Gérant 22 musées répartis dans plusieurs villes avec des collections couvrant l’histoire, la culture, l’art et l’architecture, la Fondation nationale des musées du Maroc (FNMM) a lancé deux méga-chantiers pour édifier un Musée national de l’archéologie et des sciences de la terre, et un autre dédié à la culture du continent africain.
Sollicité par Médias24, Mehdi Qotbi, qui préside la FNMM, nous expose l’utilité de ces projets avant de revenir sur leur coût et sur l’agenda jusqu’à leur inauguration.
Pourquoi un Musée national de l’archéologie et des sciences de la terre au Maroc ?
Unique en son genre, le projet de création d’un Musée national de l’archéologie et des sciences de la terre combinera dans un même espace deux disciplines majeures, à savoir les sciences de la terre et l’archéologie, qui permettront de retracer l’évolution géologique et humaine du pays.
« Grâce à sa stratigraphie couvrant toutes les périodes géologiques, du précambrien au quaternaire, le Maroc constitue un terrain unique pour comprendre l’évolution de la Terre, car il permet d’explorer des phénomènes majeurs comme les formations des continents et les extinctions massives », déclare le président en insistant sur le fait que ce projet pionnier en Afrique découle d’une volonté royale (photos Médias24).




200 millions de dirhams pour édifier un espace muséal de 25.000 mètres carrés
Situé sur le terrain de l’ancienne ambassade américaine qui surplombe la vallée du Bouregreg, ce musée de 25.000 mètres carrés devrait coûter, selon une source au sein de Rabat-Aménagement requérant l’anonymat, au moins 200 millions de DH, financés par plusieurs départements ministériels.
Mehdi Qotbi souligne que cet espace muséal, le plus grand du continent africain et l’un des plus importants au monde, sera un atout essentiel pour préserver le patrimoine archéologique du Maroc et pour proposer une vision cohérente de l’histoire de l’humanité qui s’est construite dans le Royaume.
Il permettra en effet de relier l’histoire naturelle du territoire aux grandes étapes de son développement humain, tout en soulignant le rôle fondamental du Maroc comme carrefour de civilisations et acteur clé dans l’évolution culturelle et scientifique à travers les âges.
Une plateforme patrimoniale qui sera inaugurée début 2028
Ayant pour vocation de réécrire et d’enrichir l’histoire du Maroc, de la préhistoire aux dynasties islamiques grâce aux récentes découvertes archéologiques, le musée mettra en avant les fossiles humains vieux de 300.000 ans découverts à Jebel Irhoud, qui interrogent sur les origines de l’Homo sapiens.
En outre, dans la grotte de Taforalt, des indices de soins médicaux avancés ont révélé une compréhension préhistorique inédite de la santé, notamment la première chirurgie du crâne. Les recherches sur les villages néolithiques ont, elles, mis en évidence les débuts de la sédentarisation et l’apparition de structures sociales organisées.
Sans compter les sites de Chellah et Lixus remontant à l’antiquité qui ont dévoilé des infrastructures portuaires et commerciales attestant du rôle stratégique du Maroc dans les échanges romains. Par ailleurs, les fouilles à Igiliz, berceau des Almohades, ont révélé aux archéologues une organisation combinant vie spirituelle et gouvernance, marquant le début d’une dynastie influente.
Plateforme pour conserver les fossiles, les vestiges archéologiques et les matériaux géologiques, il contribuera à lutter contre le trafic illicite d’artefacts et aura pour ambition de devenir un modèle de gestion muséale qui devrait être inauguré au début de l’année 2028.
La cité africaine sera édifiée sur un espace historique du Maroc
Sur instruction royales, la Fondation nationale des musées a lancé, durant l’année 2024, les travaux d’une Cité de la culture africaine-Musée du continent, qui devraient coûter plus d’une centaine de millions de dirhams.
Il sera édifié au centre-ville, sur l’emplacement de l’ancien bâtiment de l’état-major de la Marine Royale et précédemment ancien siège d’OCP construit entre 1924 et 1960. Cet espace de 13.202 m2, qui abrite des constructions administratives datant du protectorat, fait partie de la zone inscrite au Patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 2012.
Souhaitant perpétuer sa dimension historique et patrimoniale, la Fondation a choisi d’en faire un complexe culturel qui sera conçu en harmonie et en complémentarité du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain qui lui fait face. À l’intersection du quartier Hassan et du quartier administratif, il est au centre d’un réseau de transport varié comprenant tramway, bus et train.


« La porte de l’Afrique nécessitait de construire un musée dédié au continent »
« Sachant que le Maroc a toujours soutenu les identités africaines et que notre fondation a acquis une expertise qu’elle partage avec les institutions culturelles continentales, cette plateforme de dialogue interculturel s’imposait pour célébrer le génie créatif de l’Afrique et sa contribution inestimable à l’histoire de l’art mondial ». Mehdi Qotbi ajoute que le bâtiment en cours de restauration veillera à conserver les éléments architecturaux d’une grande valeur patrimoniale.
Et de préciser que ce complexe muséal sera composé d’un espace d’accueil, de galeries d’expositions, d’un centre de conservation et de restauration, d’une résidence d’artistes, d’une galerie souterraine reliant la Cité et le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, d’un café-restaurant et, enfin, de plusieurs espaces administratifs, techniques…
L’ouverture de cette Cité de la culture africaine-Musée du continent prévue à la fin 2026 marquera, selon lui, une étape importante dans le rayonnement du Maroc et son affirmation comme l’un des acteurs majeurs du paysage culturel africain.





