Même si  l’important ce sont les trois points, il est difficile de ne pas être préoccupé par la production offensive du Maroc après sa victoire sans saveur ni génie contre la Tanzanie, ce mardi 25 mars à Oujda, dans le cadre de la 6e journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Avec 15 points dans la musette, les Lions de l’Atlas ont jusqu’ici réalisé un sans-faute dans le groupe E des qualifications.

Un succès synonyme de dixième victoire consécutive qui a autant mis en évidence l’importance des coups de pied arrêtés pour débloquer des matchs serrés que les sempiternelles difficultés du Onze national face aux équipes au plan de jeu ultra-défensif.

Après une première mi-temps ennuyeuse à souhait, Walid Regragui a sans doute poussé une soufflante à la mi-temps pour réveiller quelque peu des joueurs sans idées ni intensité.

Ils ont d’ailleurs été récompensés de deux buts quasiment coup sur coup, par l’intermédiaire de Nayef Aguerd sur corner (49′) puis Brahim Diaz en transformant un penalty obtenu par Noussair Mazraoui. En l’absence d’Achraf Hakimi, suspendu pour accumulation de cartons jaunes, le Mancunien a assuré au poste de latéral droit, laissant le côté gauche à Youssef Belammari.

Dans l’entrejeu, le sélectionneur national a misé sur Bilal El Khannouss et Ismail Saibari afin d’accompagner Sofyan Amrabat, certainement en récompense de leurs excellentes prestations en sortie de banc contre le Niger. Mais à l’image de leurs coéquipiers, ils ont été loin du niveau d’intensité et de précision technique nécessaires afin de retranscrire leur domination territoriale sur le tableau d’affichage.

Il est vrai que les Tanzaniens ont vaillamment défendu leur cage autour d’un bloc défensif compact où les espaces se faisaient rares. Mais les Marocains y sont pour beaucoup également. En début de rencontre, ils ont usé et abusé du jeu long pour rapidement amener le danger haut sur le terrain. Un jeu direct qui n’a pas eu l’effet escompté et a conforté les Tanzaniens dans leur plan de jeu restrictif, au point qu’ils auraient pu défendre les yeux fermés.

Et pour cause, l’animation offensive des Lions de l’Atlas était un peu trop stéréotypée. La circulation du ballon, laborieuse et lente, accordait aux Taifa Stars assez de temps pour coulisser et empêcher Abdessamad Ezzalzouli et Brahim Diaz de bénéficier de situations d’un contre un qu’ils affectionnent tant.

Malgré ses efforts de pressing à la perte du ballon, un don de soi particulièrement apprécié par Walid Regragui, Youssef En-Nesyri a trop peu pesé sur la charnière tanzanienne. Statique la plupart du temps, il a constamment été devancé par l’arrière-garde des Taifa Stars lorsqu’il était abreuvé de centres. Il a donc eu du mal à exploiter son point fort, le jeu de tête.

Au fur et à mesure que les minutes s’égrénaient, les Tanzaniens se sont enhardis et ont même failli ouvrir le score par l’intermédiaire de Faycal Salim Abdellah (42′), dont le tir, à la réception d’un mauvais renvoi dans l’axe de la défense marocaine, est passé de justesse à côté du montant droit de Yassine Bounou.

C’est justement cette spontanéité qui a manqué aux Marocains, à l’instar de Brahim Diaz, qui a trop souvent porté le ballon.

Heureusement que tout s’est emballé au retour des vestiaires, à commencer par une remise de la tête de Bilal El Khannouss, renvoyée in extremis par la défense tanzanienne (48′).

Dans la foulée, Nayef Aguerd réussit à faire sauter le verrou tanzanien sur corner, en étant à la réception d’un mauvais renvoi de l’arrière-garde tanzanienne (50′). Assurément, les coups de pied arrêtés représentent une excellente arme pour débloquer ce genre de rencontres.

D’ailleurs, Jaouad El Yamiq a failli doubler la mise en coupant au premier poteau un nouveau corner parfaitement botté par Bilal El Khannouss (55′). Mais la déviation de la tête du natif de Khouribga a fui le cadre. Plus justes dans le dernier tiers du terrain, les Marocains ont finalement réussi à trouver des failles dans la défense des Taifa Stars.

Lancé dans la surface de réparation, Noussair Mazraoui a été à l’origine du penalty transformé par Brahim Diaz (59′), qui inscrit par la même occasion son huitième but en dix sélections. Un réveil de courte durée, car les coéquipiers du Madrilène sont retombés dans leurs travers et auraient même pu concéder un but sur une double occasion à vingt minutes du terme de la rencontre.

Mais le portier marocain a été vigilant pour assurer une victoire qui ne restera certainement pas dans les annales du football marocain. On s’attendait à une meilleure prestation face à une équipe censée être plus faible que le Niger. Il n’en a rien été. Les Lions de l’Atlas étaient loin de leur meilleur niveau des deux côtés du terrain.

Cela dit, l’équipe nationale a fait le job. Désormais, il faudrait un cataclysme pour que les Lions de l’Atlas ne disputent pas une troisième Coupe du monde consécutive, alors qu’ils occupent la première place du groupe E avec neuf points d’avance sur leurs poursuivants directs à trois journées du terme de cette campagne de qualification.