Suite à la décision de la Commission européenne (CE) d’appliquer des droits compensateurs définitifs sur les exportations de jantes en aluminium marocaines, le Maroc compte répliquer.
Contactée par Médias24, une source autorisée au ministère de l’Industrie et du commerce nous indique que « le ministère considère que les conclusions de la Commission Européenne au terme de cette enquête et les mesures qui en découlent, présentent des incompatibilités par rapport aux dispositions de l’Accord sur les subventions et les mesures compensatoires (SMC) et, de ce fait, il est en train d’étudier les voies à sa disposition pour engager les recours appropriés contre ces mesures ».
« Le ministère regrette les orientations prises par la CE visant particulièrement à contraindre les investissements chinois au Maroc et encourage leur installation en Europe », ajoute notre source.
Elle nous révèle que « pour le cas d’espèce, et en raison de ces mesures, la réalisation de la 4ᵉ usine de la société chinoise Dika Morocco Africa qui était prévue à Kénitra a été annulée au profit d’un investissement en cours pour l’installation d’une usine au Portugal ».
Le ministère souligne « qu’il ne ménagera aucun effort pour défendre les intérêts des entreprises et des investisseurs qui ont fait confiance au Royaume en tant que base compétitive de production et d’exportation ».
Ces droits compensateurs ont été appliqués au terme d’un processus d’enquête initié le 16 février 2024 par la CE suite à la réception d’une plainte émanant de l’Association des fabricants européens de roues (EUWA) qui allègue que les exportations de jantes en aluminium marocaines bénéficient de subventions préjudiciables à l’industrie européenne de ces produits.
Notre source autorisée précise que « le ministère de l’Industrie et du commerce et les organismes marocains concernés ainsi que les entreprises exportatrices de roues en aluminium ont pleinement coopéré avec les agents de la CE dans le cadre de cette enquête. Afin de défendre la position du Maroc dans cette affaire, le ministère a fait appel à un cabinet d’avocat international spécialisé dans ce domaine. De même, le ministère a veillé, tout au long de l’enquête, à ce que les droits des exportateurs marocains dans le cadre de cette procédure soient préservés pour leur éviter d’être soumis à un traitement abusif ».