Les rumeurs d’un éventuel achat de sous-marins par le Maroc deviennent un sujet récurrent qui nous oblige à examiner, à chaque fois, la situation de la flotte de la Marine royale, et à revenir sur ses priorités.
African Military affirme dans son article publié le 27 février dernier que la marine marocaine est en mission pour « acquérir deux sous-marins militaires, suscitant une compétition intense parmi les constructeurs navals européens », et notamment le français Naval Group et l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), « chacun présentant de manière agressive ses conceptions de sous-marins avancées pour décrocher ce contrat crucial avec Rabat ».
Le Maroc, selon la même source, a également « exploré des offres provenant de la Russie, de la Grèce et du Portugal ».
« Nous sommes à quelques semaines de l’incident de Beni Ensar, où une patrouille navale marocaine s’est échouée dans les eaux occupées de Melilia. Cet événement a révélé des lacunes au sein de la flotte de la Marine, soulignant l’urgence de moderniser et de renforcer ses capacités opérationnelles », précise l’expert militaire Abdelhamid Harifi, contacté par Médias24.
Parmi ces lacunes, notre interlocuteur note « l’absence d’une flotte de transport et de soutien logistique, notamment depuis le désarmement en 2022 du dernier navire de classe Batral ».
Il ajoute que « la flotte de patrouille maritime doit être rajeunie, car elle ne répond plus totalement aux exigences actuelles ».
De plus, « la flotte de combat a besoin d’être renforcée pour correspondre à l’étendue et aux défis de l’espace maritime marocain », et « les moyens aéromaritimes, essentiels pour la surveillance et l’action en mer, doivent également être renforcés pour couvrir les besoins opérationnels ».
Dans ce contexte, il estime qu’une allocation de budget pour des sous-marins est improbable.
Interrogé sur la source de cette information concernant les sous-marins, Abdelhamid Harifi a exprimé des doutes sur sa crédibilité. « Il est peu probable que les Allemands aient offert quoi que ce soit au Maroc dans ce domaine. Les Russes n’ont actuellement aucune offre d’exportation pour des sous-marins. Quant aux Portugais, ils ne disposent pas de licence d’exportation pour les sous-marins d’origine allemande qu’ils produisent localement ».
En conclusion, il est clair que le Maroc va prioriser les besoins immédiats. « Il est essentiel de commencer par le commencement : renforcer les capacités existantes et répondre aux besoins immédiats avant de se lancer dans des projets aussi ambitieux que l’acquisition de sous-marins », déclare l’expert militaire.