CMGP a été introduite en bourse le 16 décembre 2024, et le groupe a tenu la première présentation de ses résultats annuels ce 3 avril 2025.

 Vision 2030 : une stratégie multi-leviers au service d’une ambition panafricaine

CMGP fixe une ligne directrice claire : « Se positionner dans le top 3 sur chacun des segments d’activité où elle opère ». Cette ambition s’appuie sur des leviers stratégiques identifiés : croissance organique, intégration industrielle, développement international, et opérations de croissance externe.

« Nos orientations stratégiques sont claires : consolider notre position, diversifier intelligemment et nous étendre au bon rythme », souligne Younes Al Abadan, directeur général délégué.

Le groupe entend particulièrement renforcer sa présence dans les métiers liés aux infrastructures, notamment l’assainissement et l’adduction d’eau, secteurs à fort potentiel où CMGP vise un rôle majeur dans la conception et l’exécution de grands projets.

L’intégration industrielle demeure un pilier central de la stratégie. CMGP prévoit d’accroître ses capacités de production tout en capitalisant sur les investissements récemment réalisés.

Le groupe souhaite également diversifier ses gammes de produits pour répondre aux besoins spécifiques de son écosystème, avec un intérêt particulier pour l’industrie plastique, domaine jugé complémentaire et stratégique pour sa compétitivité globale.

CMGP mise fortement sur la croissance organique, surtout dans les segments récents comme les semences, les phytogénériques, le traitement de l’eau et l’énergie solaire. Sur ces marchés émergents pour le groupe, les marges de progression sont élevées, offrant un potentiel important pour les années à venir.

L’international constitue un autre axe stratégique majeur. Le groupe prévoit de déployer progressivement son modèle « one-stop-shop » dans plusieurs pays d’Afrique, d’abord via des activités de projet et de retail, puis par une implantation industrielle lorsque la taille critique sera atteinte sur chaque marché.

« Nous abordons le développement africain avec méthode. Le modèle fonctionne, mais il doit s’adapter aux réalités de chaque pays », explique Younes Al Abadan.

CMGP compte également accélérer ses opérations de croissance externe. Après avoir réalisé quatre acquisitions ces cinq dernières années, le groupe vise désormais plusieurs nouvelles opérations dans les 12 à 18 prochains mois, avec des discussions déjà bien engagées.

« Nous avons toujours considéré la croissance externe comme un levier-clé de transformation. Aujourd’hui, nous sommes prêts à franchir une nouvelle étape dans cette logique », affirme-t-il.

L’ensemble de ces initiatives converge vers un objectif ambitieux, celui de faire de CMGP un opérateur panafricain de référence dans l’agriculture, l’eau et l’énergie solaire. La stratégie est définie, les ressources mobilisées, et l’exécution déjà bien engagée.

Deux projets structurants réalisés en 2024

Entre 2023 et 2024, CMGP a concrétisé deux projets majeurs qui marquent un tournant important dans son développement industriel et commercial.

L’usine Jorf Lasfar, entrée en service courant 2024, est dédiée à la production d’engrais solides. Sa mise en route permet une augmentation significative des capacités, passant de 50.000 à 170.000 tonnes par an.

« Cet investissement est déterminant pour renforcer nos parts de marché, en particulier sur les engrais NPK et assortis », explique Younes Al Abadan.

Par ailleurs, l’acquisition d’Agrosem, spécialisée dans la semence, constitue une autre initiative phare réalisée début 2024. Jusqu’alors, les filiales CAS et Filébal représentaient environ 40 MDH, soit 3% à 4% du marché. L’intégration d’Agrosem, avec ses 75 MDH de chiffre d’affaires et une cinquantaine de variétés, devrait permettre au groupe de dépasser les 10% de part de marché rapidement.

« L’intérêt d’Agrosem dépasse le simple effet volume. Il s’agit surtout de complémentarité d’offres et de synergies potentielles avec nos activités actuelles », précise-t-il. Le groupe prévoit de renforcer sa participation dans Agrosem d’ici la fin 2025 pour consolider son ancrage dans le secteur.

Les chiffres clés d’un solide exercice 2024

En 2024, CMGP affiche une performance dynamique et rentable. Le chiffre d’affaires consolidé progresse de 12,2%, passant de 2,05 MMDH à plus de 2,3 MMDH.

« Cette performance s’explique par la forte contribution de nos différentes business units, particulièrement le Retail qui reste le moteur principal avec plus de 160 MDH supplémentaires », commente Younes Al Abadan.

La rentabilité du groupe s’améliore encore plus nettement. « L’EBITDA a enregistré une hausse significative de 17%, atteignant 375 MDH, portant notre marge d’EBITDA de 15,4% à 16,1% », précise le directeur général délégué.

Il ajoute que « le résultat net est en croissance de près de 49%, passant de 123 MDH à 183 MDH, ce qui confirme la solidité et la profitabilité accrue du groupe ».

Cette amélioration a permis de renforcer nettement la structure financière de CMGP. « Nos fonds propres se sont accrus, passant de 2,18 MMDH à plus de 2,63 MMDH grâce à l’augmentation de capital de 300 MDH et aux bons résultats annuels », indique-t-il. En parallèle, « notre endettement net a fortement diminué, de 568 MDH à seulement 150 MDH ».

Concernant les performances par activité, « la business unit Retail, représentant environ deux tiers du chiffre d’affaires, affiche une progression notable grâce au solaire (+42%), à l’irrigation (+8%) et aux agro-fournitures (+9%), particulièrement dans les produits phytosanitaires qui ont largement surperformé le marché », détaille-t-il.

« La business unit Projet enregistre une croissance d’environ 22%, essentiellement portée par les projets majeurs d’infrastructures hydrauliques dans plusieurs régions du Maroc et par la montée en puissance rapide du traitement de l’eau », ajoute le responsable.

Les investissements de l’année s’élèvent à 93 MDH. Enfin, la gestion rigoureuse du besoin en fonds de roulement a joué un rôle clé. « Malgré notre croissance, nous avons sensiblement réduit notre BFR, ce qui nous a permis de dégager un free cash flow important et d’améliorer nettement notre trésorerie, passant d’une position négative de 149 MDH à une position positive de 270 MDH à fin 2024″, conclut Younes Al Abadan.