« Il faut réfléchir à la rentabilité des stades avant même leur construction », a déclaré Zineb Benmoussa, ce mercredi 9 avril, lors de son intervention à l’UM6P de Rabat. Pour la directrice générale de l’Agence nationale des équipements publics (ANEP), les équipements sportifs ne doivent plus être conçus uniquement pour accueillir des compétitions internationales, mais comme des infrastructures polyvalentes, ancrées dans leur environnement économique et social.

Une rentabilité pensée dès la conception

En tirant les leçons des précédentes éditions des grandes compétitions, Zineb Benmoussa a souligné que la rentabilité d’un stade s’articulait autour de cinq points majeurs. Il s’agit d’abord de « penser le stade dès la phase de conception, en l’imaginant comme un espace multifonctionnel, avec des loges, des zones VIP et des espaces d’hospitalité« . Cela permet d’éviter les modifications postérieures coûteuses, d’autant que « les stades sont des mégastructures qui nécessitent de grands travaux ».

C’est dans cette logique que l’ANEP a piloté la reconstruction complète du complexe sportif Moulay Abdellah à Rabat et du futur stade Hassan II à Benslimane. Même approche pour les stades de Marrakech, d’Agadir et de Fès, dont les projets ont été pensés en deux phases : une version pour la CAN 2025, suivie d’une adaptation aux standards du Mondial 2030.

La même philosophie guide également les opérations de rénovation déjà achevées, comme au complexe Mohammed V de Casablanca, qui rouvre ses portes ce samedi 12 avril après plusieurs mois de travaux, à l’occasion du très attendu derby entre le Raja et le Wydad.

Deuxième critère essentiel selon la directrice générale de l’ANEP : « Implanter les stades dans des zones à fort potentiel de développement économique ». L’objectif est de maximiser leur impact sur l’écosystème local et d’éviter la création d’infrastructures isolées ou sous-utilisées.

La rentabilité passe également par la mise en place de partenariats public-privé pour assurer la gestion des stades sur le long terme, mais aussi par une politique tarifaire « inclusive » afin de garantir l’accès du public. Enfin, la cinquième clé de réussite consiste à transformer ces équipements sportifs en « pôles de vie » utiles au quotidien : commerces, loisirs, culture, services…

Des stades intelligents et connectés

Zineb Benmoussa a également mis en avant l’innovation technologique intégrée dans les nouveaux équipements. « Ce sont des stades intelligents où toutes les technologies ont été prises en compte, que ce soit pour le son, les sièges, le Wi-Fi, l’affichage LED ou encore la sonorisation d’ambiance ». Tous les trois sièges, une borne Wi-Fi sera installée. Des salles de conférences à haute valeur technologique ont également été prévues.

Le grand stade de Benslimane, qui sera le principal site pour la Coupe du monde 2030 au Maroc, bénéficiera des dernières innovations à l’échelle mondiale. « Nous espérons y utiliser le nec plus ultra de la technologie d’ici 2030« .

Le point sur les stades : « Nous sommes dans la phase finale »

Dans une déclaration à Médias24 en marge de l’événement, la directrice générale de l’ANEP a commenté l’état d’avancement des travaux. « Actuellement, l’ANEP est en train de réaliser le programme de mise à niveau des stades pour abriter la CAN 2025 en décembre et la Coupe du monde en 2030″.

Trois catégories de projets ont été identifiées :

  • Reconstruction totale : le complexe Moulay Abdellah à Rabat et le stade Hassan II à Benslimane.
  • Mise à niveau en deux temps : les stades de Fès, Marrakech et Agadir mis à niveau pour la CAN 2025, puis adaptés aux normes FIFA 2030.
  • Mise à niveau ciblée : le complexe Mohammed V à Casablanca et le grand stade de Tanger, déjà adaptés aux deux compétitions.

« Nous sommes dans la phase finale, celle de l’achèvement des stades », affirme Zineb Benmoussa. Selon la directrice générale de l’ANEP, les chantiers avancent à un rythme soutenu afin de respecter les échéances fixées pour la CAN 2025. Le futur stade Hassan II à Benslimane s’apprête à entrer dans une nouvelle étape décisive, celle du gros œuvre et de la mise en place de la charpente, les travaux de terrassement touchent à leur fin.

De leur côté, les stades de Fès, Marrakech et Agadir ont atteint une phase plus avancée. « Nous sommes en cours de réception technique », nous précise-t-elle. Ces infrastructures seront pleinement opérationnelles pour accueillir les rencontres de la CAN.

Quant aux complexes sportifs de Rabat (Moulay Abdellah) et de Tanger, les travaux de finalisation sont en bonne voie. Ces deux enceintes font partie des projets entièrement alignés sur le cahier des charges strict de la FIFA pour la Coupe du monde 2030 qui impose des exigences de haut niveau en matière d’équipements, de sécurité, d’accessibilité et de connectivité.

Zineb Benmoussa rappelle que le chantier ne s’arrête pas à la CAN. « Les études conformes aux standards FIFA 2030 sont déjà bouclées pour les autres stades concernés. Nous démarrerons les travaux de mise à niveau dès la fin de la CAN« .

L’expertise marocaine ne se limite pas aux frontières nationales. L’ANEP collabore avec la Fédération royale marocaine de football (FRMF) dans des projets de mise à niveau en Afrique : installation de gazon synthétique dans 17 pays, réalisation de terrains en gazon naturel au Burkina Faso et en Mauritanie, et fourniture de gradins au Burundi et à Sao Tomé. « Nous sommes entièrement à la disposition de nos confrères africains pour partager notre expérience et notre savoir-faire », a conclu Zineb Benmoussa.

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