Les 27 postes à pourvoir se décomposent comme suit, apprend Médias24 de source sûre:

-11 postes qui étaient vacants à l’arrivée du nouveau ministre Mohamed Saâd Berrada.

-16 postes dont les titulaires ont été suspendus de leurs fonctions. Ces responsables seront réaffectés à d’autres responsabilités. Ces suspensions de fonctions ont été demandées dans tous les cas par les directeurs des AREF (Académies régionales d’éducation et de formation), soit devant des résultats insuffisants en matière de déroulement de la réforme, soit après un rapport d’inspection.

Le changement des 16 postes sur les 83 directions provinciales que compte le ministère est une séquence « normale » dans le déroulement d’une réforme historique et vitale. Ce sont des ajustements qui sont opérés au fur et à mesure du déploiement de la réforme.

Les inspecteurs ainsi que les évaluations qui ont lieu toutes les six semaines à l’échelle nationale, permettent en effet de suivre l’amélioration du niveau des élèves et l’implantation de la réforme.

Un inspecteur est désormais chargé de suivre 3 à 4 écoles et il doit, chaque semaine, se rendre dans chaque classe de son périmètre. Cela lui permet alors de suivre à la fois la manière dont l’enseignant évolue ainsi que l’apprentissage par les élèves.

Les enseignants disposent chacun d’un PC et chaque classe est équipée d’un rétroprojecteur. Les cours sont projetés sur un écran blanc, sous forme de Powert Point, avec du texte, des visuels et du son. Les équipes marocaines ont produit 300.000 slides qui regroupent tous les cours. Chaque semaine, sur la plateforme ad hoc, l’enseignant télécharge les cours. Une digitalisation dont nos sources au ministère disent le plus grand bien.

Entre ces inspections et les évaluations des connaissances effectuées toutes les six semaines, la remontée d’information apporte une aide décisive au pilotage de la réforme. Les notes des élèves subissent un parcours en trois étapes:

1- l’enseignant donne la note.

2- l’inspecteur contrôle les copies et la notation, sur un échantillon aléatoire fourni par la plateforme MAssar.

3- un organisme extérieur au ministère contrôle les copies vérifiées par les inspecteurs.

Au final, 24 millions de notes remontent toutes les six semaines et sont injectées dans la plateforme Massar qui les traite en trois jours et délivre des tableaux de bord permettant le suivi.

C’est dire que le rôle de chacun, dans cette réforme, est essentiel. D’ailleurs, selon nos sources, il peut exister, dans la même région, un important écart entre deux provinces limitrophes dans les résultats de l’évaluation des apprentissages. Un écart qui s’explique d’abord par le facteur humain. D’où les correctifs qui peuvent être apportés aux équipes et notamment les directeurs provinciaux; certains se voient soutenus, supportés, encadrés pour améliorer leur rendement. D’autres seront mutés vers d’autres fonctions.

Entre collèges et primaire, 1,5 million d’élèves sont dans les écoles pionnières cette année

Schématiquement, la réforme marocaine de l’éducation repose sur trois piliers:

-la remédiation qui devrait permettre de réduire d’une manière significative l’abandon scolaire. C’est ce dernier qui fabrique les NEET, ces jeunes qui n’étudient pas et ne travaillent pas. 280.000 jeunes, du primaire au lycée, abandonnent chaque année l’école. Le problème, c’est qu’ils sont inemployables dans leur plus grande majorité. Ce chiffre est destiné à baisser très fortement.

-l’enseignement explicite.

-l’évaluation.

L’implantation de la réforme a commencé par 600 écoles dites pionnières en 2023-2024, avec 300.000 élèves concernés.

Pour l’actuelle année scolaire, 2.600 écoles et 1,3 million d’élèves sont concernés, soit 30% de l’effectif global du primaire.

En 2025-26, la couverture en écoles pionnières atteindra 51% de l’ensemble. 2 à 3 années plus tard, l’ensemble du primaire sera couvert.

Cette année 2024-25, cette expérience s’est étendue à 230 collèges pionniers et 200.000 élèves.

Les effets de la réforme commenceront à devenir très visibles dans 5 à 6 ans, avec une remontée probable du Maroc dans les classements internationaux relatifs aux apprentissages.