La fermeture des plus grands établissements d’hébergement de la ville de Ouarzazate et sa faible couverture aérienne ont complètement sinistré l’activité touristique de la destination, qui a un taux d’occupation qui ne dépasse pas 23% contre 71% à Marrakech et 49% au niveau national, nous déclarent plusieurs sources qui réclament l’aide de l’État pour les rénover dans la perspective d’une réouverture.

Les banques font de la résistance

Sollicité par Médias24, le président de l’Association régionale de l’industrie hôtelière (ARIH) rappelle qu’une réunion, tenue le 19 février avec le directeur de la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), a porté sur l’activation par l’État de subventions d’investissement à hauteur de 30%, ainsi que sur les moyens de convaincre les banques d’accorder des prêts aux professionnels qui désirent reprendre et rénover ces établissements dans le cadre du programme public Cap Hospitality qui prend en charge les intérêts des crédits bancaires.

« Notre interlocuteur a promis d’activer immédiatement ces subventions pour les dossiers complets et d’intervenir auprès des services bancaires pour les hôteliers qui ont eu l’accord de principe de Cap Hospitality pour rénover leur établissement et qui se sont heurtés à un refus des banques qui arguent que Ouarzazate ne fait pas partie des villes organisatrices du Mondial 2030 », révèle le président Soufiane Bachar en ajoutant que les banquiers considèrent que le secteur hôtelier sinistré de Ouarzazate comporte des risques trop importants, pour eux, de non-remboursement des traites.

En effet, les fermetures et l’état de délabrement avancé de certains hôtels affectent le niveau de réservation, avec plusieurs tour-opérateurs qui refusent désormais de programmer cette destination.

Les autorités de tutelle appelées à la rescousse

Tout en réclamant un versement rapide des subventions initialement accordées à un taux de 30%, puis réduites pour les hôtels fermés, le président espère que la prochaine visite de la ministre du Tourisme et du directeur de la SMIT, prévue à Ouarzazate le 20 mars prochain, permettra d’annoncer le déblocage des crédits bancaires nécessaires aux rénovations du parc vieillissant de Ouarzazate.

« Notre souhait est en effet que le ministère de tutelle et la SMIT puissent faire vraiment pression sur les banquiers réticents à nous accorder des prêts pour que nous soyons en mesure de rouvrir rapidement les hôtels fermés », déclare Soufiane Bachar en rappelant que le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) a signé la convention du programme Cap Hospitality.

 « 5.000 lits en attente de rénovation » 

Selon un grand hôtelier de la ville, sur les 116 établissements touristiques de Ouarzazate, une dizaine classés 4 à 5 étoiles sont fermés, et leurs repreneurs n’ont pas pu obtenir de crédits pour les rénover.

Parmi ces établissements, on recense l’hôtel de la Palmeraie qui compte 130 chambres, les hôtels mitoyens, Riad Salam et Tichka Salam (170 clés), la résidence Karam (100), l’hôtel Belere (265), fermé depuis 2011 faute de repreneur et, enfin, l’hôtel Le Zat (100), propriété de la CDG et n’ayant pas trouvé acquéreur.

D’autres hôtels sont ouverts, mais connaissent de grandes difficultés à cause de l’obsolescence de leur offre et du refus des banques de financer les travaux de rénovation, à l’instar du Club Hanane (128 chambres), de l’hôtel Karam Palace (120), qui n’a pas obtenu de crédits, et de l’hôtel Fint (74) qui ne peut pas bénéficier de Cap Hospitality, ayant déjà obtenu une aide à l’issue de la crise sanitaire.

Et d’ajouter que la capacité litière manquante de 5.000 lits, en attente de rénovation urgente, représente près de 20% de la capacité totale de la région de Ouarzazate qui s’élève à 23.000 lits.

En conclusion, il avance que leur réouverture et leur rénovation dans la ville-étape de Ouarzazate est une nécessité pour relancer le flux touristique et sauver toute la région, car le circuit qui démarre à Marrakech englobe les provinces d’Errachidia, de Midelt et de Zagora qui totalisent 416 hôtels classés.