Comme ce fut le cas ce vendredi 21 mars au stade d’honneur d’Oujda, on signerait sans hésiter si le Maroc l’emportait à chaque fois dans les arrêts de jeu, tant que la victoire est au bout. Mais le but libérateur de Bilal El Khannouss face au Niger (2-1) a autant mis en lumière le coaching gagnant de Walid Regragui et de son staff que les difficultés rencontrées par ses hommes.

Car si les Lions de l’Atlas devaient à chaque fois attendre les derniers instants du match pour venir à bout de leur adversaire, ils iraient au-devant de grandes désillusions. Cela dit, il faut également souligner la combativité du Onze national, qui n’a rien lâché, même après avoir concédé l’ouverture du score au retour des vestiaires, par l’intermédiaire du Nigérien Youssef Oumarou (47’).  

Heureusement que le staff du sélectionneur national, n’a pas fait dans la dentelle pour apporter du sang neuf à un collectif mené, afin de rapidement recoller au tableau d’affichage, grâce à Ismail Saibari, l’un des trois joueurs lancés à l’heure de jeu.

Un début de match pied au plancher

Offensivement, articulés autour d’un 4-4-2, avec deux milieux excentrés sur le papier mais évoluant majoritairement à l’intérieur du jeu, les Lions de l’Atlas avaient entamé la rencontre pied au plancher, confisquant rapidement le ballon.

Soufiane Rahimi a failli ouvrir le score dès la première minute, après un numéro de Eliesse Ben Seghir sur le côté droit, mais l’attaquant marocain a trop enlevé sa frappe.

Sans complexe, les Nigériens ont immédiatement répliqué, obligeant Yassine Bounou à s’interposer sur une action rondement menée.

Comme attendu, les Marocains ont dirigé leur pressing vers l’axial droit adverse afin de le contraindre à allonger. Toutefois, le Onze national s’est montré friable dans la récupération des seconds ballons, concédant ainsi plusieurs situations dangereuses. La maîtrise initiale a progressivement laissé place à une surprenante fébrilité technique.

Il a fallu attendre un missile de Nayef Aguerd s’écrasant sur la barre transversale, suivi d’une volée de Eliesse Ben Seghir frôlant le cadre (14’), pour voir les Lions de l’Atlas retrouver un semblant de dynamisme. Mais ce regain d’énergie n’a pas suffi à corriger un manque de justesse technique dans les petits espaces, entraînant des pertes de balle dans des zones à risque et offrant aux attaquants du Niger des opportunités en profondeur. 

Au fil des minutes, le contre-pressing marocain s’est avéré de plus en plus inefficace. Ce léger retard à la perte du ballon a permis aux Mena de ressortir proprement et de se projeter vers l’avant. La physionomie de cette première période aurait pu être toute autre si la défense adverse n’avait pas privé Youssef En-Nesyri d’un but tout fait, après une remise intelligente de Soufiane Rahimi (43’). 

Ce dernier, le Lion de l’Atlas le plus en vue du premier acte, a incarné à lui seul les quelques éclairs dans une organisation offensive globalement défaillante, où Azzedine Ounahi a quasiment raté tout ce qu’il avait tenté. Au retour des vestiaires, le Niger a logiquement validé sa bonne première mi-temps en ouvrant le score suite à une tête suivie d’un tir à bout portant de Yousouf Oumarou (47′), qui n’a laissé aucune chance à Yassine Bounou. 

Walid Regragui n’a pas hésité à changé trois joueurs d’un coup

Trop peu influent et dominé physiquement, Brahim Diaz a pour une fois été quelque peu absent des débats. Il a été toutefois à l’origine des deux buts marocains. Aux antipodes d’Eliesse Ben Seghir qui s’est démené tout au long de la rencontre, malgré un déchet important. Il a d’ailleurs été à l’origine de la première vraie occasion dangereuse en seconde mi-temps, sur un tir difficilement repoussé par le portier, Mouhamadou Tanja. 

Face à l’apathie de ces attaquants, Walid Regragui n’a pas hésité à changé trois joueurs d’un coup à l’approche de l’heure de jeu, en lançant Ismail Saibari, Abdessamad Ezzalzouli et Bilal El Khannouss, à la place de Azzedine Ounahi, Eliesse Ben Seghir et Soufiane Rahimi. Le technicien marocain a eu le nez fin, puisque son coaching a été rapidement validé par I. Saibari, qui a coupé au second poteau un centre de Brahim Diaz, prolongé par la tête de Youssef En-Neysiri, qui a été crédité d’une passe décisive sur le coup (60’). 

Le but égalisateur a également mis en relief l’entrée dynamique de Bilal El Khannouss, dont la précision et la rapidité des transmissions a fait du bien et a participé à l’accélération de la circulation des transmissions de l’équipe nationale, qui a délaissé son animation offensive à deux attaquants de pointe pour retrouver une organisation à un avant-centre et deux ailiers purs, plus conforme à l’aptitude de ses joueurs offensifs. 

Plus à l’aise dans cette configuration, Youssef En-Neysiri était à deux doigts de donner l’avantage à ses coéquipiers, mais l’avant-centre de Fenerbahçe a étonnamment raté son face-à-face avec le dernier rempart Nigérien (83’), certainement par manque de lucidité. Raison pour laquelle il a laissé sa place à Hamza Igamane dont c’était la première cape.

Mais c’est Bilal Al Khannouss qui a finalement volé la vedette pour offrir à ses coéquipiers une précieuse victoire en reprenant un ballon de la tête, seul au second poteau, dans un copier-coller du but égalisateur, illustrant la lecture de jeu exemplaire du staff de l’équipe nationale. Une bonne habitude à conserver, même s’il serait préférable d’éviter un tel scénario à l’avenir.  

Le Maroc garde la tête du groupe E avec une large avance sur le deuxième:

Prochains matches du Maroc:

25 mars 2025: Maroc – Tanzanie à 21H30.

5 septembre: Maroc – Niger.

8 septembre: Zambie- Maroc.

13 octobre: Maroc- Congo.

L’Erythrée faisait partie du groupe mais elle a déclaré forfait. Il y a donc 8 matches par équipe, le Maroc en a déjà joué 4.

Le Mondial 2026 sera élargi à 48 équipes, pour la première fois. L’Afrique y disposera de 9 places. Le Maroc sera qualifié s’il arrive en tête de son groupe. La victoire de ce vendedi soir le rapproche fortement de la qualification.