Lors de la conférence de presse dédiée à la 3e édition du Gitex, à Rabat, Médias24 a pu rencontrer Trixie LohMirmand, PDG de Kaoun International, l’organisateur de GITEX Africa pour en savoir davantage sur l’édition 2025 prévue à Bab Jdid, à Marrakech, du 14 au 16 avril.

Médias24 : Vous avez annoncé une édition historique pour 2025. En quoi celle-ci sera-t-elle différente ou spéciale par rapport aux autres éditions ?

Trixie LohMirmand : Ce qui rend cette édition particulièrement marquante, c’est que nous entrons dans une décennie dominée par l’intelligence artificielle (IA) – une époque où tout évolue extrêmement vite, dans un climat de compétition intense. Les règles du jeu changent chaque jour. Il est donc crucial que les communautés technologiques marocaines et africaines se connectent avec les 40.000 participants présents, issus de plus de 130 pays, pour comprendre les tendances mondiales, saisir des opportunités de collaboration et s’inspirer des meilleures pratiques.

Alors que nous entamons notre troisième année, les attentes autour des start-up marocaines sont de plus en plus élevées, que ce soit en matière de croissance, d’emploi ou de plans d’investissement, ces jeunes pousses ont beaucoup évolué.

Nous sommes très fiers du salon cette année : près de 300 start-up marocaines y participent, ce qui représente une augmentation considérable par rapport à la 1re édition.

L’IA est appelée à peser plus de 3.600 milliards de dollars d’ici 2034 dans l’économie mondiale. Pourtant, l’Afrique ne représente aujourd’hui que 2,5% de ce marché, un chiffre encore très bas. Cela montre qu’il y a un énorme potentiel de croissance, avec une projection à 2.900 milliards de dollars d’ici 2030 ou au-delà.

Mais comment y parvenir ? Cela passe par une forte interaction avec des partenaires internationaux, pour comprendre comment s’adapter et évoluer de façon compétitive. Cette année, plus de 40% des entreprises présentes à Gitex Maroc proposent des produits ou des solutions basés sur l’IA, en particulier dans des secteurs comme l’agriculture, la santé, l’éducation ou la finance.

– Pouvez-vous nous donner un aperçu des initiatives clés qui seront présentées lors de cette édition du Gitex Morocco Africa ?

– Plusieurs nouveaux programmes et plans seront présentés par les entreprises elles-mêmes. Ce qui nous importe, c’est de voir à quel point ces start-up ont intégré l’IA dans leurs produits, comment elles ont su faire pivoter leur modèle pour rester pertinentes. De nouveaux secteurs sont mis en lumière cette année, comme l’agritech, la healthtech – déjà présentes l’an passé –, mais aussi l’edtech et la sportech, qui prennent une importance particulière à l’approche de la Coupe du monde de 2030 au Maroc.

Et ce qui est encore plus excitant, c’est que nous accueillons plus de 350 investisseurs venus de plus de 60 pays, dont beaucoup découvrent le Maroc pour la première fois. Quand on leur demande dans quels types de start-up ils souhaitent investir, la réponse est unanime : l’IA.

L’IA s’intègre désormais dans toutes les industries, ce qui donne aux start-up marocaines une chance unique de comprendre ce qu’il faut pour attirer des investissements, gagner en compétitivité et accéder à de nouveaux marchés, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de la finance et de l’éducation.

– Quelle vision stratégique pour cette 3e édition du Gitex ?

– Nous ne voyons pas cette édition comme un événement isolé, mais comme un tremplin vers l’avenir. Il s’agit de construire sur la dynamique accumulée au cours des deux dernières années, en synergie avec le gouvernement, les institutions partenaires et l’Agence de développement du digital (ADD).

Nous voulons accélérer le développement de l’économie numérique, encourager les exportations digitales et surtout aider les start-up à se développer à l’échelle internationale. C’est dans cette optique que nous insistons sur l’importance de rester concentrés, de guider nos efforts dans la bonne direction et de favoriser les bonnes conversations autour de l’IA, avec les meilleurs experts, pour imaginer les prochaines étapes et affiner les stratégies produit, marketing et de croissance.