Le Maroc a l’occasion de réaliser une performance historique, en se qualifiant pour une troisième phase finale consécutive d’un Mondial. Pour y parvenir, la bande à Regragui devra faire le plein lors des deux prochaines journées des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. À commencer par la confrontation face au Niger, ce vendredi 21 mars (21h30), à Oujda.

Cette rencontre, comptant pour la 5e journée du groupe E des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, devait se disputer en Afrique de l’Ouest. Cependant, à défaut d’avoir un stade satisfaisant comme l’exige le cahier des charges de la Confédération africaine de football (CAF), le Niger jouera son match à domicile… au stade d’honneur à Oujda.

Une aubaine pour les Marocains qui ont fait carton plein depuis qu’ils ont investi l’arène de l’Oriental. Mais ce ne sera pas une sinécure pour autant. Achraf Hakimi and Co seront opposés à un collectif en pleine bourre, après avoir empêché le Ghana de se qualifier pour la Coupe d’Afrique des nations 2025. Une compétition à laquelle le Niger ne s’est toutefois pas qualifié.

Dirigé par Badou Zaki, le Niger n’a pas fait le déplacement pour « prendre des photos et faire de la figuration », a averti le technicien marocain dont les protégés joueront crânement leur chance pour revenir à hauteur des Lions de l’Atlas (9 points). Ce qui promet une opposition de styles intéressante, mettant en lumière la qualité des entraîneurs marocains et qui ne devrait pas rajeunir Badou Zaki, qui retrouvera, sur le banc d’en face, un de ses anciens joueurs, notamment lors de la cruelle épopée à la CAN 2004.

Walid Regragui ne sera pas non plus insensible à ces retrouvailles avec son ancien sélectionneur. Mais l’émotion sera de courte durée, car un ticket direct pour la plus belle des compétitions est en jeu. Le sélectionneur n’hésitera pas à aligner son équipe type. Objectif ? Composter son billet pour la Coupe du monde 2026 et clore rapidement ce chapitre afin de se concentrer exclusivement sur la préparation de la CAN 2025, dont le coup d’envoi sera donné à Rabat, le 21 décembre 2025.

À cet effet, il faudra non seulement une victoire sur le Niger, son poursuivant direct, mais aussi sur la Tanzanie (3e), mardi 25 mars. De quoi donner une avance confortable pour voir venir la compétition continentale avec l’esprit tranquille. Mais chaque chose en son temps. Pour l’heure, il s’agit de l’emporter face aux Mena (une espèce d’antilope sahélienne, ndlr). Une issue loin d’être utopique, du moins sur le papier. Même si les Nigériens ont des qualités à faire valoir.

Une bataille intense sur les seconds ballons

Les hommes de Walid Regragui sont prévenus : en deux ans et huit matchs à la tête du Niger, Badou Zaki a formé une équipe athlétique, dotée d’une intéressante flexibilité tactique. Sur le plan de l’animation offensive, ils ont changé leur système de jeu quatre fois lors des cinq dernières rencontres.

Le Niger a changé plusieurs fois de système de jeu lors des cinq dernières rencontres. Avec une préférence pour le 1-4-3-3

Mais avec une préférence pour le 1-4-3-3, notamment face à des équipes dominantes techniquement, afin de renforcer l’entrejeu. Dans cette stratégie, la place du 1, qui correspond au gardien, est capitale. En effet, dans l’animation de ce système de jeu qui oscille entre un style de jeu direct et de conservation, le gardien de but, Mahamadou Tandja, qui évolue dans le club local de l’AS Fan, brille par ses relances à la main.

L’axial gauche et la pointe basse du milieu de terrain sont à surveiller car ils s’occupent de la relance vers les côtés.

Cependant, lorsque le Niger opte pour une relance courte, avec un circuit de passe préférentiel de l’axe du terrain vers les côtés, cette tâche est principalement dévolue à deux joueurs clés : le défenseur central axe gauche, Oumar Sakho (Rostov, Russie), mais aussi la pointe basse du triangle au milieu de terrain, notamment Mohamed Ali.

L’un comme l’autre représentent des cibles privilégiées du Onze national en vue d’instaurer un pressing intense dès le début de la rencontre. L’objectif est de les mettre dans l’inconfort ou bien de les isoler afin que les premières relances soient effectuées par des joueurs moins copains avec le ballon, à l’image de Abdoulaye Boureima Katkoré.

Pour éviter le pressing, le Niger se résoudra sans doute à sauter les attaquants et les milieux de terrain marocains en jouant des ballons longs. Dans ce cas, les Lions de l’Atlas devront être prêts à batailler pour récupérer le deuxième ballon. D’autant que les Mena sont souvent en nombre dans le camp adverse sur cette phase de jeu.

Idem sur les remises en jeu après que le ballon soit sorti en touche dans les 20 mètres adverses, où Badou Zaki va jusqu’à demander à sept joueurs de se répartir entre la surface de réparation et ses abords, afin d’exploiter les longues touches dont ils sont des spécialistes.

Sur les longues touches, les Nigériens se placent en nombre dans et aux abords de la surface de réparation.

Un manque de compacité entre les lignes

À la perte du ballon, les Mena n’ont pas une attitude particulièrement agressive. Le Onze national aura l’occasion de manœuvrer à sa guise. Mais plus rapidement il trouvera des solutions de passe dans le sens de la verticalité, moins il laissera le temps à l’opposant de se recroqueviller dans sa moitié de terrain. Qui plus est, sachant que la gestion de la profondeur n’est pas la qualité première de leur portier.

Souvent en bloc bas, la défense du Niger est efficace à la récupération mais devant sa surface de réparation.

Sinon, Brahim Diaz et ses coéquipiers devront se montrer patients pour trouver des solutions dans un bloc à la hauteur basse et dont la principale zone de récupération se situe juste devant sa surface de réparation, à la faveur d’une animation défensive en 1-4-5-1. Et des fois même en 1-6-3-1, puisque les deux milieux de terrain excentrés reculent pour constituer une ligne défensive composée de six joueurs.

Une ligne défensive parfois composée de six joueurs

La faible intensité de pressing du Niger permettra donc aux Lions de l’Atlas de faire circuler le ballon sans trop d’accroc. Mais la rapidité et la justesse des transmissions, jumelées aux déplacements coordonnés des attaquants pour créer des espaces, seront salutaires.

Les Marocains auront des solutions entre les lignes

En plus, le manque de compacité entre les lignes défensives de leur adversaire offrira également aux Marocains des solutions entre les lignes et sur les côtés, car la gestion de la largeur des joueurs de Zaki n’est pas un modèle du genre. Ils sont en difficulté même dans des situations de 2 contre 1. Les ailiers marocains auront à charge d’en profiter.

Le Niger a des lacunes en termes de communication, notamment sur des situations de 2 contre 1 sur les côtés.