« On doit aller vers une reconnaissance [de l’État palestinien, ndlr], et donc dans les prochains mois on ira », a déclaré le président français dans une interview à l’émission « C’est à vous » sur France 5 accordée à son retour d’Égypte le mardi 8 avril, et diffusée le lendemain.

« Notre objectif, c’est, quelque part en juin, avec l’Arabie saoudite, de présider cette conférence où on pourrait finaliser le mouvement de reconnaissance réciproque par plusieurs », a-t-il ajouté.

La conférence vise à la création d’un État palestinien.

Près de 150 pays reconnaissent l’État palestinien. En mai 2024, l’Irlande, la Norvège et l’Espagne ont ainsi franchi le pas, suivis de la Slovénie en juin. La solution à deux États reste toutefois rejetée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

« Je le ferai […] parce que je pense qu’à un moment donné ce sera juste, et parce que je veux aussi participer à une dynamique collective qui doit permettre à tous ceux qui défendent la Palestine de reconnaître à leur tour Israël, ce que plusieurs d’entre eux ne font pas », a relevé le président français.

L’Autorité palestinienne a aussitôt salué l’annonce d’Emmanuel Macron. Une reconnaissance par la France « serait un pas dans la bonne direction, conforme à la défense des droits du peuple palestinien et à la solution à deux États », a déclaré à l’AFP Varsen Aghabekian Shahin, ministre d’État aux Affaires étrangères.

Le lundi 7 avril au Caire, le président français a apporté son soutien au plan arabe pour Gaza, s’opposant « fermement aux déplacements de populations » face aux ambitions de Donald Trump.

L’initiative arabe se veut une réponse au plan du président américain qui prévoit de prendre le contrôle du territoire palestinien et d’en expulser ses habitants.

Préparée par l’Égypte, elle ambitionne de reconstruire la bande de Gaza, détruite par quinze mois de guerre entre Israël et le Hamas, sans déplacer ses 2,4 millions d’habitants.

Interrogé sur le projet de Donald Trump d’en faire la « Riviera du Moyen-Orient », Emmanuel Macron martèle que la bande de Gaza n’est « pas un projet immobilier ».

« Le simplisme, parfois, n’aide pas. Je dis au président Trump : […] C’est vrai que c’est trop lent tout ça, je comprends ton impatience, peut-être ce serait formidable si un jour ça se développait de manière extraordinaire, mais là, notre responsabilité, c’est de sauver des vies, de retrouver la paix et de négocier un cadre politique », a-t-il souligné.

« Si tout cela n’existe pas, personne n’investira. Aujourd’hui, personne ne mettra un centime à Gaza », a-t-il martelé.

(Avec AFP)