Que faut-il penser du lancement par le Parti authenticité et modernité (PAM) du programme « Génération 2030 », visant à encourager les jeunes à présenter leurs propositions sur une plateforme digitale et lors de rencontres physiques dans toutes les régions du Maroc pour participer à l’élaboration des futures politiques publiques ?

Sollicitée par Médias24, la coordinatrice nationale de la direction collégiale du PAM a répondu sans détour à cette question en exposant la finalité participative de cette initiative qui s’inscrit, selon elle, dans l’esprit qui a prévalu à la création de son parti avec le Mouvement de tous les démocrates (MTD). Il ne s’agit pas, selon notre interlocutrice, d’opportunisme électoraliste lié à l’approche des élections, mais d’un choix de fond, une valeur du PAM.

Un concept initié par l’organisation de la jeunesse du parti

« ‘Jeel 2030’ est une initiative qui a été prise par la jeunesse du parti à laquelle notre bureau politique a donné sa bénédiction en la validant », affirme Fatima Ezzahra El Mansouri, pour qui cette démarche retrouve l’esprit initial du PAM qui s’interrogeait sur l’avenir du Maroc à travers des séances d’écoute dans toutes les régions du pays.

Partant du constat que les jeunes sont « peu ou pas entendus » dans la plupart des partis politiques, alors qu’ils sont un réservoir d’idées essentiel, c’est donc le même dispositif inclusif qui a motivé le lancement de cet outil qui vise à recueillir leurs attentes pour élaborer des politiques publiques.

Un concept en trois actions

Rappelant que le PAM s’est toujours prévalu de mettre en avant la jeunesse et la femme, la coordinatrice nationale estime que cette initiative peut se résumer en trois principales actions, dont la première est une plateforme digitale qui a rencontré un grand succès dès le début de son lancement.

Cet outil numérique permet aux jeunes qui s’y inscrivent d’échanger et, surtout, de partager leurs préoccupations ainsi que leur vision du Maroc idéal qu’ils ambitionnent de construire.

Sur le choix de l’agenda 2030, Fatima Ezzahra El Mansouri tient à préciser que si cette date n’est pas une fin en soi, sa portée symbolique s’est imposée à ses concepteurs, dans la perspective du Mondial de football qui a généré une dynamique avec de nombreux chantiers pour encourager son succès.

Hormis la plateforme, notre interlocutrice ajoute que les deux autres actions consistent en des réunions qui seront organisées avec les jeunes de chaque région et des workshops qui permettront de consolider les interactions entre le rendu digital et celui des meetings territoriaux pour apporter un complément à la mise en place du programme du parti.

Une démarche participative au centre de l’initiative

Si la vocation de « Génération 2030 » consiste à recueillir les attentes de la jeunesse, la coordinatrice nationale estime que sa priorité est de favoriser une démarche participative, en citant son expérience à la tête de la mairie de Marrakech et son initiative Demsekken, qui reposaient sur le dialogue.

S’appuyant sur l’historique idéologique du PAM qui, depuis sa création, a toujours choisi de privilégier la jeunesse, les femmes et la territorialité, la dirigeante souligne qu’il est essentiel d’être à l’écoute – préalable pour élaborer des politiques publiques liées à l’emploi, au logement, à la culture…

Aucune ambition électorale

À la question de savoir si l’initiative « Jeel 2030 » ne signait pas en réalité le début officieux de la campagne électorale des scrutins prévus en 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri s’inscrit en faux en déclarant que lancer cette initiative à un an et demi des élections est tout à fait normal.

« Sachant que notre bureau politique a lancé plusieurs initiatives antérieurement, ce nouveau programme s’inscrit simplement dans la continuité de son travail, et sûrement pas dans la perspective du scrutin », précise la dirigeante du PAM, dont le parti sera prêt « le moment venu » à affronter les futures élections législatives avec des candidats qui mèneront la bataille autour d’un programme électoral.

Et d’ajouter qu’à chaque fois qu’un parti est en hibernation, on lui reproche de ne rien faire, et que dès qu’il s’active avec une initiative novatrice, on lui reproche des visées électorales, alors qu’une telle démarche s’inscrit dans la vie normale d’un parti qui active ses différentes instances.

Devant notre insistance pour savoir si le PAM est au gouvernement en semaine et en campagne le week-end, la dirigeante conclut que son parti n’est pas dans une logique de campagne et que sa priorité est de continuer à travailler, sachant que dans le temps politique, un an et demi est une longue durée.