« Dédié aux professionnels du secteur réunissant des hôtels, offices de tourisme, agents de voyages, compagnies aériennes et loueurs de voitures dans le cadre d’événements B2B, le 1ᵉʳ salon mondial du tourisme de Berlin permettra de conclure de nouveaux accords avec des opérateurs allemands pour revenir au niveau d’arrivées et de nuitées qui était réalisé avant le début de la crise sanitaire », nous déclarent plusieurs participants qui ambitionnent de rattraper le retard d’ici 2028.

Un retard persistant en termes d’arrivées et de nuitées

En analysant les chiffres officiels du marché allemand récemment publiés par l’Observatoire du tourisme, on constate une évolution en dents de scie entre 2014 et 2019, avec un pic de 690.000 arrivées en 2017 et de 1,8 million nuitées en 2018, contre 361.116 visiteurs (hors MRE) et environ 1,114 million de nuitées à la fin de 2024.

En effet, malgré la hausse de 29% des arrivées allemandes en 2024, le Maroc peine toujours à récupérer le volume de visiteurs allemands accueillis et de nuitées réalisé en 2017 et en 2018.

De facto, la destination capte une part extrêmement minime du potentiel d’arrivées du 4ᵉ marché émetteur européen après la France, l’Espagne et la Grande-Bretagne.

Le potentiel allemand de voyageurs allemands à l’international, qui est de 51 millions de touristes, n’est en effet exploité qu’à hauteur de 0,7% avec 361.116 visiteurs.

Selon nos sources, ce retard de récupération a pour origine des malentendus avec les tour-opérateurs allemands qui avaient mal vécu les annonces de fermeture de dernière minute par les autorités marocaines, au moment de la crise sanitaire, qui leur avaient occasionné de lourdes pertes.

Une explication plausible quand on sait que, selon les chiffres de l’étude de l’ONMT, les 2.700 T.O. et 9.000 agences de voyage en Allemagne organisent 50% des voyages internationaux de leurs clients allemands.

 « Trois ans pour revenir au niveau d’arrivées et de nuitées réalisé en 2017-2018 »

Le véritable challenge de la participation de l’ONMT, accompagné d’une forte délégation comprenant la compagnie Royal Air Maroc et des opérateurs régionaux, sera par conséquent de récupérer ce marché en perte de vitesse, en multipliant les signatures d’accords avec les plus grands T.O. et compagnies aériennes allemandes qui annoncent d’ailleurs une croissance à deux chiffres pour 2025, aussi bien en termes de distribution que de capacité aérienne.

Partant du constat que les touristes allemands – généralement des personnes d’âge moyen, sans enfant et aux revenus élevés – dépensent en moyenne 1.500 euros durant leur séjour, le salon ITB est par conséquent une occasion unique pour les opérateurs marocains de rétablir progressivement le flux record d’arrivées et de nuitées ayant prévalu entre 2017 et 2018, mais aussi d’allonger la durée moyenne de leur séjour qui stagne toujours à 3 nuitées.

En s’appuyant sur le taux de croissance des arrivées qui était de 29% en 2024, tous nos interlocuteurs estiment que le délai de récupération nécessaire avant d’y parvenir sera au minimum de trois années.

Multiplier le nombre de stations balnéaires

S’il est vrai que la Chine est stratégique pour l’avenir du secteur marocain, le marché allemand, qui est le plus dépensier et le plus lucratif en termes de recettes de voyage pour le Maroc, nécessite de le ramener à sa juste valeur malgré sa 4ᵉ place européenne en termes d’émission de touristes.

Soulignant que la grande majorité de la clientèle allemande privilégie surtout les séjours balnéaires, nos interlocuteurs déplorent le fait que le Maroc ne dispose en réalité que de la station de Taghazout, proche d’Agadir, qui soit vraiment à même de les satisfaire en termes de service.

Et d’ajouter qu’il en faudrait au minimum deux autres pour capter une part supplémentaire du potentiel inexploité, à l’instar de la station balnéaire de Saïdia qui doit encore être développée pour atteindre une taille critique, et d’une autre à créer dans les provinces du Sud comme celle en stand-by du projet « Plage blanche » à Guelmim.

Les actions de séduction entreprises par l’ONMT en 2024

En dehors de la hausse des capacités programmées par les T.O. partenaires vers le Maroc, qui doivent passer entre 2024 et 2025 de 308.520 à 352.884 séjours, soit une évolution de 14%, et de celles des sièges commercialisés par les compagnies aériennes qui vont augmenter de 58% (449.411 sièges en 2024 contre 709.417 prévus en 2025), l’ONMT a initié plusieurs actions de promotion du Maroc.

Pour citer les plus importantes, une vaste campagne de communication B2B online en partenariat avec Condor Airlines, une campagne nationale d’habillage des vitrines des prestigieuses galeries commerciales Galeria Reisen dans plus de 45 villes allemandes en octobre et novembre 2024, plusieurs roadshows qui ont rassemblé 1.000 agents de voyage représentant les principaux bassins émetteurs du marché allemand, et enfin des fam trips au profit de plus de 200 agents de voyage dans diverses régions du Royaume.

La présence de l’ONMT au salon ITB de Berlin, ainsi que de la RAM et des opérateurs de huit régions du Maroc (Marrakech-Safi, Agadir-Sous Massa, Drâa-Tafilalet, Fès-Meknès, Béni Mellal-Khénifra, Oriental, Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan-Al Hoceima), laisse présager le retour aux mêmes niveaux d’arrivées et de nuitées ayant caractérisé les années qui ont précédé la crise sanitaire.

Les photos d’illustration ont été prises ce mardi 4 mars au salon ITB de Berlin.