Ce mardi 18 mars 2025 s’est tenue la présentation des résultats annuels du groupe Crédit du Maroc (CDM), qui consolide sa place dans le paysage bancaire national à travers une dynamique de transformation ambitieuse et structurée.

« Aujourd’hui, à titre d’exemple, on peut dire qu’on est un opérateur qui compte dans le paysage du leasing au niveau du Maroc », affirme Ali Benkirane, président du directoire de CDM, faisant allusion au dynamisme du groupe dans les différents secteurs.

Cette position s’est bâtie non seulement sur le développement commercial, « qui a consommé beaucoup de temps, beaucoup d’énergie », mais aussi sur la réorganisation en profondeur de la filière crédit, tant pour les clients retail que corporate. L’objectif est de réduire les délais de réponse et d’améliorer le time to market.

Le directeur général souligne que le CDM dispose désormais de « process et de parcours qui sont parmi les meilleurs au niveau du marché ». Cette avancée est le fruit d’une refonte du dispositif de supervision des crédits et d’un regroupement stratégique des activités crédit et risques en un seul pôle. « Ce pôle va être responsable de la gestion de nos risques, qu’ils soient risques opérationnels, risques de marché, mais surtout risques de crédit, de l’octroi jusqu’au recouvrement ».

« L’IT et le digital ont consommé beaucoup d’énergie au sein de la banque l’année dernière », confie Ali Benkirane. La banque a investi massivement dans l’application MyCDM pour les particuliers, aujourd’hui « parmi les meilleures du marché », ainsi que dans son portail corporate, offrant aux entreprises une autonomie accrue dans la gestion de leurs opérations.

Par ailleurs, le changement du core banking system a été amorcé avec succès. « Ce projet a connu un premier succès au mois de janvier de cette année avec la livraison du premier palier sur lequel nous n’avons pas rencontré beaucoup de problèmes opérationnels ».

Les ambitions de CDM

Toutes ces initiatives s’inscrivent dans un projet d’entreprise structurant, baptisé CDM Boost 2028, lancé dès le premier semestre 2023. Ce programme repose sur quatre axes majeurs :

  1. Accélérer la dynamique commerciale : sur les segments retail, corporate, métiers spécialisés et banque d’investissement.
  2. Transformer le modèle opérationnel : pour  » le rendre plus agile, plus compétitif » face à l’évolution du marché.
  3. Préserver des standards élevés en gestion des risques : « Nous avons des règles strictes en termes de provisionnement… et on veille à garder vraiment des standards élevés en termes de gestion de nos provisionnements, tout en permettant à la banque de se développer ».
  4. Renforcer l’engagement des collaborateurs : « Il est important que nos collaborateurs soient impliqués, soient engagés avec nous… c’est le projet de leur institution ».

« Trois chiffres à retenir pour mieux illustrer notre ambition. D’ici 2028, nous visons à doubler notre base client active pour atteindre environ 900.000 clients. Ensuite, nous avons pour objectif d’atteindre un produit net bancaire (PNB) de 4 MMDH, et enfin, un résultat net de 1 MMDH. Ces trois chiffres traduisent la trajectoire globale de développement que nous avons fixée pour la banque ».

Une année 2024 marquée par une performance commerciale soutenue

La performance commerciale de Crédit du Maroc (CDM) en 2024 confirme la dynamique engagée dans le cadre du programme CDM Boost 2028. Présentant les résultats, Saïd Jabrani, membre du directoire en charge du pôle de la Banque commerciale, souligne une année placée « sous le signe de la performance commerciale et d’une progression soutenue ».

« Nous avons fait évoluer et progresser nos crédits à la clientèle, mais également notre collecte globale de plus de 10% pour chacune », précise Saïd Jabrani.

Les crédits à la clientèle ont atteint 56,6 MMDH, en hausse de près de 11% par rapport à 2023, reflet de l’engagement de la banque et de ses filiales pour accompagner le financement du Royaume.

Côté collecte, la banque a franchi un palier historique de 72 MMDH, avec 57 MMDH en collecte bilan et 15 MMDH en hors bilan, soit une évolution de 10,2% sur un an.

Cette performance est également liée à un nouveau positionnement stratégique. « En 2024, nous avons affiché un nouveau positionnement qui est celui de la Banque de la Famille, qui se veut une banque facile, accessible, qui facilite le quotidien de ses clients, notamment les actifs de la classe moyenne qui travaillent dur tous les jours pour prendre en charge leur famille », explique-t-il.

Les encours de Crédit Habitat ont progressé de 3,6%, dépassant les 17 MMDH. La banque a également enregistré une croissance de 21% des encours Mourabaha via son activité participative Arreda.

Quant au crédit à la consommation, il affiche une croissance remarquable de plus de 11%, approchant les 4 MMDH. « C’est le témoin de tous les travaux qui ont été réalisés […] en termes de professionnalisation de notre activité Crédit de la consommation, qui nous a permis d’augmenter d’une manière importante notre production et nos encours », explique-t-il.

Le CDM a maintenu sa présence sur le marché des professionnels, participant à divers événements tels qu’ e-health, Médical Expo ou encore des salons de la dentisterie. « C’est un marché important pour nous ».

Les ressources à vue ont augmenté de 10,5% pour atteindre 39,8 MMDH, tandis que les ressources à terme ont bondi de 48%, dépassant les 5,9 MMDH.

La collecte hors bilan, notamment via les OPCVM, a progressé de plus de 15%, atteignant 10,6 MMDH, et les encours d’assurance-vie se sont établis à 4,6 MMDH.

La performance commerciale s’appuie sur une stratégie orientée client. « Nous avons lancé des packages gratuits qui démarrent à partir de 0 dirham, en 2024″. Autre innovation : les virements instantanés gratuits jusqu’à 510 dirhams.

Des résultats financiers historiques en 2024

« Des réalisations qui se veulent remarquables dans la continuité de ce qui a été présenté précédemment par mes collègues et qui confirment encore une fois notre capacité à atteindre nos ambitions aussi bien commerciales que financières », introduit Hanane Laala, directrice du pole finance.

Le produit net bancaire (PNB) consolidé a progressé de 12,9%, grâce à la performance de la banque elle-même et à la contribution positive de l’ensemble des filiales.

Cette hausse s’appuie également sur la marge d’intermédiation, en hausse de 9,1%, tirée par la croissance des encours et la résilience face aux fluctuations de taux.

« Nos charges générales d’exploitation évoluent de manière très maîtrisée de 0,4% dans un contexte de développement et d’investissement au sein de Crédit du Maroc », précise la directrice financière.

Cette stabilité permet à la banque de financer ses transformations tout en maintenant un fort levier de rentabilité.

Le coût du risque consolidé suit une tendance baissière : -10,5 % en 2024. « Il reflète encore une fois notre politique prudente et anticipative de gestion des risques adoptée historiquement par Crédit du Maroc ».

L’impact de cette maîtrise est significatif : « Notre résultat net consolidé progresse de 47,3% pour atteindre son plus haut niveau historique à 741 MDH ». Ce résultat s’inscrit dans une dynamique qui renforce la capacité bénéficiaire de la banque.

La marge sur commission progresse également de 5,4%, portée par les activités transactionnelles telles que le cash management, les flux internationaux, et l’ingénierie financière.

La plus forte progression revient aux opérations de marché, avec une hausse de 41,7%, « grâce à la montée en puissance des activités de change et obligataires […] dans un contexte de marché particulièrement positif à la fin de 2024 ».

Les charges d’exploitation atteignent 1,605 MMDH, leur évolution étant contenue grâce à un programme historique de rationalisation des coûts. Cette gestion permet à CDM d’afficher un résultat brut d’exploitation en hausse de 27,9% et un coefficient d’exploitation amélioré à 48,6%, soit un gain de 6 points.

Avec un coût du risque de 398,2 MDH (soit 0,7% des encours), la banque confirme sa gestion proactive des risques. Le taux de créances douteuses (CDL) est maintenu à 7%, avec un taux de couverture élevé à 89%, « l’un des meilleurs sur la place bancaire », souligne Hanane Laala.