Le Maroc et la Tanzanie ne se quittent plus. La 6ᵉ journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026 sera la troisième confrontation entre ces deux nations lors des deux dernières années. Ce mardi 25 mars au stade d’honneur à Oujda, les Lions de l’Atlas visent une troisième victoire consécutive face aux Taifa Stars.
L’occasion également d’étirer leur impressionnante série de neuf victoires d’affilée et d’asseoir leur domination dans le groupe E des éliminatoires. Stratégiquement, ce rendez-vous est une nouvelle opportunité pour les hommes de Walid Regragui d’aiguiser leurs armes face à un assez solide bloc défensif. Une configuration défensive contre laquelle les coéquipiers de Brahim Diaz peinent parfois.
Suspendu pour une accumulation de cartons jaunes, Achraf Hakimi n’a cependant pas sauté dans le premier avion à destination de Paris. Le capitaine de l’équipe nationale avait à cœur de soutenir ses coéquipiers et il prendra donc place en tribune. Une nouvelle manifestation du leadership positif dont fait preuve le latéral marocain.
Son absence permettra à Noussair Mazraoui de retrouver son poste de prédilection sur le flanc droit de la défense du Onze national et ouvrira certainement la voie à une titularisation de Youssef Belaamri sur le côté gauche. À moins que Walid Regragui ne décide de lancer Omar El Hilali. Auquel cas, N. Mazraoui, auteur de sa première passe décisive en équipe nationale, le soir de sa 32e sélection face au Niger, devra prendre son mal en patience au poste d’arrière gauche.
Totalement absent des débats vendredi dernier, Azzedine Ounahi risque de prendre place sur le banc au profit d’un milieu de terrain en plus grande forme, à l’instar d’Ismaël Saibari, mais encore de Bilal El Khannouss. Ce serait une belle récompense pour ce dernier, après avoir offert la victoire aux Lions de l’Atlas dans les arrêts de jeu du dernier match.
Devant, même s’il s’est démené pendant l’heure de jeu qu’il a passée sur le terrain face au Niger, Soufiane Rahimi risque de faire banquette pour cette fois au profit d’un profil plus à l’aise dans les un contre un. En ce sens, Abdessamad Ezzalzouli a une belle carte à jouer. Malgré un début d’année en dents de scie, la capacité d’élimination du Sévillan sera utile dans l’optique de déstabiliser la défense des Tanzaniens.

Tanzanie, un collectif limité techniquement
Le succès glané au match aller (0-2) à Dar Es-Salaam, ainsi que la victoire (3-0) lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations, ont mis en relief les ingrédients à mettre en œuvre pour s’assurer les trois points. Avoir des joueurs dotés d’une importante capacité d’élimination en est un. Après deux victoires en trois matchs (contre une défaite), la Tanzanie occupe la dernière marche du podium dans ce groupe E. Le pays d’Afrique de l’Est ne partira sûrement pas à l’abordage, afin de maintenir ses espoirs de qualification pour les barrages.
Car si le premier de chaque groupe valide directement son billet pour la Coupe du monde 2026, les quatre meilleurs deuxièmes s’affrontent lors d’un second tour chaud bouillant, répartis en deux demi-finales (sur un match chacune), puis une finale (sur un match également). Le vainqueur final de ce deuxième tour participera au tournoi de barrage de la FIFA.
« Chaque Tanzanien, chaque enfant qui tape dans un ballon, rêve de jouer en Coupe du monde. C’est un espoir que nous portons en nous et qui pourrait bouleverser l’histoire du football tanzanien », a assuré Hemed Suleiman dans un entretien accordé à la FIFA. Suleiman a pris la relève d’Adel Amrouche, limogé par la sélection tanzanienne après la défaite face au Maroc lors de la CAN 2023 (0-3). Il avait laissé entendre que le Maroc choisissait ses arbitres, ce qui lui avait valu huit matchs de suspension par la Confédération africaine de football (CAF).
Depuis, Hemed Suleiman reste sur un bilan positif de 3 victoires, 2 nuls et une défaite, en s’appuyant sur un noyau de joueurs locaux, soutenus par des attaquants qui ont exporté leur talent. Notamment au Maroc, comme Selemani Mwalimu qui porte les couleurs du WAC, dans la lignée de son coéquipier Simon Msuva (2020-2021), est passé également par le Difâa El Jadida (2018-2020).
Le technicien tanzanien a réussi à créer un collectif qui brille plus par sa hargne et son état d’esprit que par sa qualité technique. L’animation offensive du système de jeu en 1-4-2-3-1 se heurte aux limites techniques de joueurs qui ratent une passe sur deux dans les 30 mètres adverses.
Des trous béants dans la défense tanzanienne
Pour les Marocains, il faudra bien évidemment faire attention à la vitesse des attaquants de couloir des Taifa Stars et être vigilants sur les coups de pied arrêtés. Cela dit, les Lions de l’Atlas seront à l’offensive la plupart du temps. Au-delà d’un niveau élevé de concentration et d’intensité à l’entame des deux mi-temps, qui ont failli coûter la victoire aux Marocains, le vendredi 21 mars contre le Niger, le staff de l’équipe nationale aura sans doute souligné auprès des joueurs l’importance de tenter leur chance de loin.
C’est ainsi que Hakim Ziyech a ouvert le score lors du match aller à Dar Es-Salaam et que Nayef Aguerd a failli le faire, vendredi dernier, contre le Niger. Une équipe dont l’animation défensive est certes bien plus performante que celle de la Tanzanie, mais qui présente certaines similitudes, que ce soit au niveau de la hauteur de la ligne défensive, mais aussi au vu de l’espace laissé à l’abord de la surface de réparation.

Des espaces qui sont également exploitables dans deux autres zones du terrain. D’abord, entre le latéral et son défenseur central les plus proches. Une zone intermédiaire (half-space) où les milieux de terrain marocains auront la possibilité de s’engouffrer avant de trouver un de leurs coéquipiers, de préférence grâce à des centres en retrait.

Sinon, il faudra viser le second poteau, dans le dos des arrières, à l’instar des deux buts inscrits face au Niger. Toutefois, il ne sert à rien de tirer des plans sur la comète si les Lions de l’Atlas ne rehaussent pas leur niveau technique afin d’assurer des transmissions justes dans le camp adverse.
D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si les Marocains ont été plus dangereux en seconde mi-temps vendredi dernier, puisque leur pourcentage de passes réussies dans le dernier tiers du terrain est passé de 78 à 89 % au retour des vestiaires.