Plus d’un an après le huitième de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2023, perdu par les Lions de l’Atlas face à l’Afrique du Sud, les deux nations se croiseront une nouvelle fois lors du second tour de la CAN U17, ce jeudi 10 avril (20 h) au stade El Bachir à Mohammédia.

Alors que Vela Khumalo, sélectionneur des U17 sud-africains estime que si “nos A l’ont fait, nos Banyana Banyana peuvent aussi le faire”, Nabil Baha n’envisage pas ce quart de finale à travers le prisme de la dernière confrontation ayant opposé les deux nations.

Loin de toute idée de revanche, le sélectionneur des lionceaux de l’Atlas est davantage animé par la volonté “de garder le trophée à la maison”, après que ses protégés ont composté leur billet pour la prochaine Coupe du monde, prévue au Qatar, du 3 au 27 novembre 2025.

Dans sa quête d’un premier sacre continental dans la catégorie, l’équipe nationale U17 ne compte pas changer de visage. “Il faut être lucide, jouer avec intensité. On respecte l’Afrique du Sud, mais on ne s’adapte à personne. C’est à eux de trouver les solutions”, affirme le technicien marocain.

“On sait qu’ils n’ont pas encaissé de but”, admet le jeune Lwandiso Radebe, milieu offensif sud-africain. “Justement, notre objectif est de leur en marquer. On a travaillé ça à l’entraînement”, assure-t-il. En effet, à l’instar du Sénégal, tenant du titre, le Maroc est la seule équipe à avoir réalisé trois clean sheets en phase de groupe.

Une donnée qui a certainement pesé au moment où le jury a choisi le portier marocain Chouaib Bellaarouch (Académie Mohammed VI) et le défenseur central Driss Ait Cheikh (Chippo FC) parmi le onze type de la phase de groupes.

Quatrième pire défense de la compétition (5 buts encaissés), l’arrière-garde sud-africaine n’a logiquement placé aucun joueur dans le secteur défensif de ce onze type. En revanche, leur milieu de terrain est performant, à l’image de Bokamoso Mokokosi.

Également considéré comme l’un des meilleurs joueurs de la compétition, Abdellah Ouazane (Ajax FC) a particulièrement été en vue pendant la phase de groupes, en inscrivant trois buts dont une sublime réalisation sur coup franc face à la Tanzanie.

Dans l’absolu, ces deux joueurs formeraient une belle paire dans l’entrejeu. Mais s’ils risquent de se croiser à plusieurs reprises ce soir, ce ne sera certainement pas pour partager des amabilités. Car la qualification reviendra sans doute à l’équipe qui réussira à contrôler le milieu de terrain.

Alors que les Marocains fixent la défense adverse en trouvant des relais dans l’axe entre les lignes avant de toucher les ailiers, l’animation offensive des Sud-Africains est guidée par la volonté d’écarter le jeu afin d’étirer la défense adverse, pour ensuite revenir et attaquer les espaces dans l’axe.

Sans surprise, c’est l’équipe qui a réalisé le moins de centres durant la compétition (14). Mais à l’inverse, elle use et parfois abuse des renversements de jeu, étant 3e sur 16 en matière de passes longues (175).

L’autre particularité de leur jeu avec ballon, c’est que les attaquants sud-africains peuvent provoquer des fautes dans la surface de réparation. Ils ont déjà récolté trois penalties en autant de rencontres, dont un largement discutable et raté contre le Burkina Faso lors de la défaite qu’ils ont subie à l’occasion de la dernière journée de la phase de groupes.

Le style de jeu protéiforme de l’Afrique du Sud amène ces joueurs à miser par moments sur un jeu de transition rapide vers l’avant. Une stratégie risquée qui leur fait perdre beaucoup de ballons depuis le début de la compétition (405), environ 40 de plus que les Marocains, à raison d’un peu moins d’une quinzaine par rencontre.

Un chiffre qui en dit long sur la différence en termes de qualité technique entre les deux équipes, mais aussi sur la vulnérabilité des Sud-Africains à la perte. D’autant qu’en termes d’intensité défensive, il s’agit de l’une des équipes les moins performantes. Considérée comme la deuxième meilleure attaque de la compétition (8 buts), l’équipe nationale peut leur faire très mal en phase de transition défense-attaque.