Dépasser la simple notion de stade pour embrasser un rôle stratégique dans le développement régional : c’est l’ambition affichée par François Clément, président de Populous France, pour le Grand Stade Hassan II de Benslimane, futur fleuron des infrastructures sportives marocaines.
Pour François Clément, le rôle des stades modernes dépasse largement le cadre sportif. « À l’avenir, les stades vont être amenés de plus en plus à être les infrastructures qui vont ancrer le développement économique et social de zones en développement », affirme-t-il.
Le Grand Stade Hassan II est emblématique de cette approche : « Ils vont amener des infrastructures routières et ferroviaires, c’est le cas du stade Hassan II à Benslimane que nous concevons avec nos confrères de O+C ».

François Clément voit dans ce projet un reflet de la stratégie nationale : « La vision du royaume pour le développement économique et social du pays s’ancre sur cela. Le Maroc devient en fin de compte l’exemple même de ce que les équipements sportifs sont amenés à apporter et amenés à être au futur ».
Interrogé sur l’état d’avancement des travaux de construction du futur stade, François Clément se montre confiant : « L’ensemble des terrassements et des excavations a été réalisé, et la construction commencera dès que l’appel d’offres aura abouti, ce qui est en cours ».
S’appuyant sur une collaboration fructueuse avec l’Agence nationale des équipements publics (ANEP) sur d’autres projets, il assure : « L’expérience du stade de football du complexe Moulay Abdellah à Rabat nous permet de dire que le Royaume et l’ensemble de ses entités seront en mesure de livrer le grand stade Hassan II deux ans avant la Coupe du monde 2030 ».
Une conception iconique, entre fonctionnalité et symbolisme fort
Populous, un bureau d’architecture spécialisé en équipements sportifs depuis 40 ans, a mis son « expertise très spécifique » au service du projet. Le concept s’articule autour de deux axes majeurs, selon M. Clément :
-
L’Excellence fonctionnelle : « une proposition orthodoxe du bâtiment lui-même en s’assurant que le Maroc puisse avoir à disposition le meilleur stade de football du monde et le plus grand avec 115.000 places », conçu avec « des gradins à l’anglaise, au plus près du terrain » et offrant des « expériences exceptionnelles à l’ensemble des spectateurs ».
-
L’enveloppe symbolique : selon François Clément, « le tout sera recouvert d’une grande tente inspirée des traditions marocaines, combinant temporalité et intemporalité ». Cette structure, réalisée en collaboration étroite avec l’architecte Tarik Oualalou, vise à « incarner une ambition d’envergure internationale tout en restant profondément enracinée dans l’identité locale ». Les lattices de la tente, inspirées des souks de Marrakech, « laisseront passer la lumière naturelle, favoriseront la ventilation et protégeront efficacement du soleil », créant ainsi « un espace intérieur écologique, intégrant la végétation locale ».

« C’est plus qu’un stade, » résume M. Clément, soulignant le « travail commun pour essayer d’allier l’hyperqualité de l’expertise que nous amenions avec la connaissance fine de ce qu’est le Maroc ». Objectif : créer « l’image projetée, le grand phare marocain qui parle au Maroc, à l’Afrique, mais qui parle aussi à l’ensemble des continents ».
Au-delà du stade, un complexe polyvalent et connecté
La qualité du terrain est un autre élément central pour François Clément, puisqu’il constitue « un outil de travail essentiel pour les athlètes ». À ce sujet, il cite en exemple le joueur Achraf Hakimi, dont « les performances illustrent parfaitement l’importance capitale d’un terrain d’excellence ». Le projet bénéficie d’ailleurs d’une collaboration avec la société STRI, « spécialisée en terrains sportifs haut de gamme ».
Mais le projet va plus loin. « Le constat sera complexe, pas uniquement un stade, mais il y aura d’autres équipements sportifs », précise le président du cabinet français. Cette polyvalence ouvre des perspectives ambitieuses : « Et pourquoi pas organiser les Jeux olympiques d’été et être le premier pays à pouvoir organiser les Jeux olympiques d’été en Afrique ? ».

Enfin, pour éviter le syndrome de « l’éléphant blanc », le stade s’intègre dans un vaste projet de développement incluant un « hub de transport qui va pouvoir lier la ligne à grande vitesse Tanger-Marrakech avec une ligne de RER qui va lier le grand stade à Casablanca ».
Ainsi, conclut François Clément, « l’utilisation du grand stade comme étant un générateur de tissu économique et social assurera sa pérennité et son intégration durable dans le paysage urbain et socio-économique marocain ».
LIRE AUSSI :
Le point sur les stades de la CAN 2025 et du Mondial 2030 avec la DG de l’ANEP, Zineb Benmoussa