Médias24 s’est rendu dans l’un des établissements participant à cette expérimentation, le collège Sibaweih, situé dans l’arrondissement d’Anfa.
En plus des salles de classe modernisées et équipées, l’établissement a été réaménagé afin d’offrir aux élèves un cadre d’étude optimal. Des terrains de sport modernes ont été installés en collaboration avec un établissement privé, permettant l’introduction de nouvelles disciplines comme le badminton. Des laboratoires scientifiques ainsi que des espaces numériques adaptés ont également été mis en place.
Si elle est concluante, cette expérience sera progressivement généralisée à l’échelle nationale.
Renforcer la confiance en soi
Au cœur de cette démarche, un élément essentiel : l’accompagnement psychosocial. C’est d’ailleurs l’un des principaux axes de ce programme.
Le collège n’est plus seulement un lieu d’apprentissage, mais aussi un espace d’épanouissement pour les préadolescents. Car, à cet âge charnière, les difficultés ne sont pas seulement académiques. C’est pourquoi des spécialistes sociaux sont intégrés aux collèges pionniers. Leur mission : aider les élèves à renforcer leur confiance en eux, à mieux gérer leurs émotions et à développer des compétences relationnelles essentielles.

Des ateliers sont organisés tout au long de l’année pour favoriser l’écoute, la collaboration et l’entraide. L’objectif est de créer un environnement bienveillant qui prévient le décrochage scolaire avant qu’il ne soit trop tard.
L’ensemble des élèves bénéficie ainsi de quatre ateliers par an pour développer leurs compétences psychosociales, qu’elles soient interpersonnelles (confiance en soi, gestion des émotions…) ou intrapersonnelles (empathie, collaboration, gestion des conflits…).

Les signaux sont d’ores et déjà encourageants au terme du premier semestre, car au-delà du développement des compétences des élèves, cette démarche a permis d’installer une culture de bienveillance au sein des établissements, et de nouer un lien entre l’élève et le cadre d’appui social.
Remédier aux lacunes des élèves
Ce volet psychosocial vient compléter une approche globale. Au programme, remédiation pédagogique, cellules de veille pour repérer les élèves en difficulté, et activités parascolaires stimulantes. Sport, théâtre, dessin… tout est mis en place pour donner à chaque élève une chance de réussir et de s’épanouir.

Dans le collège Sibaweih, les élèves ont suivi, dès la rentrée, une phase de remédiation visant à combler leurs lacunes. Un test de positionnement a permis d’évaluer leur niveau et d’adapter l’enseignement.
« Parmi les difficultés enregistrées, notamment pour les matières scientifiques, figure la maîtrise de la langue française« , nous confie Nassik Houda, inspectrice des sciences de la vie et de la terre (SVT) au collège Sibaweih. Un effort a donc été fait dans ce sens, dont les résultats sont déjà visibles.
En effet, les premiers résultats sont prometteurs. Les élèves participent activement et les écarts de niveau commencent à se réduire.

« Les nouvelles méthodes d’enseignement ont amélioré la maîtrise des cours », affirme Oumaima El Hibari, professeur de français dans le même établissement.
Prévenir le décrochage scolaire
Les cellules de veille jouent également un rôle crucial. « Nous suivons les élèves à risque grâce à un système d’alerte et mettons en place des plans d’accompagnement« , détaille pour sa part Mustapha Es-Sadeqy, directeur de l’établissement, qui joue un rôle clé dans la mise en place et la gestion de ces nouvelles initiatives au sein de ce collège. Cette approche préventive permet ainsi d’intervenir rapidement et d’éviter les décrochages.
Cette année pilote a déjà posé les bases d’une transformation en profondeur. Le ministère de l’Éducation prévoit d’étendre l’expérience à 500 nouveaux collèges l’année prochaine, touchant ainsi plus de 600.000 élèves.

À Casablanca uniquement, ce programme concernera, dès l’année prochaine, plus de 70 établissements, dont 7 dans l’arrondissement d’Anfa.