Le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des Eaux et forêts et le ministère de l’Intérieur ont décidé « d’interdire l’abattage des femelles ovines et caprines« .

L’objectif est « de mieux maîtriser les indicateurs d’évolution de la structure du cheptel et de mieux raisonner les dispositifs de repeuplement du cheptel national ovin et caprin », est-il expliqué dans une circulaire signée des deux ministres, le 19 mars. 

Dans cette circulaire envoyée aux walis des régions, gouverneurs des préfectures, des provinces, des préfectures d’arrondissements, au directeur général de l’ONSSA et aux directeurs régionaux et provinciaux de l’Agriculture, la décision est justifiée par plusieurs facteurs.

« La succession des années de sécheresse ayant sévi sur notre pays ont impacté, entre autres, la production et la productivité du cheptel national ovin et caprin, d’une part, et la réduction de l’effectif de 38% par rapport à l’année 2016, d’autre part ».

Cette situation, combinée aux niveaux élevés des prix de marché et des aliments de bétail, a contraint certains éleveurs à « réduire les effectifs de leurs élevages par l’abattage des femelles reproductrices des espèces ovines et caprines, ce qui risquerait de compromettre l’avenir de l’activité de l’élevage », poursuit la même source.

Les mesures de contrôle et d’interdiction

Un plan d’action conjoint est mis en place afin de contrôler et d’interdire l’abattage des femelles des espèces ovines et caprines au niveau des abattoirs nationaux, sauf celles destinées à la réforme pour des raisons sanitaires ou zootechniques (non productives, âgées de plus de 8 dents de remplacement) et celles d’origines importées, destinées à l’engraissement ou à l’abattage.

Ce plan d’action porte sur :

  • l’interdiction stricte de l’abattage des femelles ovines et caprines, avec un accès interdit aux abattoirs pour ces animaux ;
  • la sensibilisation des acteurs de la filière des viandes rouges, notamment les chevillards, sur l’importance de cette mesure.

La circulaire insiste sur « l’importance capitale de la mise en œuvre de cette mesure », en concertation avec les autorités locales et les communes territoriales concernées, qui doivent informer et sensibiliser les chevillards sur l’interdiction de l’abattage des femelles ovines et caprines, conclut-on.

Le ministère de l’Agriculture a récemment mené un recensement du cheptel national, notamment celui qui était destiné à l’abattage pour Aïd Al-Adha. Les résultats révèlent que le nombre d’animaux disponibles pour cette fête ne dépasse pas trois millions de têtes, bien en deçà des cinq millions habituellement nécessaires pour répondre à la demande.

Face à cette situation critique, si l’abattage pour cette fête avait été maintenu, les conséquences auraient été dramatiques sur la reproduction future du cheptel.

En effet, si la demande devait être satisfaite à tout prix, « nous aurions été contraints d’abattre des femelles, essentielles à la reproduction et à l’accroissement du cheptel », nous a confié le ministère.