Le marché boursier marocain ralentit après avoir atteint un sommet historique au-delà des 17.000 points le 21 février 2025. Cette progression, amorcée en début d’année, marque une pause, laissant place à une consolidation.
Le MASI se situe désormais à 16.707 points, en recul de 0,51% sur la séance de 4 mars, après un repli hebdomadaire de 0,71%.
Source: medias24.com
Les volumes d’échanges montrent un certain attentisme. Lors de la dernière séance du 4 mars, le marché central a enregistré 214,9 MDH de transactions, tandis que les échanges hebdomadaires ont atteint 2,77 MMDH. Les investisseurs se montrent plus sélectifs après l’euphorie des dernières semaines.
L’embellie du marché en début d’année repose sur une hausse généralisée des indices. Depuis janvier, le MASI affiche une progression de 13,2%, portée par des flux acheteurs soutenus. La capitalisation boursière a bondi de 752 MMDH fin 2024 à 858,9 MMDH en février 2025.
Toutefois, la dynamique haussière ralentit. Le MASI 20 recule à 1.359 points, tandis que l’indice des valeurs moyennes et petites capitalisations enregistre une baisse plus marquée. Certains secteurs, tels que la banque et l’immobilier, subissent des corrections notables lors de la dernière séance.
Attijariwafa bank, BCP et CIH affichent des replis, tout comme Résidences Dar Saada et Alliances.
Ce repli s’inscrit dans une logique de prises de bénéfices, après un rallye alimenté par des flux acheteurs conséquents.
La respiration du marché après une telle ascension est une étape naturelle et anticipée par les investisseurs
Cette correction mesurée, survenue après plusieurs semaines de hausse continue, permet un réalignement des valorisations.
L’essoufflement des volumes d’échange accompagne ce mouvement. Après un mois de février marqué par 9 MMDH de transactions, l’activité a ralenti, avec 2,77 MMDH échangés sur la dernière semaine.
Le marché central, principal moteur des échanges, a enregistré 214,9 MDH lors de la dernière séance, un niveau inférieur à ceux observés en janvier, période d’euphorie. Ce ralentissement traduit davantage une prudence temporaire qu’un désengagement massif des investisseurs.
Les arbitrages observés touchent plusieurs secteurs clés. Les valeurs bancaires, qui avaient largement contribué à la hausse des derniers mois, subissent des ajustements. Attijariwafa bank recule de 3,89% sur la semaine, tandis que BCP et CIH affichent des replis de 1,72% et 1,30% respectivement.
Le secteur immobilier, en forte progression en début d’année, voit également des corrections : Résidences Dar Saada chute de 5,57%, tandis qu’Alliances recule de 1,89%.
Dans la consommation, les valeurs Lesieur Cristal, Cosumar et LabelVie affichent des baisses comprises entre 1,46% et 5,10%.
L’industrie et les matières premières ne sont pas épargnées : TGCC affiche une correction de 9,2%, tandis que Sonasid recule de 6,19%.
Ce repli généralisé est en grande partie lié aux publications des résultats annuels. Selon un analyste de la place :
Les indicateurs de chiffre d’affaires publiés jusqu’à présent sont conformes aux attentes du marché. Cependant, la coïncidence avec le mois de Ramadan peut générer plus de volatilité d’ici fin mars
Les investisseurs réajustent donc leurs positions en fonction des performances réelles des entreprises, après plusieurs semaines d’anticipations.
D’un point de vue technique, le MASI revient sur un retracement de 50% de son dernier mouvement haussier, un niveau souvent surveillé par les analystes.
« Le marché suit un mouvement naturel de respiration après son rallye. Une consolidation était attendue et permet de stabiliser les valorisations ».
Cette correction est souvent perçue comme une opportunité de repositionnement avant une reprise.
Le marché devrait consolider d’ici la fin du mois
Au-delà des facteurs techniques et des publications financières, la psychologie du marché joue un rôle clé. Les investisseurs adoptent une posture plus prudente, sans remettre en cause la solidité de la tendance de fond.
« Si la dynamique bénéficiaire des entreprises se confirme, cette correction pourrait être une simple parenthèse avant un rebond ».
Malgré ces prises de bénéfices, la structure du marché reste robuste. Le maintien de l’indice au-dessus des 16.000 points témoigne d’une résilience qui contraste avec les corrections plus marquées du passé. Les fondamentaux des entreprises restent solides, les perspectives bénéficiaires ne sont pas remises en question et l’environnement monétaire demeure favorable.
Ce repli apparaît ainsi davantage comme un ajustement logique après une période de forte hausse, plutôt que comme un signal d’essoufflement durable. L’évolution du marché dépendra de la capacité des flux acheteurs à reprendre leur dynamique et d’une absorption progressive des ajustements liés aux résultats annuels.