Une vidéo institutionnelle d’Elbit Systems montre le tir d’une roquette ayant atteint une cible située à 150 km. La cible est un vieux camion des Forces armées royales, identifiable grâce à son camouflage marocain.
« La séquence confirme que le système de lance-roquettes multiples PULS est désormais pleinement opérationnel. Il a été entièrement livré au Maroc, tout comme le système Barak MX« , précise notre consultant militaire, Abdelhamid Harifi.
Rapidité israélienne contre lenteurs américaines
L’un des enseignements clés de cette acquisition est la réactivité de l’industrie israélienne. « C’est l’un des avantages majeurs avec les fabricants israéliens : la rapidité dans l’exécution des contrats, contrairement à la lourdeur administrative, logistique et industrielle de nos partenaires américains », estime Abdelhamid Harifi.
Cette efficacité permet au Royaume de réduire considérablement les délais entre la commande et le déploiement, un facteur stratégique en matière de défense.
Une capacité de frappe « chirurgicale » jusqu’à 300 km
Le Maroc dispose aujourd’hui d’un véritable outil de dissuasion avec le système PULS, déjà adopté par des pays européens comme l’Allemagne.
« Le Royaume a opté pour toute la gamme de missiles et de roquettes proposée pour ce système, avec des portées pouvant atteindre jusqu’à 300 km« , explique notre consultant militaire.
Abdelhamid Harifi qualifie le système PULS « d’arme chirurgicale« , capable de frapper avec précision des cibles stratégiques civiles et militaires « comme les dépôts de carburant, les bases aériennes et les systèmes de défense anti-missile« .
Un choix doctrinal dans un contexte de tension régionale
Le déploiement du PULS s’inscrit dans une logique doctrinale adoptée par le Maroc depuis une décennie, dans un contexte de tensions croissantes avec l’Algérie.
« Le choix du PULS répond à une volonté claire de renforcer la force dissuasive du Maroc, face à une montée inquiétante des hostilités verbales avec l’Algérie », rappelle Abdelhamid Harifi.
Il précise que cette stratégie vise à éviter toute confrontation armée, tout en assurant la sécurité du territoire. « Nous ne sommes pas un pays va-t-en-guerre, mais nous nous équipons pour être prêts si la guerre nous est imposée ».
Le PULS, en attendant le HIMARS
Le choix du PULS répond également à une urgence opérationnelle. Le Maroc a commandé le système américain HIMARS, qui propose aussi des missiles d’une portée de 300 km, mais dont la livraison n’est prévue que pour fin 2027.
« Sans le PULS, le Maroc serait resté deux ans sans une arme de dissuasion aussi efficace et précise », explique Abdelhamid Harifi. « Le délai de livraison n’a pas dépassé 6 mois« , ajoute-t-il.
« Il faudra désormais tester le système dans d’autres configurations : munitions, pièces de rechange, logistique. Mais l’efficacité sera certainement au rendez-vous ».
Une artillerie modernisée et mobile
Avec le PULS et l’arrivée prochaine du HIMARS, le Maroc modernise significativement son artillerie, disposant désormais d’un arsenal diversifié et facilement déployable.
« Ces systèmes sont montés sur camions puissants, ce qui permet de les déployer rapidement sur différents fronts en cas d’urgence », souligne Abdelhamid Harifi.
Le Royaume possède aujourd’hui trois types de lance-roquettes multiples :
– Le PHL-03/AR2 chinois, avec une portée allant jusqu’à 140 km, selon les conditions climatiques.
– Le PULS, avec des munitions variant jusqu’à 300 km.
– Le HIMARS américain, en attente de livraison, également capable d’atteindre les 300 km, selon les roquettes utilisées.
« Cette combinaison offre au Maroc une puissance de feu stratégique, une mobilité accrue et un outil de dissuasion crédible », conclut notre consultant militaire. « Elle renforce les capacités de projection et de défense des Forces armées royales ».