« Malgré le fait que les étrangers n’hésitent plus à se rendre à Marrakech durant cette période, alors que ce n’était pas le cas il y a encore dix ans, il n’empêche qu’elle occasionne encore une certaine part de désaffection liée à la crainte infondée de trouver une ville morte », nous expliquent plusieurs professionnels, en ajoutant cependant que l’impact sur la fréquentation s’amenuise chaque année.

« Le mois de mars semble marquer le pas par rapport à février »

C’est le cas de Mustapha Amalik, secrétaire général du Centre régional du tourisme Marrakech-Safi, qui attend avec impatience la fin du mois pour se prononcer après la publication des chiffres.

Tout en observant un ralentissement de l’activité générale, notamment hôtelière, notre interlocuteur estime que le secteur n’est pas à l’arrêt total au regard des nombreux touristes étrangers de séjour (TES) visibles dans l’espace public de la ville ocre (Jemaâ El Fna, souks, hôtels, etc.).

« Sachant que le mois de février a été excellent en termes de fréquentation et de taux d’occupation, les chiffres de mars seront certainement moins élevés, alors qu’il coïncide avec les vacances scolaires dans plusieurs marchés émetteurs européens », avance Mustapha Amalik, pour qui l’impact sera surtout visible sur la clientèle française et celle intéressée par la nightlife de Marrakech.

 « L’impact sera beaucoup moins important que par le passé »

Malgré l’absence de cette catégorie de visiteurs qui n’ont plus accès aux animations nocturnes comme les boîtes de nuit… et préfèrent donc reporter leur séjour après le Ramadan, Mustapha Amalik nuance son propos en précisant que l’impact en termes de désaffection est gérable par rapport aux années 2010, où le Ramadan coïncidait avec la très haute saison estivale.

Et d’ajouter que le ralentissement du mois de mars, qui correspond à la moyenne saison, devrait être suivi en avril d’un rebond important de la fréquentation étrangère. Celle-ci privilégie la ville ocre au début du printemps et au cours des vacances scolaires de Pâques en Europe.

Le recul annuel de 13 jours du Ramadan (décalage entre le calendrier de l’hégire et le calendrier grégorien) permettra en effet aux hôteliers de mieux profiter du démarrage de la haute saison par rapport à avril 2024 qui avait connu une baisse sensible d’activité.

« Les mauvaises conditions climatiques nous causent plus de tort que le Ramadan »

Sollicités pour recueillir le niveau de fréquentation depuis le début du mois sacré, plusieurs grands hôteliers de Marrakech nous révèlent que cette période a connu une chute importante des réservations de dernière minute à cause d’une météo catastrophique qui sévit depuis dix jours.

Un de nos interlocuteurs met en cause le mauvais temps « exceptionnel pour cette période de l’année » pour expliquer le fait que l’aéroport Marrakech-Ménara soit déserté, et que l’avion venu ce jeudi de Paris transportait au maximum une cinquantaine de passagers.

Partageant la même explication sur la baisse de l’activité hôtelière estimée à environ 20%, un autre professionnel de l’hébergement avance qu’elle est effectivement davantage liée à l’absence du beau temps qui caractérise généralement la destination, qu’au Ramadan qui ne décourage plus autant qu’avant les étrangers.

« Avec des vols aller-retour à moins de 100 euros durant cette période, on devrait avoir beaucoup plus de visiteurs, mais avec la pluie qui va se poursuivre encore au moins dix jours, ils ne peuvent pas profiter de la région », concluent nos sources qui attendent le mois d’avril non sans impatience.