Selon un document officiel diffusé le lundi 31 mars, les travaux de mise à niveau des chars Abrams seront réalisés à Sterling Heights, dans le Michigan, et devraient s’achever d’ici le 30 septembre 2025.
Ce contrat modifié permet à GDLS de prolonger un programme de mise à niveau des Abrams pour cinq pays : le Maroc, l’Australie, l’Irak, le Koweït et l’Arabie saoudite.
L’entité responsable du contrat est le Commandement des achats de l’armée américaine basé à Detroit Arsenal, Michigan.
Modernisation militaire : le Maroc mise sur le soutien technique durable
Cet avenant s’inscrit dans une stratégie bien définie des Forces armées royales (FAR) qui vise à assurer un suivi technique complet et durable des équipements militaires acquis par le Maroc, notamment des chars Abrams.
Pour notre consultant militaire Abdelhamid Harifi, ce contrat est révélateur d’une nouvelle approche adoptée par les FAR depuis l’accession au commandement du Roi Mohammed VI, Chef suprême et Chef d’état-major général des Forces armées royales.
« Cette stratégie vise à éviter les erreurs commises par le passé dans la gestion du matériel militaire », explique-t-il. « Autrefois, on achetait du matériel, mais sans prévoir le soutien technique et logistique, les formations continues, les mises à jour ou encore le suivi à long terme ».
Depuis 2006, un changement structurel est à l’œuvre. Chaque acquisition d’armement s’accompagne d’un contrat de soutien renouvelable, couvrant l’ensemble des éléments nécessaires à la bonne exploitation des équipements : maintenance, assistance technique, logistique, formation du personnel et intégration des évolutions technologiques.
« À chaque achat, il y a désormais un contrat complémentaire qui prévoit la prise en charge continue du matériel, ainsi que les mises à jour que le fabricant peut proposer sur la base de retours d’expérience en situation réelle », souligne Abdelhamid Harifi. « Cela inclut aussi des formations spécifiques pour le personnel, qu’il soit technique ou opérant ».
Selon notre consultant, l’avenant signé avec General Dynamics vise à intégrer des modifications obligatoires touchant toute la chaîne opérationnelle des Abrams déjà en service au Maroc.
« Cela concerne le système de simulation, la maintenance, la réparation, mais aussi le processus de formation. Tout ce qui est lié à l’entretien et à la mise en condition opérationnelle des chars est pris en compte », précise-t-il.
Abdelhamid Harifi insiste par ailleurs sur l’importance que le Royaume accorde à sa souveraineté en matière de défense. « La partie physique, sur le terrain, est assurée par des équipes marocaines. Mais le Maroc cherche en parallèle à bénéficier des mises à jour fournies par les fabricants pour anticiper les évolutions du système Abrams et rester proactif face aux transformations du dispositif ».
Les Abrams, fer de lance de l’armée blindée marocaine
Le Maroc dispose aujourd’hui de plus de 200 chars Abrams, répartis entre une brigade royale blindée et plusieurs régiments royaux blindés, déployés sur plusieurs fronts à l’est du pays.
« L’Abrams constitue le fer de lance de l’armée blindée marocaine pour contrer toute menace potentielle sur nos frontières », affirme Abdelhamid Harifi. « Il s’inscrit dans une doctrine défensive et dissuasive spécifiquement marocaine, certes inspirée des doctrines d’emploi occidentales, mais enrichie et ajustée grâce aux retours d’expérience des FAR et d’autres armées ».
Cette doctrine, centrée sur la puissance de feu, la mobilité et la résilience, est aujourd’hui consolidée par l’arrivée des hélicoptères d’attaque AH-64E Apache.
« L’acquisition des Apache vient renforcer cette stratégie. Ils offriront la meilleure couverture aérienne possible et un appui-feu décisif aux unités blindées sur le champ de bataille », conclut le consultant.
L’intégration cohérente de ces deux systèmes – les Abrams au sol et les Apache dans les airs – confirme l’engagement des FAR à moderniser leur dispositif de défense, tout en garantissant leur autonomie opérationnelle.
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