Le premier élément notable de cet exercice concerne la dynamique contrastée entre les deux semestres. « Comme vous avez pu le constater dans la publication qu’on a faite au premier semestre, on a eu un premier semestre qui était difficile, avec un marché qui était très atone, très peu de demande », annonce Hakim Belmaachi, président du directoire de Disway.

Cette tendance s’est traduite par « à peu près 9% de décroissance sur le premier semestre, en consolidé. C’était le cas aussi bien sur le Maroc que sur la région. Et nous avons fini l’année avec une légère croissance ».

Le mois de décembre s’est révélé particulièrement déterminant. « Le mois de décembre, à lui tout seul, a fait pratiquement 15% de l’année. Donc, rien que sur le mois de décembre, on a fait la moitié de ce qu’on a fait sur le quatrième trimestre ».

Le deuxième fait marquant concerne la forte progression du business value. « On a fait plus de 25% de progression, qui vient principalement d’un certain nombre d’appels d’offres qui ont été gagnés ». Cette dynamique repose sur des contrats stratégiques remportés « notamment sur le deuxième semestre, qui ont permis de faire cette excellente performance sur des produits à la fois réseau, des produits de stockage, du data center », ajoute le président du directoire de Disway.

Enfin, cette tendance se prolonge sur l’année suivante, avec des perspectives solides. « On voit une reprise sur les projets d’infrastructures importantes. Et on a démarré l’année 2025 également avec un bon backlog sur le business value ».

Le marché du solaire a connu une forte instabilité ces dernières années. « Il y a eu une très forte volatilité des prix il y a environ deux ans. On a constaté en gros une baisse des prix très importante. Les prix ont été pratiquement divisés par trois ».

Cette chute significative a fortement impacté les coûts. « On est passé de plus de 3,5 dirhams le watt-crête à moins de 1,5 DH. Et nous avions un stock à un moment donné qui était important avant cette baisse des prix, ce qui a engendré pendant ces deux derniers exercices un certain nombre de difficultés à écouler le stock. Et donc, c’est ce qui explique que nous avons eu un impact sur la marge qui vient essentiellement de la baisse des prix sur les panneaux solaires ».

« Mais cette baisse de marge a été compensée parce que nous avions passé des provisions sur ces stocks justement auparavant. Donc on a eu en contrepartie des reprises de provisions, vu qu’on avait impacté cela ».

Depuis quelques mois, une tendance à la reprise commence à se dessiner. « On sent depuis à peu près un trimestre une reprise, parce qu’il y a eu aussi une baisse au Maroc ».

Le pompage agricole représente plus de 60% du marché du solaire photovoltaïque, mais la sécheresse de 2024 a entraîné une forte baisse de la demande sur ce segment. Toutefois, cette chute a été partiellement compensée par le secteur industriel, où la demande s’intensifie sous l’effet de la décarbonation obligatoire pour les exportateurs vers l’Europe, en prévision de la taxe carbone de janvier 2026. « Et donc, il y a eu un phénomène de compensation sur ces deux segments ».

Les prix, après une période de volatilité, « sont en train de repartir légèrement à la hausse puisque, en Chine, il y a eu des changements réglementaires il y a environ deux semaines. Ces nouvelles mesures en Chine ont modifié le système d’achat des excédents de production par le gouvernement, passant d’un prix fixe à un prix spot, ce qui a incité les producteurs à accélérer l’installation de centrales avant l’entrée en vigueur de cette réforme prévue pour juin ou juillet ».

Ce phénomène provoque une concentration de l’offre sur le marché intérieur chinois, réduisant ainsi la disponibilité pour l’international et faisant remonter les prix. Parallèlement, une reprise de la demande agricole se profile avec le retour des précipitations.

Dans ce contexte, l’optimisme revient, notamment en milieu rural où les investissements dans les centrales photovoltaïques repartent à la hausse.

Sur le plan logistique, la plateforme de Skhirat, opérationnelle depuis juillet, atteint déjà un taux d’occupation de 60% à fin décembre. « Nous continuons à chercher des clients pour améliorer ce taux d’occupation et accélérer aussi nos développements ».

Les récentes évolutions fiscales ont fortement affecté le marché au Maroc et en Tunisie. Au Maroc, la loi de finances 2024 a relevé les droits de douane sur les téléphones et les tablettes de 2,5% à 17,5%, soit une hausse de 15 points.

« L’impact immédiat, cela a été une chute drastique des ventes de téléphones. Notre business a baissé d’à peu près 25 à 30% et cela a été le cas chez tous les opérateurs », explique-t-il. Une partie de la demande semble s’être déplacée vers le marché informel, une tendance classique lorsque les taxes augmentent.

Une autre taxe a été instaurée en février sur les imprimantes, « Il y avait déjà une taxe du BNDR qui existait sur les téléphones, sur les clés USB, sur les disques durs, etc., sous prétexte qu’ils sont utilisés pour pirater les œuvres artistiques et intellectuelles ».

Contrairement aux précédentes taxes à valeur fixe, celle-ci est en pourcentage, impactant fortement le marché du printing.

En Tunisie, une hausse de l’impôt sur les sociétés (IS) de 15% à 20% et une augmentation de la contribution de solidarité (CSS) de 3% à 5% ont été votées en fin d’année. « Jusque-là, on se dit tout va bien. Sauf que la mauvaise nouvelle, c’est qu’ils ont considéré que ces taxes-là étaient rétroactives et s’appliquaient sur l’exercice 2024 ». Cette décision a ajouté 7 points d’impôt supplémentaires, réduisant les résultats de 2,5 MDH, une « surprise » de fin d’année.

Un changement dans le périmètre de consolidation a été opéré cette année

« L’entreprise Blueway, qui était détenue à 100% et opérait essentiellement dans la distribution des produits IBM, a été sortie du périmètre. Cela n’a pas d’impact sur l’analyse des comptes en termes d’historique, il n’y avait pas de résultat sur ces comptes-là ».

Par ailleurs, « une entreprise qui s’appelait Experian Store a changé de dénomination sociale pour devenir Solaroo, afin de structurer l’activité solaire en une entité à part entière ».

Le chiffre d’affaires consolidé a progressé de 2% à 1.870 MDH malgré une légère décroissance du business volume. « On a eu une bonne croissance sur la partie computing, c’est-à-dire PC et portable, qui a été quelque part impactée par la baisse qu’on a eue sur les imprimantes et sur la téléphonie ».

En revanche, la value a fortement progressé, atteignant 400 MDH, soit +25%. « Les autres business, c’est essentiellement la baisse sur le business solaire et l’arrêt sur la partie vidéosurveillance, avec une division avec laquelle on avait arrêté le contrat, qui a eu un impact sur cette baisse également ».

La marge a légèrement reculé, en raison notamment du déstockage solaire. « Une partie de cette baisse de marge est compensée par des reprises d’exploitation, puisqu’on avait passé des provisions sur les stocks, mais aussi par des baisses de marge arrière, notamment sur la téléphonie, vu qu’on a fait beaucoup moins de volumétrie ».

Le résultat d’exploitation du groupe diminue de 18,6%, tandis que le résultat financier s’améliore fortement, passant de -2 millions à +7 millions grâce à la baisse des charges financières et à une meilleure gestion du change. « Nous avons également amélioré le résultat de change de manière considérable et une remontée d’un produit financier suite à la liquidation de la filiale de Loué ».

Le résultat net part du groupe progresse de 20,3%, atteignant 79 MDH contre 66 MDH en 2023.

L’actif immobilisé a varié de 4 millions, principalement lié au projet Skhirat, dont la livraison en décembre a généré un premier amortissement. Les stocks augmentent de 23 millions et les créances clients de 9 millions.

L’endettement net baisse de 52 millions, portant le ratio d’endettement à 23% du financement global contre 28 % l’an dernier. « Une réduction grâce à l’amélioration du BFR et au remboursement d’une partie des crédits contractés ».

Dividendes et perspectives

L’assemblée générale ordinaire (AGO) de mai 2025 proposera un dividende de 40 DH par action, contre 35 l’an dernier, soit un total de 75 MDH, « en ligne avec la progression du résultat net ».

Dans le secteur IT, l’expansion continue avec un bureau à Abidjan pour mieux capter les opportunités en Afrique de l’Ouest. « Nous avons aujourd’hui la conviction que c’est le meilleur schéma pour nous d’opérer sur ce territoire et de pouvoir reprendre un certain niveau de business ».

En logistique, la plateforme d’Ezreal est pleinement opérationnelle, avec un nouveau WNS prévu pour mai afin d’optimiser les flux et le service client.

Dans le solaire, la stabilisation des prix permet une reprise du secteur industriel. « Malgré une baisse des revenus due à la chute des prix, nous avons augmenté la puissance vendue ». Un projet d’acquisition d’un intégrateur est en cours pour renforcer la pénétration du segment industriel.

L’entreprise reste concentrée sur l’optimisation de ses opérations et l’expansion de ses activités, avec un focus sur la croissance en Afrique et le solaire industriel.