Dans une interview télévisée, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé avoir pris des « mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire national pour certains dignitaires algériens », et dit être « prêt à en prendre davantage ».

Le ministre a justifié ces mesures, qui datent d’il y a « quelques semaines », par le refus d’Alger d’accueillir certains ressortissants sous OQTF, et l’incarcération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal.

« Ce sont des mesures réversibles qui s’éteindront dès lors que la coopération à laquelle nous appelons reprendra », a expliqué le chef de la diplomatie française. Mais si aucune évolution n’est observée, « je suis prêt à prendre davantage de mesures », a-t-il affirmé.

Le chef de la diplomatie française s’est également dit « prêt à aller à Alger« , si cela permet « de débloquer un certain nombre de situations ».

Jean-Noël Barrot a toutefois assumé une position plus nuancée que son collègue Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, qui veut engager un « rapport de forces » avec Alger. « Ce n’est pas toujours avec les outils les plus durs qu’on obtient des résultats. D’ailleurs on a pu le mesurer par le passé, puisque lorsqu’on a durci le ton avec l’Algérie, on a fait baisser le nombre d’expulsions », a souligné le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

La réaction d’Alger

Dans un communiqué rédigé à la hâte pour répondre à Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères algérien a indiqué que ces mesures, « prises sans respecter les droits des ressortissants algériens détenteurs de passeports diplomatiques et de services, sont toujours en cours de mise en œuvre ».

Le ministère algérien justifie ce retard par « l’absence d’un accord concernant les modalités d’application de cet accord, qui n’a pas encore été finalisé entre les autorités françaises et algériennes ».