5%, suivie de SMI (24,3%). CMT, en revanche, reste en retrait avec une baisse de 7,8%.

L’or et l’argent évoluent toujours à la hausse, ce qui renforce l’attractivité du secteur. La vigueur du dollar joue aussi un rôle important. Mais la dynamique peut-elle se maintenir ? Jusqu’où les minières peuvent-elles aller ?

Un secteur porté par la flambée des métaux et un dollar robuste

Les métaux s’apprécient en raison des incertitudes économiques et des politiques monétaires encore prudentes.

L’or et l’argent poursuivent leur hausse, ce qui renforce l’attractivité des minières. « L’or dépasse désormais les 2.900 USD, contre un peu plus de 2.600 USD en janvier. Tant que cette dynamique se maintient, le marché restera acheteur », commente un analyste de la place.

L’argent, dont l’utilisation industrielle ne cesse d’augmenter, suit une trajectoire similaire. Ce métal est très recherché dans la transition énergétique et l’électronique, ce qui alimente la demande et, par conséquent, la performance des sociétés minières spécialisées comme SMI.

Le dollar fort constitue un autre levier essentiel. « Un billet vert solide amplifie l’attractivité des matières premières et améliore la rentabilité des exportateurs. Ce facteur, combiné à la hausse des métaux, explique l’intérêt grandissant pour les minières marocaines », poursuit la même source.

Managem attire une demande massive en raison de son positionnement sur plusieurs métaux stratégiques

L’intérêt des investisseurs se concentre principalement sur Managem et SMI, dont les volumes échangés ne cessent d’augmenter. « Managem attire une demande massive en raison de son positionnement sur plusieurs métaux stratégiques. L’action bénéficie d’un alignement parfait entre des fondamentaux solides et une tendance favorable du marché », souligne-t-il.

À l’inverse, CMT peine à suivre. « Son niveau de valorisation reste attractif. Les investisseurs ne tarderont pas à y voir une opportunité de rattrapage ». La société évolue en décalage par rapport au reste du secteur, mais son retard pourrait rapidement être comblé si le marché se tourne vers des valeurs sous-évaluées.

Avec de telles performances, faut-il considérer ces valeurs comme des actions de croissance à long terme ? Pas vraiment. « Les valeurs minières restent avant tout des valeurs cycliques. Leur performance dépend directement des fluctuations des matières premières. Elles connaissent des phases d’expansion spectaculaires lorsque les métaux montent, mais subissent aussi des corrections lorsque le cycle se retourne », explique l’analyste du marché.

Contrairement aux valeurs technologiques ou industrielles qui reposent sur une croissance structurelle, les minières évoluent en fonction de l’offre et de la demande mondiales sur les matières premières. Elles restent donc sensibles aux changements de conjoncture économique et aux politiques monétaires des grandes banques centrales.

Jusqu’où peut aller la hausse ?

Le secteur minier s’affirme comme l’un des segments les plus dynamiques de la Bourse de Casablanca en 2025. Tous les signaux laissent penser que la tendance haussière va encore durer. L’envolée des métaux, la solidité du dollar et l’intérêt croissant des investisseurs maintiennent un environnement propice à la poursuite de cette dynamique.

« Les bases restent solides. Les métaux précieux affichent des niveaux élevés, et la demande industrielle sur des métaux comme le cuivre et l’argent continue d’augmenter. Dans ces conditions, les minières devraient rester bien orientées dans les mois à venir », explique-t-il.

L’optimisme reste de mise sur Managem et SMI, qui attirent toujours un flux important d’acheteurs. « Les volumes montrent que le marché croit encore au potentiel de hausse. Tant que l’or et l’argent maintiennent leur élan, les minières continueront de progresser », ajoute l’expert.

Les bases restent solides. Les métaux précieux affichent des niveaux élevés, et la demande industrielle sur des métaux comme le cuivre et l’argent continue d’augmenter

Toutefois, après une telle envolée, des ajustements de consolidation restent possibles. « Des phases de stabilisation sont naturelles après une forte hausse. Mais pour l’instant, rien n’indique un retournement brutal. Le secteur reste l’un des plus solides en bourse cette année », conclut-il.

L’enjeu des prochaines semaines sera donc d’observer l’évolution des prix des métaux et les flux d’investissement, qui détermineront si cette ascension peut se prolonger ou si le marché amorcera une consolidation.