Le Roi Mohammed VI a nommé, ce lundi 24 mars, trois nouveaux dirigeants à la tête d’importantes institutions constitutionnelles.

Le Conseil économique, social et environnemental, l’Institut du Médiateur et l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) doivent connaître une « nouvelle dynamique dans leurs missions et renforcer leur interaction avec les différentes institutions nationales, dans le suivi des différentes réformes et grands chantiers que connait le Royaume ».

Des nominations qui ne pouvaient pas attendre

Nommé depuis plusieurs mois pour représenter le Maroc auprès de l’Union européenne, Ahmed Réda Chami devait quitter les fonctions qu’il remplissait toujours à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE) pour se consacrer pleinement à ses nouvelles missions, surtout dans l’actuel contexte international.

Ahmed Réda Chami quitte donc le CESE, mais fallait-il le remplacer sur le champ ? Le Roi a choisi de le faire pour que les travaux de cette institution ne soient pas gelés.

Pour remplacer le président partant, le Roi a fait appel à Abdelkader Amara, plusieurs fois ministre ayant eu la charge de départements stratégiques comme le commerce et l’industrie, l’énergie et les mines ou encore l’équipement. L’ex-ministre et désormais président du CESE sera appelé à travailler indépendamment de ses convictions politiques. D’ailleurs, pourrait-on lui attribuer des accointances avec le PJD dont il a démissionné en 2023, préférant prendre ses distances avec une formation politique dans laquelle il ne se reconnaissait plus ?

Aujourd’hui, on attend du CESE de consacrer la démocratie participative et de prêter une attention particulière au domaine de la protection sociale, aux jeunes, au dialogue social et aux disparités territoriales.

Comme cadeau de bienvenue, Abdelkader Amara va prochainement présider un CESE totalement remanié avec le renouvellement de ses membres (certains des membres actuels ont été nommés en 2011) et une arrivée en force des femmes et des Marocains de la diaspora.

L’INPLCC : mettre l’accent sur la prévention et l’anticipation

Me Mohamed Benalilou succède à Mohamed Bachir Rachdi à la tête de l’INPLCC. Ce dernier a le mérite d’avoir mis l’instance sur les rails. Aujourd’hui, l’instance a besoin de sang neuf pour accompagner ses nouvelles et larges prérogatives.

La lutte contre la corruption nécessite un travail pédagogique de longue haleine, avec une préférence pour une approche proactive avant de recourir aux mécanismes juridiques.

Pour ce qui est de l’approche juridique, Me Benalilou est l’homme indiqué pour une coopération globale avec les différentes instances judiciaires et de manière directe, lui qui a passé de longues années au ministère de la Justice à la tête de divers services et directions.

Son expérience l’habilite aussi à conserver l’indépendance de cette instance. Et n’oublions pas que, de par son expérience à l’Institution du Médiateur, il a acquis de solides connaissances en ce qui concerne les relations entre les citoyens et l’administration. N’oublions pas aussi le rôle que ce haut commis de l’État a joué pour dénouer la crise des grèves des étudiants en médecine.

À l’Institution du Médiateur, c’est Hassan Tariq qui remplace Me Benalilou. Il est attendu du nouveau responsable de chercher à améliorer davantage les relations entre les citoyens et les administrations, et de sonder de nouveaux mécanismes et de nouveaux rôles en matière de médiation. L’académicien et ancien diplomate est aussi appelé à moderniser les mécanismes de travail de l’institution au service de la médiation dans sa large acceptation.

Ce sont donc trois profils divers, venus d’horizons variés, qui ont été choisis pour diriger les trois institutions. À eux de faire leurs preuves à présent.