« La réforme législative de l’industrie cinématographique et du fonctionnement du CCM est en voie de finalisation », nous révèle le ministre de tutelle à l’origine du projet de loi 18-23 qui a été adopté par les deux chambres du Parlement, en ajoutant que la nomination d’un nouveau directeur du CCM interviendra juste après la publication du décret d’application.
Une dernière réunion avec les professionnels
Après plusieurs réunions entre le ministre, les parlementaires et les professionnels, le CCM a rencontré les producteurs, réalisateurs, acteurs, techniciens… pour recueillir leurs propositions avant de les transmettre à Mehdi Bensaid qui se réunira une dernière fois avec eux pour enrichir le texte adopté avec des décrets d’application qui expliciteront plusieurs points relatifs à chaque métier.
Ainsi, les prochaines étapes juridiques et institutionnelles consisteront à relire ensemble leur contenu puis à valider ces projets de décret avant de les envoyer au Secrétariat général du gouvernement (SGG).
Selon le ministre, le processus sera, au plus tard, totalement bouclé au mois d’avril prochain et les changements apportés par la loi désormais adoptée pourront être mis en pratique après la publication de ces décrets qui régiront le nouveau système d’autorisations de tournage, d’avances sur recettes…
Professionnaliser le secteur pour le rendre plus rentable
« Sachant que le cinéma marocain se développe en termes de nombre de spectateurs et de nouvelles salles, nous souhaitons le professionnaliser et le rendre rentable afin d’être plus crédibles face au ministère des Finances qui alloue au CCM les avances sur recettes », précise Mehdi Bensaid pour qui il est essentiel d’améliorer la rentabilité locale et internationale des films marocains.
Pour cela, l’accompagnement des jeunes cinéastes et le soutien à l’écriture seront renforcés et le versement des aides financières pourra être différé pendant plusieurs années pour les scénarios bancals qui nécessitent d’être améliorés en termes qualitatifs.
Citant le succès de la série télévisée Bnat Lalla Menana qui a nécessité deux ans d’écriture, le ministre affirme que le soutien public va continuer, mais avec une stratégie à moyen terme pour améliorer d’ici 3 ans la qualité des films qui leur permettra d’être rentables à l’image de la comédie autofinancée Ikhwan qui a engrangé 17 MDH de recettes avec un investissement de 7 MDH.
Augmenter l’enveloppe globale des avances sur recettes
L’objectif étant de crédibiliser le secteur auprès du bailleur de fonds (ministère des Finances) en faisant passer à terme à au moins 40 ou 50% le niveau de retour sur recettes qui ne dépasse pas les 10%, voire beaucoup moins pour la grande majorité des films qui bénéficient de l’avance sur recettes.
En effet, si la plupart des productions arrivant à se classer au box-office national sont autoproduites sans aide publique, toutes les autres sont des films d’auteur qui dépendent des avances sur recettes.
Avec des films lucratifs qui généreront une meilleure rentabilité dans les salles de cinéma, le ministère des Finances sera en mesure d’augmenter sensiblement l’enveloppe globale de l’avance sur recettes qui stagne à 65 millions de dirhams depuis plusieurs années.
Sur la nomination du nouveau directeur du CCM qui tarde depuis 2021, le ministre estime que le processus de sélection devrait aboutir en avril prochain juste après l’entrée effective en vigueur de la loi relative à l’industrie cinématographique et portant réorganisation du Centre cinématographique.