Dans sa petite localité, Bhalil dans la banlieue de Sefrou, on en parle avec beaucoup de fierté, comme d’un « ould lblad » qui s’est fait une place au soleil, et ce depuis quelques décennies, même si notre homme est à peine âgé de 51 ans.

Au lycée Lahcen Lyoussi où il avait obtenu un baccalauréat en sciences mathématiques en 1991, ce fils d’instituteur était déjà une célébrité. Son sérieux et son engagement très précoce au sein de l’USFP faisaient beaucoup parler de lui.

À même pas 18 ans, alors que le matheux étudiait le droit à Dhar Mehraz (Université Sidi Mohammed Benabdellah de Fès), il assumait la responsabilité du secteur national des étudiants de l’USFP.

Il poursuit son cursus universitaire à Rabat, avant de tenter une expérience d’inspecteur des impôts au ministère des Finances. Pas pour longtemps puisqu’il intègre, début 2003, le cabinet de l’ancien secrétaire d’État à la Jeunesse, Mohamed El Gahs. Il participe alors activement à la mise en route de plusieurs chantiers en faveur des jeunes et des enfants.

Après le cabinet ministériel, il décide de se consacrer à l’enseignement (Faculté de droit de Settat) et à la publication de plusieurs essais sur la politique marocaine, avec une prédilection pour les thématiques liées à la gauche et à l’islamisme.

L’ami (et le frère) de tout le monde

Ancien secrétaire général de la Chabiba, ce mandat n’a pas été de tout repos pour Hassan Tariq. L’USFP se cherchait après l’expérience de l’alternance, tout comme sa jeunesse.

Bien introduit dans les milieux académique et culturel au Maroc et dans le monde arabe, Hassan Tariq finit par enseigner le droit constitutionnel à l’Université de Rabat. À cette époque, mais aussi plus tard, il fréquente les gauchistes comme les islamistes.

Après le Printemps arabe, il fait son entrée au Parlement sous les couleurs de l’USFP (2011-2016). Il prend alors ses distances avec la direction de son parti, menée par Driss Lachgar, pour rejoindre les mécontents réunis autour de feu Ahmed Zaïdi.

Plus tard, il occupe son temps entre les amphithéâtres de l’université, les estrades des colloques et les cérémonies de signature. Sans jamais oublier Bhalil où il se rend régulièrement à la rencontre de sa famille et de ses amis.

Un nouveau tournant intervient dans sa carrière en février 2019, quand il est nommé ambassadeur du Royaume en Tunisie, pays qu’il connaît bien pour s’y être rendu à maintes reprises. Il y renoue avec les cercles gauchistes et islamistes, et recueille les échos d’une société civile qui redécouvre le pouvoir de la parole dans le pays du jasmin.

Mais les imprévus s’enchaînent. Hassan Tariq est appelé à gérer les impacts de la crise du Covid sur les Marocains de Tunisie, une tâche dont il s’acquitte de belle manière, car toujours proche et à l’écoute de ses concitoyens.

En août 2022, les relations entre le Maroc et la Tunisie se dégradent sérieusement après la « visite officielle » du chef du polisario dans ce pays. Hassan Tariq est rappelé à Rabat. À cette date, il est donc le dernier ambassadeur du Maroc en Tunisie.

Avec cette nouvelle nomination, ce sont d’autres lourdes missions qui attendent l’ancien diplomate. Il aura à écouter les doléances des Marocains aux prises avec l’administration en général. Mais gageons qu’il saura réussir ce nouveau passage. À sa manière, et à moindre échelle, il a toujours joué les médiateurs entre ses amis, ses camarades… autour d’un café dans des établissements où il avait, et où il a toujours ses habitudes dans le quartier de l’Agdal.