Le cheptel national marocain traverse une crise sans précédent. Pour dénombrer les effectifs d’ovins, de bovins et de caprins dans le Royaume, le ministère de l’Agriculture a réalisé, vers la fin de l’année 2024, un recensement du cheptel national.

Le nombre de femelles reproductrices a chuté à 8,7 millions de têtes en 2024

Les chiffres de ce recensement n’ont pas encore été publiés, mais selon les statistiques officielles communiquées par le ministère de l’Agriculture à Médias24, le cheptel affiche un recul de 38% en 2024 par rapport à 2016, conséquence directe de sept années consécutives de sécheresse.

La situation est d’autant plus préoccupante que le nombre de femelles reproductrices a chuté de 11 millions à 8,7 millions sur la même période, mettant en péril le renouvellement des effectifs.

Les abattoirs ne reçoivent que 1,5 million de têtes, contre 3,5 millions en temps normal

En temps normal, les abattoirs contrôlés par les services sanitaires du ministère de l’Agriculture traitent environ 3,5 millions de têtes d’ovins et de caprins par an. En parallèle, près d’un million de bêtes sont abattues en dehors des circuits officiels lors d’événements tels que les baptêmes, le retour du hajj, les mariages et autres célébrations.

« Si Aïd al-Adha avait été maintenu, nous aurions été contraints d’abattre des femelles, essentielles à la reproduction »

Cependant, la période de Aïd al-Adha constitue un pic de consommation exceptionnel, avec une demande minimale estimée entre 5,5 et 6 millions de têtes. En additionnant cette demande aux besoins annuels habituels, ce sont près de 10 millions de têtes qui auraient été nécessaires pour satisfaire la demande nationale.

Or le cheptel actuel est loin de pouvoir répondre à une telle demande. Les abattoirs ne reçoivent plus que 1,5 million de têtes locales, soit moins de la moitié du volume habituel.

Seulement 3 millions de têtes éligibles à l’abattage pour Aïd al-Adha

De plus, le recensement effectué en 2024 et les campagnes de vaccination du cheptel révèlent un chiffre alarmant : le nombre d’animaux éligibles à l’abattage lors de l’Aïd ne dépasse pas trois millions de têtes.

Face à cette situation critique, si l’abattage pour cette fête avait été maintenu, les conséquences auraient été dramatiques sur la reproduction future du cheptel.

En effet, si la demande devait être satisfaite à tout prix, « nous aurions été contraints d’abattre des femelles, essentielles à la reproduction et à l’accroissement du cheptel », nous confie le ministère.

Rappelons que, le 26 février dernier, le Roi Mohammed VI a invité le peuple marocain à s’abstenir du sacrifice de Aïd al-Adha.

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